Combattre le racisme et la xénophobie
Rome: Message de Jean Paul II pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié
Rome, 2 décembre 2002 (APIC) Jean Paul II appelle «les parents et les enseignants à combattre le racisme et la xénophobie». Dans son message pour la 89ème Journée mondiale du Migrant et du réfugié, publié le 2 décembre, il demande aux catholiques d’être solidaires des migrants et invite les immigrés «à honorer leur pays d’accueil».
«Pour un engagement à vaincre tout racisme, toute xénophobie et tout nationalisme exagéré», tel est le thème de cette Journée dont la date sera choisie librement en 2003 par les conférences épiscopales.
«L’appartenance à la communauté catholique, a tout d’abord rappelé Jean- Paul II, n’est pas déterminée par la nationalité ou l’origine, sociale ou ethnique, mais essentiellement par la foi en Jésus Christ et le baptême au nom de la très Sainte Trinité». «L’Eglise considère que limiter l’appartenance à une communauté locale sur la base de caractéristiques ethniques ou d’autres caractéristiques externes conduirait à un appauvrissement de toutes les personnes concernées et serait en contradiction avec le droit fondamental des baptisés à pratiquer le culte et à participer à la vie de la communauté», a affirmé le pape.
Pour Jean Paul II, «si les nouveaux venus se sentent indésirables lorsqu’ils approchent une communauté paroissiale particulière, car ils ne parlent pas la langue locale ou qu’ils ne suivent pas les coutumes locales, ils deviennent facilement des «brebis perdues». La perte de ces «plus petits même pour des raisons de discrimination latente, devrait constituer un motif de profonde préoccupation pour les pasteurs comme pour les fidèles».
Jean Paul II a précisé que «l’esprit de solidarité n’est pas inné. Il exige un entraînement et un éloignement des attitudes de repli sur soi, qui dans de nombreuses sociétés d’aujourd’hui, sont devenues plus subtiles et enracinées». Pour le pape, «le chemin vers la véritable acceptation des migrants dans leur diversité culturelle est réellement difficile et, dans certains cas, un véritable chemin de Croix. Parfois ce chemin à besoin d’une parole prophétique qui dénonce ce qui est mal et encourage ce qui est bien».
Le pape a appelé ainsi «les parents et les enseignants à combattre le racisme et la xénophobie en inculquant des attitudes positives fondées sur la doctrine sociale catholique» et a insisté sur «le courage moral des pasteurs» qui doivent «tout miser sur l’amour»«.
«J’invite également les immigrés à reconnaître leur devoir d’honorer les pays qui les reçoivent et de respecter les lois, la culture et les traditions des peuples qui les ont accueillis» a encore affirmé le pape et ce, pour que prévale «l’harmonie sociale». Il s’est enfin penché sur «les communautés culturelles mixtes» qui oeuvrent au sein de l’Eglise «pour former des sociétés dans lesquelles les cultures des migrants et leurs dons particuliers soient sincèrement appréciés et dans lesquels, les manifestations de racisme, de xénophobie et de nationalisme exacerbé soient combattues de façon prophétique». SH
Encadré
Intervention des responsables du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants
Le 2 décembre, le président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des itinérants, Mgr Fumio Hamao ainsi que le Secrétaire et le sous-Secrétaire de ce dicastère sont intervenus pour commenter le message de Jean-Paul II et annoncer qu’un congrès mondial aura lieu en 2003 sur le thème des migrations.
Mgr Hamao a insisté sur la distinction entre les migrations volontaires et les migrations forcées. Aujourd’hui, a-t-il expliqué, plus de 190 millions de personnes vivent en dehors du pays dans lequel ils sont nés. Parmi eux, 175 millions ont immigrés pour des raisons économiques et environ 15 millions sont des réfugiés politiques parmi lesquels les réfugiés palestiniens du Proche-Orient.
Mgr Hamao a souligné le phénomène nouveau de l’immigration des femmes et le fait que l’immigration connaîtra une croissance importante dans les prochaines années. Pour lui, «d’ici à 25 ans, des dizaines de millions de personnes seront obligées d’émigrer en raison de la désertification ou de l’élévation du niveau de la mer».
Il a en outre insisté sur les changements en matière de politique d’immigration après les événements du 11 septembre 2001, «les normes sur le droit d’asile devenant beaucoup plus sévères».
Pour lui, «l’attitude générale envers les personnes de cultures et de religions différentes est devenue plus hostile, parfois xénophobe, quand elle n’est pas raciste».
De son côté le Secrétaire du dicastère, Mgr Agostino Marchetto, a expliqué que les événements du 11 septembre ont accru les tensions, mais que depuis toujours existe une tendance à «mettre en relation les migrants et le monde de la criminalité et de se servir d’eux comme victimes expiatoires en ce qui concerne la lourde question du chômage».
Pour tenter d’améliorer la situation, Mgr Marchetto a insisté sur la nécessité d’une collaboration oecuménique. Il a ainsi annoncé la tenue au Vatican, en 2003, d’un congrès mondial sur les migrations auquel prendront part des responsables chrétiens, mais aussi d’autres religions.
Répondant à une question concernant les actions à prévoir pour les réfugiés en vue de la guerre en Irak, Mgr Marchetto a affirmé : «nous voulons croire encore que cette guerre n’aura pas lieu. Nous serons prêts en cas d’urgence, mais nous ne voulons pas organiser quoi que ce soit car nous pensons que la sagesse internationale prévaudra sur la violence». (apic/imedia/sh)




