Rome: Message du pape au président des Semaines sociales de France
«La démarche politique, rempart contre le totalitarisme financier»
Rome, 26 novembre 1999 (APIC) «Nos contemporains doivent retrouver la confiance dans la valeur de la démarche politique. Cette confiance est un rempart contre le totalitarisme financier et économique». C’est ce qu’affirme Jean Paul II dans un message adressé à Jean Boissonnat, président des Semaines sociales de France. Un message publié vendredi par le Saint-Siège au deuxième jour de la 74ème session des Semaines sociales de France, qui se tient à Paris jusqu’au 28 novembre sur le thème «D’un siècle à l’autre, l’Evangile, les chrétiens et les enjeux de société».
Soulignant l’importance d’un «souci particulièrement aigu de la probité et de l’honnêteté» chez ceux qui prennent des responsabilités dans la société, le pape insiste sur le fait qu’il revient à l’autorité légitime d’assurer un bon fonctionnement des structures de l’Etat, la transparence dans l’administration publique, l’impartialité dans le service public, l’usage juste et honnête des fonds publics, le refus de moyens illicites pour obtenir ou conserver le pouvoir». «On constate que dans trop de sociétés, y compris en Europe, écrit Jean Paul II, les responsables semblent avoir abdiqué devant les exigences d’une éthique politique qui tienne compte de la transcendance de l’homme et de la relativité des systèmes d’organisation de la société».
Pour le pape, «il est temps que ces responsables se retrouvent unanimes pour se conformer à certaines exigences morales qui concernent aussi bien les pouvoirs publics que les citoyens». Nos contemporains doivent pouvoir retrouver la confiance dans la valeur de la démarche politique, qui est un rempart contre le totalitarisme financier et économique».
L’engagement des laïcs chrétiens
Jean Paul II rappelle en outre l’importance de l’engagement des laïcs chrétiens dans les domaines économique, social, législatif, administratif et culturel, ainsi que dans certaines autres réalités ouvertes à l’évangélisation comme sont l’amour, la famille, l’éducation des enfants et des adolescents, le travail professionnel. «Leur devoir, écrit-il, est de montrer que les valeurs humaines et chrétiennes sont le fondement de l’édification sociale, et que la liberté religieuse et celle de l’institution ecclésiale sont des libertés primordiales ouvrant la voie au respect des autres libertés, qui doivent être mises au service de l’amélioration de la vie des personnes et non de la recherche effrénée du pouvoir ou de l’argent».
Le pape fait en outre remarquer que «pour exercer un discernement chrétien vraiment fécond sur les problèmes de société, c’est d’abord vers l’Evangile et donc vers l’attitude même de Jésus qu’il faut se tourner», et que «toute fonction sociale suppose que l’on développe sa vie intérieure, qui oriente l’action et lui donne sa profondeur et son sens véritable». Jean Paul II évoque enfin dans son message, comme exemples à suivre, quelques grandes figures de l’engagement social chrétien en France. Il cite ainsi Jean Le Cour Grandmaison, Robert Garric, Joseph Folliet, Madeleine Delbrêl, les abbés Godin, Daniel et Guérin, Raoul Follereau, Edmond Michelet, Robert Schumann, Jacques Maritain, le Père Gaston Fessard, Mgr Jean Rodhain et le bienheureux Frédéric Ozanam. (apic/imed/ba)



