Les immigrés ont droit à un accompagnement pastoral

Rome: Message de Jean Paul II pour la 87ème journée mondiale des migrants

Rome, 13 février 2001 (APIC) Dans son message pour la 87ème journée mondiale des migrants, Jean Paul II a rappelé les principaux droits des migrants, notamment la profession de leur foi et l’accompagnement pastoral. Cette année, la journée pour les migrants sera célébrée dans les diocèses, à la date choisie par les conférences épiscopales de chaque pays.

Pour le pape, le «mouvement de masse» auquel on assiste depuis ces dernières années «d’une zone de la planète à l’autre», nécessite que chaque personne ait des droits «irréductibles». Parmi ceux-ci, Jean Paul II cite en particulier celui de «professer publiquement sa religion» comme «droit inaliénable de toute personne humaine».

Jean Paul II insiste notamment sur la nécessité de mettre à la disposition des chrétiens immigrés des prêtres de leur langue d’origine, ainsi qu’une œuvre pastorale «qui soit en harmonie avec celle de leur pays d’origine». Le pape met cependant en garde contre une structure qui remplacerait les paroisses d’accueil déjà présentes, au lieu de s’y «fondre».

Les chrétiens doivent avoir «droit» à un ministère pastoral «tenant compte de leur patrimoine culturel», affirme par ailleurs le message. Les différences de culture constituent pour Jean Paul II un autre défi que les chrétiens doivent relever, même si «les villes et les pays ressemblent de plus en plus à des communautés multi-ethniques et multiculturelles». «Le Saint-Esprit n’est pas conditionné par l’ethnie ou la culture», explique le pape. «De façons différentes, il les rapproche tous du salut». C’est pourquoi Jean Paul II encourage une «collaboration» des églises locales avec les missionnaires qui connaissent la culture des immigrants.

Flux de migrants non chrétiens

Constatant ensuite la «diminution» du flux des migrants catholiques et l’augmentation des migrants non chrétiens qui cherchent à s’établir dans des pays à majorité catholique, le pape rappelle l’autre défi que représente ce changement. Pour lui, les catholiques doivent à présent, «d’une certaine manière», être «missionnaires», même dans un «environnement dominé par un indifférentisme et un relativisme religieux toujours plus diffus», entraînant parfois la «peur» d’être accusé de «prosélytisme».

Pour le pape, un tel «droit à migrer» est toutefois «à réglementer», «parce que son application incontrôlée pourrait être dangereuse et préjudiciable au bien commun de la communauté qui accueille le migrant». «Il faut des normes internationales capables de régler les droits de chacun», demande Jean-Paul II, précisant que «le critère pour déterminer le seuil de l’immigration ne peut être simplement la défense de son propre bien-être». «L’Evangile est pour tous», conclut le message. «La mission de l’Eglise est justement celle de faire que, concrètement, la rencontre du Christ à tout être humain, sans différence de culture ou de race soit possible». (apic/imed/bb)

13 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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