En Pologne ce printemps et en Bavière en septembre

Rome: Les voyages de Benoît XVI pour l’année 2006 se précisent

Rome, 3 janvier 2006 (Apic) Si aucun voyage pontifical n’a encore été annoncé officiellement par le Vatican, le programme des déplacements de Benoît XVI à l’étranger en 2006 se précise peu à peu. Ainsi, le pape devrait au moins se rendre en Pologne ce printemps et en Bavière en septembre.

Habituellement, les voyages pontificaux ne sont officiellement annoncés par le Saint-Siège qu’un à deux mois avant leur déroulement. Auparavant, le pape peut manifester publiquement son désir d’entreprendre un déplacement, sans pour autant le confirmer. Il est aussi possible d’anticiper certains voyages qui requièrent une longue préparation dans le pays de destination du pape. Aussi, les autorités ayant invité le souverain pontife révèlent, généralement publiquement plusieurs mois avant, son acceptation à se rendre dans leur pays ou leur région.

Après celui de Cologne, en Allemagne, en août 2005, le prochain voyage à l’étranger du pape devrait avoir lieu en Pologne, au printemps 2006. Dans une interview à la chaîne de télévision polonaise TVP, le 16 octobre 2005, Benoît XVI avait personnellement exprimé son souhait de se rendre dans le pays de son prédécesseur, en juin 2006, «le moment le plus adéquat» pour l’instant.

Hommage à Karol Wojtyla

Cependant, en raison de la coupe du monde de football, qui commence en Allemagne le 9 juin et prend fin un mois plus tard, le pape devrait se rendre en Pologne un peu plus tôt que prévu, «probablement en mai 2006», comme l’a affirmé le 6 décembre 2005 Mgr Stanislas Dziwisz, archevêque de Cracovie et ancien secrétaire particulier de Jean Paul II.

Lors de son séjour en Pologne, Benoît XVI devrait se rendre à Varsovie, la capitale du pays, ainsi qu’à Cracovie, afin d’y rendre hommage à Karol Wojtyla et d’y rencontrer en particulier les jeunes. Il est aussi question que le pape aille à Auschwitz, non loin de Cracovie, pour rendre hommage aux juifs morts dans le camp de concentration nazi. Il pourrait également se rendre au sanctuaire marial de Czestochowa.

Puis, Benoît XVI pourrait se rendre en Espagne, en juillet 2006, pour la 5e rencontre mondiale de la famille qui aura lieu à Valence, du 4 au 9 juillet. C’est ce qu’a affirmé l’archevêque de la ville, le 29 mai 2005. Des propos que Mgr Agustin Garcia-Gasco a confirmés, lors d’un passage à Rome le 9 décembre, précisant aux médias que le pape devrait être en Espagne «au moins les 8 et 9 juillet» 2006.

Espagne: le pape opposé au programme «laïciste» du gouvernement Zapatero

Recevant le 3 décembre dernier les présidents des Commissions épiscopales de la famille et de la vie d’Amérique latine, réunis sous l’égide du Conseil pontifical pour la famille, Benoît XVI a ainsi salué la préparation de cette rencontre mondiale des familles prévue à Valence. Il ne s’est pourtant pas exprimé officiellement sur un éventuel déplacement. Mais la famille est un thème qui lui tient à coeur et sur lequel il s’exprime souvent. De plus, comme son prédécesseur, le nouveau pape soutient le combat de l’Eglise espagnole contre les mesures du gouvernement du socialiste José-Luis Zapatero, qui a entre autres permis le mariage homosexuel, et dont le programme est jugé «laïciste» au Vatican.

Le souverain pontife devrait se rendre dans sa région d’origine, la Bavière, en septembre 2006. Invité par le président du Land, Edmund Stoiber, à l’issue de sa cérémonie d’intronisation du 24 avril 2005, Benoît XVI avait alors acquiescé. Le président bavarois l’a réinvité officiellement lors de sa visite au Vatican le 3 novembre dernier. Par ailleurs, dès août 2005, l’évêché et la mairie de Ratisbonne, où le cardinal Ratzinger a enseigné la théologie entre 1969 et 1977, ont affirmé, dans un communiqué commun, que le pape avait accepté leur invitation.

Quant à l’archevêque de Munich, le cardinal Friedrich Wetter, il a confirmé le 8 décembre à la presse, que «le pape rendra visite l’an prochain à son pays bavarois». Benoît XVI y est attendu entre le 10 et le 15 septembre 2006.

A cette occasion, il s’arrêtera, selon le cardinal Wetter, à Munich, ville dont il a été archevêque de 1977 à 1982, où une rencontre avec des autorités politiques allemandes est prévue, puis à Ratisbonne, où habite son frère Georg Ratzinger, ainsi qu’au sanctuaire marial d’Altötting, le plus grand lieu de pèlerinage allemand, et enfin dans sa petite ville natale de Marktl am Inn.

Istanbul, premier siège de l’orthodoxie

Un autre voyage que Benoît XVI aimerait réaliser dans un court délais est celui vers Istanbul, en Turquie. S’il avait déjà souhaité s’y rendre en 2005, les autorités politiques ne l’ont invité dans leur pays qu’en 2006. Le déplacement du pape à Istanbul devrait donc avoir lieu l’an prochain. Lors de leur rencontre en Turquie, en novembre dernier, les représentants du Saint-Siège et les autorités orthodoxes et catholiques turques ont parlé de la préparation de sa visite au Phanar, selon un communiqué du Saint-Siège. Benoît XVI «désire effectuer dès que possible son voyage auprès du premier siège de l’orthodoxie», soulignait aussi ce communiqué.

Le plus logique serait que ce voyage se fasse fin novembre 2006, au moment de la fête de saint André, apôtre et patron du patriarcat de Constantinople. Le 30 novembre est, en effet, une date symbolique pour les deux Eglises, orthodoxe et catholique. Cependant, au Vatican, on fait remarquer que cela reviendrait à laisser passer un an pour une telle visite, ce qui bloquerait entre temps les rencontres du pape avec d’autres représentants orthodoxes.

Le protocole veut que le souverain pontife rencontre d’abord le patriarche oecuménique. Or, Benoît XVI a la ferme volonté de faire rapidement avancer, notamment par des gestes, le dialogue entre catholiques et orthodoxes. Il reste donc encore à décider si le pape se déplacera vers la Turquie au printemps ou à l’automne prochain. Lors de ce voyage, Benoît XVI devrait se rendre à Ankara, la capitale du pays, à Istanbul, siège du patriarcat oecuménique. Il devra aussi rencontrer la communauté catholique du pays.

Les visites prévues en 2007 et les invitations pour 2008

Pour 2007, l’agenda de Benoît XVI se met déjà en place. Le pape a ainsi d’ores et déjà été invité au sanctuaire marial d’Aparecida, au Brésil, en mai 2007, pour la 5e Conférence générale du Conseil épiscopal pour l’Amérique latine (Celam). C’est ce qu’a déclaré à la presse vaticane le président du Celam, le cardinal Francisco Javier Errazuriz Ossa, le 18 octobre 2005.

L’archevêque de Santiago du Chili, qui avait été reçu en audience par le pape quelques jours auparavant, avait aussi déclaré qu’il n’était pas exclu que le pape fasse d’autres «étapes» sur le continent sud-américain au cours de son voyage. La Conférence, dont le thème sera «disciples et missionnaires de Jésus-Christ pour que nos peuples aient en Lui la vie», rassemblera quelque 300 évêques brésiliens et 120 mexicains. Cependant, Benoît XVI n’a jamais parlé d’un tel voyage et d’aucuns disent qu’il ne pourrait effectuer des déplacements en avion de plus de quelques heures. En outre, en mai 2007, il sera âgé de 80 ans.

En revanche, un voyage au sanctuaire marial de Mariazell, en Autriche, en septembre 2007, est plus probable. «Le Saint Père n’a pas seulement accueilli l’invitation des évêques autrichiens avec bienveillance, mais il en a défini les dates», a ainsi affirmé le 30 novembre 2005 le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne. Lors de leur visite «ad limina» à Rome début novembre, les évêques autrichiens ont en effet invité Benoît XVI à se rendre dans leur pays pour le 850e anniversaire du sanctuaire de Mariazell. Le pape a aussi été invité à s’y rendre le 8 septembre 2007, jour de la fête de la nativité de Marie.

En outre, pour 2008, plusieurs invitations ont été transmises à Benoît XVI. Le sanctuaire marial de Lourdes, en France, souhaiterait ainsi recevoir le pape dans le courant de l’année, à l’occasion du 150e anniversaire des apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous. Pour sa part, le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec, au Canada, a déjà convié Benoît XVI à la cérémonie de clôture du 49e congrès eucharistique international, organisé à Québec du 15 au 22 juin 2008. Monique Gagnon-Tremblay, ministre québécoise des Relations internationales, qui a mentionné cette invitation au pape après l’audience générale du 6 juillet 2005, s’est déclarée «très optimiste» quant à sa venue. Destination des prochaines JMJ internationales, Sidney, en Australie, espère également la venue du pape en juillet 2008. Dès l’annonce, en août 2005, depuis Cologne, du lieu des 23e JMJ, le cardinal George Pell, archevêque de Sydney, s’est montré impatient de recevoir Benoît XVI. AR/JB

Encadré

Réformes des voyages pontificaux: des visites plus courtes que celles de Jean Paul II

Par ailleurs, de nombreux pays ont invité Benoît XVI à se rendre chez eux. Ce dernier a manifesté un intérêt particulier pour la Terre Sainte. Ainsi, selon le président de l’Etat d’Israël, Moshe Katsav, reçu au Vatican le 17 novembre 2005, Benoît XVI a accepté son invitation officielle à se rendre dans son pays. Le président israélien n’a pas évoqué de date particulière, tout en espérant que le voyage s’effectuerait en 2006. Cependant, pour les diplomates du Saint-Siège, la signature de l’accord juridico-financier bilatéral conditionnerait le déplacement du pape en Israël. En visite officielle au Vatican le 3 décembre 2005, le président de l’Autorité nationale de Palestine (ANP), Mahmoud Abbas, a lui aussi invité Benoît XVI à Jérusalem et dans les lieux saints. Le député-maire de Bethléem lui a même remis un passeport palestinien.

Depuis le 20 octobre 2005, c’est à Alberto Gasbarri, le directeur administratif de Radio Vatican, qu’incombe la charge d’organiser les voyages pontificaux. Ce laïc italien a ainsi pris la suite de Mgr Renato Boccardo, secrétaire général du Gouvernorat de l’Etat du Vatican qui, en tant qu’organisateur des voyages apostoliques depuis 2000, avait préparé celui du nouveau pape à Cologne en août 2005. Selon les deux hommes, Benoît XVI a décidé de réformer le style des voyages pontificaux. Plus courts que ceux qu’effectuait Jean Paul II, leur programme sera également plus léger. D’une manière générale, il est ainsi probable que le pape quitte Rome pour deux jours, faisant une, deux voire trois étapes dans son pays de destination, pas trop éloigné de l’Italie. (apic/imedia/ar/be)

3 janvier 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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