Il l’invitait à visiter la communauté chrétienne de Trébizonde
Rome: Lettre envoyée à Benoît XVI par le Père Santoro 5 jours avant sa mort
Rome, 8 février 2006 (Apic) Dans une lettre envoyée le 31 janvier au pape, le Père Andrea Santoro lui demandait de rendre visite à la petite communauté chrétienne de Trébizonde, dans le nord-est de la Turquie. Conformément au désir de Benoît XVI, le courrier que lui a adressé le prêtre italien assassiné le 5 février sera publié en première page de l’édition du 9 février de L’Osservatore Romano.
«La lettre touchante que Don Andrea Santoro avait envoyée au pape». C’est ainsi que le quotidien du Saint-Siège intitule son introduction de présentation du courrier envoyé à Benoît XVI par le prêtre italien missionnaire en Turquie, tué de façon «barbare» le 5 février dernier, alors qu’il priait dans l’église sainte Marie de Trébizonde. La lettre qui est reproduite par le journal a été écrite et postée à Rome et est datée du 31 janvier 2006.
«Je vous écris au nom de quelques femmes géorgiennes de ma paroisse ’Sancta Maria’ à Trébizonde sur la Mer noire en Turquie», peut-on lire dans le courrier écrit par le Père Santoro lors de son dernier passage à Rome. Le prêtre missionnaire du diocèse de Rome, en Turquie depuis 5 ans, s’est ainsi fait l’interprète de trois de ses paroissiennes.
Dans leur lettre, Maria, Marina et Maria saluent le pape «au nom de tous les Géorgiens» et l’invitent à Trébizonde pour pouvoir lui «parler face à face». «Au nom de tous les autres chrétiens géorgiens, nous t’invitons à Trébizonde lors de ta prochaine venue en novembre en Turquie», insistent-elles. Et de confier «ta venue sera une heureuse fête».
Peuple géorgien «très pauvre, endetté, sans maison et sans travail»
Dans leur courrier, les trois femmes évoquent aussi les souffrances de leur peuple, «très pauvre, endetté, sans maison et sans travail». «Nous n’oublions pas la vie chrétienne, expliquent-elles encore, et nous essayons d’être un bon exemple au nom de Dieu pour les Turcs, afin qu’à travers nous ils voient et glorifient Dieu». Les paroissiennes assurent enfin le pape de leurs prières en lui demandent les siennes.
«Je m’unis à ces trois femmes pour vous inviter vraiment chez nous», conclue le Père Andrea Santoro. «C’est un petit troupeau comme disait Jésus, qui cherche à être sel, levain et lumière dans cette terre», commente-t-il. Le Père Santoro avait auparavant décrit son «troupeau», «formé de 8-9 catholiques, des nombreux orthodoxes de la ville et des musulmans qui composent 99% de la population». «Votre visite, même si rapide, serait consolante et encourageante, insiste-t-il, si Dieu le veut. à Dieu rien n’est impossible».
Benoît XVI a salué la mémoire de Andrea Santoro au cours de l’audience générale du 8 février. Il a souhaité que «le sacrifice de sa vie contribue à la cause du dialogue entre les religions et à la paix entre les peuples». C’est au cours de l’audience qu’il a révélé l’existence de cette lettre et sa publication.
La dépouille du Père Andrea Santoro a été rapatriée à Rome le 7 février. Ses obsèques seront célébrées dans la basilique Saint-Jean de Latran, la cathédrale de Rome, le 10 février. Selon l’aveu du meurtrier présumé, un adolescent de 16 ans, l’affaire des caricatures de Mahomet aurait été l’un des mobiles de l’assassinat. (apic/imedia/ar/bb)



