Le pape a choisi une grande figure critique de l’Eglise en Chine
Rome : Méditations du Chemin de croix écrites par l’évêque de Hong-Kong
Rome, 4 mars 2008 (Apic) Benoît XVI a confié à l’évêque de Hong-Kong, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, le soin d’écrire les méditations accompagnant le prochain Chemin de croix au Colisée, à Rome. Le pape présidera la traditionnelle Via Crucis du vendredi saint le 21 mars, à 21h15.
Le pape a ainsi demandé cette année au cardinal Joseph Zen Ze-kiun d’écrire les méditations qui accompagnent les 14 stations du chemin du Christ vers la croix. Evêque de l’ancienne colonie britannique depuis 2002, Joseph Zen Ze-kiun est une grande figure de l’Eglise en Chine et un opposant farouche au gouvernement de Pékin. Agé de 76 ans, il pourrait bientôt être remplacé à la tête de l’évêché de Hong-Kong par Mgr John Tong Hon, nommé évêque coadjuteur par le pape le 30 janvier dernier.
Religieux salésien, Joseph Zen Ze-kiun a été créé cardinal lors du premier consistoire du pontificat de Benoît XVI, en mars 2006. Connu pour ses critiques de la situation religieuse en Chine, il participera, du 10 au 12 mars prochain au Vatican, à une réunion présidée par le secrétaire d’Etat sur la situation de l’Eglise dans l’Empire du Milieu.
Le choix du pape de confier à l’évêque de l’ancienne colonie britannique la rédaction des méditations du Chemin de croix intervient dans le sillage de sa Lettre aux catholiques de Chine, en juin 2007. Ce choix, point trop diplomate à l’égard de Pékin, intervient également alors que les autorités chinoises souhaiteraient faire avancer les négociations sur leurs relations diplomatiques avec le Saint-Siège avant les Jeux olympiques prévus dans le pays au mois d’août prochain.
En 2007, Benoît XVI avait confié la rédaction des méditations de la Via Crucis au bibliste italien Mgr Gianfranco Ravasi, nommé depuis par le pape à la tête du Conseil pontifical de la culture. L’année précédente c’est Mgr Angelo Comastri, vicaire de la Cité du Vatican et désormais aussi archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, qui avait rédigé les méditations du premier Chemin de croix au Colisée du pontificat de Benoît XVI.
Un an plus tôt, en 2005, c’est le cardinal Ratzinger qui avait été désigné pour commenter le Chemin de croix auquel Jean-Paul II (1978-2005) n’avait pas pu participer en raison de sa maladie. Le futur pape avait alors comparé l’Eglise à une «barque prête à couler». C’est en 1964 que Paul VI a repris la tradition du Chemin de croix au Colisée, dont les origines remontent à l’année sainte 1750. Jean-Paul II a perpétué cette tradition après son élection, en 1979. Pour les années saintes 1984 et 2000, c’est le pape lui-même qui avait rédigé les commentaires des stations du Chemin de croix. Depuis 1985, Jean-Paul II a souhaité que la rédaction de ces méditations soit confiée à des personnalités. Un principe repris par le pape Benoît XVI. (apic/imedia/vb)



