Rome: «Mémoire et réconciliation...»: l’intuition de base, selon le Père Bruno Forte
Rome, 5 mars 2000 (APIC) L’intuition de départ du document «Méémoire et réconciliation. L’Eglise et les fautes du passé» se trouve dans les «gestes prophétiques» de Jean Paul II, les demandes de pardon qui sont une constante de son pontificat et aussi dans sa Lettre apostolique pour la préparation du Grand Jubilé, «Tertio Millennio Adveniente», a déclaré au micro de Radio Vatican le Père Bruno Forte. Ce dernier est membre de la commission théologique internationale et président de la sous-commission chargée de réfléchir à ce thème.
D’où, a-t-il précisé, la nécessité d’établir des fondements solides à une telle démarche, telle qu’elle sera mise en oeuvre le dimanche 12 mars, ce qui explique aussi que le document et la Journée du pardon soient présentées ensemble au Vatican.
Dans «Tertio Milennio Adveniente», le pape invite toute la communauté ecclésiale à entrer dans cette démarche, explique le théologien. La réception de cette invitation a été d’une part, toujours selon B. Forte, une adhésion à cette proposition comme ayant valeur de témoignage à la vérité et étant l’ocasion de faire grandir la crédibilité de la communauté ecclésiale. Mais elle a, d’autre part suscité des préoccupations, dans la mesure où dans les pays où l’Eglise représente une petit minorité menacé, voire persécutée, la démarche pourrait mal interprétée.
La méthode de travail employée par la commission, explique le Père Forte, n’a pas été «apologétique». Il s’agissait plutôt de comprendre les raisons profondes, bibliques, théologiques, historiques du pardon. La question était: Comment rendre compte de la possibilité d’une demande de pardon pour des fautes commises dans le passé par des fils de l’Eglise? Différentes compétences ont donc été mises à contribution.
Le but étant cette «purification de la mémoire» à laquelle Jean Paul II invite la communauté ecclésiale. Pourquoi? Le Père Forte explique que la mémoire n’est pas une faculté qui concerne seulement le passé. Elle a une incidence sur le présent, détermine des comportements actuels, les relations aujourd’hui. Les blessures reçues suscitent des résistances. Cette «purification de la mémoire» sera ” libérante», elle permettra au contraire une rencontre sereine. Le Père Forte rapproche cette démarche de cette phrase de l’Evangile de saint Jean si souvent citée par Jean Paul II: «La vérité vous rendra libres». (apic/zn/pr)



