Rome: Lettre circulaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements
Rome veut faciliter les «réductions à l’état laïc»
Rome, 13 août 1997 (APIC) Le Vatican entend faciliter dans certains cas le retour à l’état laïc de prêtres qui quittent le sacerdoce. La procédure devrait être plus rapide et tenir davantage compte de la situation psychologique des personnes, en particulier pour les prêtres de moins de 40 ans, pour qui les normes étaient jusqu’à présent plus sévères que pour leurs aînés. C’est ce qui ressort d’une lettre circulaire adressée dernièrement aux évêques et aux supérieurs religieux par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.
Le nouveau code de droit canon de 1983 ne parle plus de «réduction à l’état laïc» pour des prêtres qui quittent le sacerdoce mais de «perte de l’état clérical». L’art 290 prévoit que cette mesure n’est concédée aux prêtres que pour «des raisons très graves». La constatation officielle par le Vatican de la «perte de l’état clérical» est nécessaire pour que l’ex-prêtre puisse continuer sans restriction à participer à la vie de l’Eglise, notamment se marier religieusement ou continuer à être actif professionnellement au service de l’Eglise.
Les normes de procédure établies en 1980 à la demande du pape Jean Paul II sont nettement plus restrictives que la pratique antérieure. Sous le pape actuel, les cas ont été plus rares et les délais plus longs. Le Vatican ne publie cependant pas de chiffres concernant ces procédures.
En règle générale, la reconnaissance de la «perte de l’état clérical» n’est accordée qu’à titre exceptionnel à des prêtres de moins de 40 ans. Il s’agit par exemple de démontrer que l’abandon du sacerdoce est lié à une situation physio-psychologique existant déjà avant ou au moment de l’ordination. Pour les prêtres de plus de 40 ans, dont un retour au sacerdoce n’est plus à attendre, notamment s’ils sont mariés et ont des enfants, la pratique est plus souple.
Une commission pour étudier les cas particuliers
Mgr Jorge Medina Estevez, nouveau pro-préfet de la Congrégation, signale dans sa lettre que la Congrégation a été autorisée par le pape à former une commission de spécialistes pour traiter les cas extraordinaires. En particulier lorsqu’il en résulte un grave scandale ou lorsqu’il s’agit de manques déjà constatés avant l’ordination mais n’ayant pas été suffisamment pris au sérieux par les formateurs. Selon divers observateurs, ces manques pourraient aussi concerner l’aptitude au célibat.
Les évêques et les supérieurs religieux appelés à traiter de cas de prêtres de moins de 40 ans sont donc invités à examiner attentivement les éléments qui avant ou au moment de l’ordination ont pu être à l’origine de l’abandon du sacerdoce, afin que la Congrégation puisse traiter efficacement ces cas.
Si un prêtre ayant contracté un mariage civil, quel que soit son âge, est en danger de mort, ses supérieurs peuvent adresser une demande de dispense directement au Vatican sans suivre la procédure ordinaire, précise la circulaire de la Congrégation.
Nouvelles règles pour les diacres permanents
Le même document définit aussi des règles pour le remariage de diacres permanents mariés devenus veufs. Jusqu’à présent, ces diacres, qui appartiennent par leur ordination au clergé, avaient besoin d’une dispense spéciale pour les autoriser à se remarier après le déécès de leur femme. Cette dispense n’était accordée que si le diacre ne pouvait pas être remplacé dans son domaine d’activité, s’il risquait de perdre ses moyens d’existence en quittant le service de l’Eglise et s’il devait s’occuper d’enfants en bas âge. Désormais une seule de ces trois conditions doit être remplie pour obtenir une dispense. De même le diacre pourra se remarier s’il a à sa charge des proches demandant des soins. (apic/cic/com/mp)




