Le dialogue entre chrétiens et musulmans ouvre la voie à la paix

Rome: Message de Benoît XVI au nouvel ambassadeur de Guinée

Rome, 16 juin 2005 (Apic) Benoît XVI a souhaité que la communauté internationale n’oublie pas les réfugiés en Afrique et que le dialogue entre chrétiens et musulmans ouvre la voie à la paix. C’est ce qu’il a déclaré au nouvel ambassadeur de Guinée, El Hadj Aboubacar Dione, venu lui remettre le 16 juin ses lettres de créance.

«Je souhaite que les gouvernants des nations n’oublient pas les réfugiés qui, dans plusieurs pays d’Afrique, attendent avec impatience qu’une attention soit portée à leur sort et que la communauté internationale s’engage avec une ferme détermination en faveur de la paix et de la justice», a déclaré le souverain pontife. «C’est seulement par un dialogue confiant que les tensions et les conflits peuvent être désamorcés, au profit du bien-être de tous», a-t-il poursuivi.

Il a ensuite souligné que les violences de la région sont au fondement du «développement du drame des populations déplacées, qui crée des situations d’urgence humanitaire». Benoît XVI a alors salué les efforts de la République de Guinée, «en donnant notamment l’hospitalité à un nombre important de réfugiés, souvent au prix de grands sacrifices». «Mais ce sont les causes de ces drames qu’il faut éradiquer», a poursuivi le pape, «car c’est la dignité humaine d’êtres que Dieu a créé qui est gravement atteinte». Ainsi, «l’établissement de la paix commence à l’intérieur de chaque pays, par la recherche de relations d’amitié et de collaboration entre les différentes communautés ethniques, culturelles, religieuses», a expliqué Benoît XVI.

«Malgré les difficultés, l’Eglise catholique s’est engagée à poursuivre ses efforts pour encourager la compréhension et le respect entre les croyants des différentes traditions religieuses», a-t-il ensuite indiqué. «Je me réjouis donc de savoir qu’en Guinée, chrétiens et musulmans travaillent ensemble au bien commun de la société. En développant des relations de confiance, dans le respect des droits légitimes de chaque communauté, les croyants, en union avec tous les hommes de bonne volonté, contribuent à édifier une société libérée de toute forme de dégradation morale et sociale, afin que chacun puisse vivre dans la dignité et la solidarité», a conclu le pape.

Une trentaine d’ethnies et de langues

La Guinée-Conakry, appelée officiellement république de Guinée, est une ancienne colonie française (indépendante depuis 1958) frontalière de la Guinée-Bissau (lusophone), du Sénégal (francophone), du Mali (francophone), de la Côte d’Ivoire (francophone) du Liberia (anglophone) et de la Sierra Leone (anglophone). Les quelque huit millions de Guinéens sont répartis en près d’une trentaine d’ethnies parlant chacune leur langue.

Au point de vue religieux, les musulmans sont nettement les plus nombreux en Guinée, avec près de 85 % de croyants dans la population. On compte 5 % de Guinéens membres des religions traditionnelles animistes et 4 % de chrétiens (dont 3 % de catholiques et 1 % de protestants évangéliques). L’Eglise catholique a été persécutée dans les années 1960 et 1970. Les relations diplomatiques avec le Saint-Siège ont été rétablies en 1986.

Selon le Haut Comité international aux réfugiés, les camps de réfugiés de Guinée étaient peuplés de 75 700 personnes, dont 66 777 Libériens, 2 000 Sierra Léonais et 3 700 Ivoiriens. Les Libériens regagnent petit à petit leur pays. (apic/imedia/hy/bb)

16 juin 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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