Œcuménisme et appel à la paix en Terre Sainte et dans les Balkans

Rome: Message de Pâques de Jean-Paul II sur la Place Saint-Pierre

Rome, 16 avril 2001 (APIC) Première Pâques du millénaire, fêtée le même jour par les catholiques, les orthodoxes et les protestants: Jean-Paul II a marqué symboliquement l’événement en prononçant sa bénédiction «Urbi et Orbi» de la place Saint-Pierre et non pas de la loggia centrale, comme il est de tradition. L’assistance forte de quelque 150’000 personnes pouvait voir la silhouette de l’homme en blanc se découper sur le parvis de la basilique multicolore, transformé en un jardin de 15’000 fleurs et arbustes, grâce aux horticulteurs hollandais.

Le soleil avait chassé les orages de la veille et quelque 70’000 fidèles ont assisté à la messe du dimanche de la Résurrection présidée par le pape, sous. La célébration a commencé par la présentation aux fidèles de la célèbre icône orientale conservée à Rome, dite du «Saint-Sauveur», haute d’un mètre et demi et représentant le visage du Christ. En même temps, un diacre annonçait la résurrection du Christ en chantant : «Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité». «L’annonce d’une vie sans fin, en cette première Pâques du troisième millénaire, résonne en même temps dans les Eglises d’Orient et d’Occident. Puisse la résurrection, dans le respect de la diversité des cultures, être célébrée non seulement dans un jour commun, mais dans la plénitude de la communion entre toutes les Eglises», a déclaré Jean-Paul II au début de la cérémonie, demandant aux baptisés «le courage de cheminer sur les voies de l’unité».

A quand une Pâques commune à tous les chrétiens?

Entre les Pâques latine et orthodoxe, l’écart peut varier, selon les années, d’une à cinq semaine. Il faudra attendre le 11 avril 2004 pour que Pâques concorde une nouvelle fois sur les calendriers grégorien – en vigueur en Occident – et julien – en vigueur en Orient. Célébrer Pâques le même jour encourage les chrétiens à trouver un consensus pour une date commune de la fête de la Résurrection, avait déclaré le pape le 25 janvier dernier dans la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, devant des délégations orthodoxes et protestantes.

Le projet d’une célébration commune de la fête de Pâques avait déjà été étudié en mars 1997 à Alep, en Syrie, par un colloque œcuménique. Plusieurs hypothèses avaient alors été proposées, sans aboutir.

L’Afrique, une terre martyrisée

Jean-Paul II a ensuite fait allusion à l’Afrique, «terre martyrisée par des conflits sans cesse en embuscade». Il a ensuite continué avec l’Asie, qui peut «vaincre le défi de la tolérance et de la solidarité», avec l’Amérique latine, «vivier de jeunes promesses» dans lequel seul le Christ est garant d’un développement respectueux de tout être humain», concluant avec un appel «aux hommes et aux femmes de tous les continents», qu’ils aient «la vigueur nécessaire pour combattre les forces du mal et de la mort», et qu’ils mettent «toutes les recherches et tous les progrès techniques et sociaux au service d’un avenir meilleur pour tous les hommes».

Jean-Paul II a adressé ses vœux de Pâques en 61 langues. Beaucoup de Romains s’étaient joints aux pèlerins en fin de matinée, pour écouter le pape et recevoir sa bénédiction solennelle «Urbi et Orbi», avant de le saluer par des applaudissements prolongés.

Les lumières de milliers de fidèles

La veille, dans la soirée, Jean-Paul II avait présidé la veillée pascale, dans la basilique Saint-Pierre. Initialement prévue sur la place Saint-Pierre, la cérémonie s’est finalement déroulée à l’intérieur de la basilique vaticane, en raison du froid et de la pluie qui s’étaient abattus sur la ville éternelle. La liturgie a commencé à l’entrée de la basilique, dans l’obscurité avant que la procession des célébrants n’avance lentement vers l’autel de la basilique, pendant que s’allumaient les bougies portées par les milliers de fidèles.

Au cours de cette soirée, visiblement fatigué, le pape a annoncé d’une voix cependant ferme la résurrection du Christ tandis que les cloches de Saint-Pierre sonnaient à toute volée. Il a également baptisé huit catéchumènes, parmi lesquels une maman et sa fille, originaires de Chine. Les nouveaux baptisés ont ensuite reçu la confirmation et la première communion de la main du pape.

Dans la matinée du lundi de Pâques 16 avril, Jean-Paul II a quitté Rome pour rejoindre Castelgandolfo. Il s’y reposera 48 heures avant de revenir mercredi à Rome pour l’audience générale. (apic/imed/mjp)

16 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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