Famille, environnement et démilitarisation nucléaire au centre
Rome: Message du pape pour la Journée mondiale de la paix 2008
Rome, 11 décembre 2007 (Apic) Le respect de la famille et de la vie fondée sur la loi et la morale naturelle, la lutte pour la protection de l’environnement et le développement durable, et enfin le «désarmement efficace» des arsenaux nucléaires, sont au coeur du Message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix 2008.
Signé le 8 décembre 2007, ce Message a été rendu public le 11 décembre en perspective de cette Journée particulière qui marque le 1er janvier de chaque année.
Famille et loi naturelle : fondements de la paix
Parce que «l’humanité n’est pas sans loi», quelle doit se «plier à une norme commune» dont les racines doivent se trouver dans «la norme morale naturelle, fondement de la norme juridique», Benoît XVI a choisi pour thème de son message «famille humaine, communauté de paix». «Les peuples de la terre sont aussi appelés à instaurer entre eux des relations de solidarité et de collaboration, comme il revient aux membres de l’unique famille humaine», a ainsi rappelé le pape. Selon le pape, la famille naturelle, en tant que profonde communion de vie et d’amour, fondée sur le mariage entre un homme et une femme constitue «le lieu premier d’’humanisation» de la personne et de la société.
Pour lui, c’est dans une saine vie familiale, que se fait l’expérience de certaines composantes fondamentales de la paix. C’est pourquoi, poursuit-il, la famille est la première et irremplaçable éducatrice à la paix. «Il n’est donc pas étonnant que la violence, si elle est perpétrée en famille, soit perçue comme particulièrement intolérable». A ses yeux, la négation ou même la restriction des droits de la famille, obscurcissant la vérité sur l’homme, menacent les fondements de la paix eux-mêmes.
Lutte pour la protection de l’environnement et développement durable
Alors que la conférence de Bali (Indonésie), qui réunit les délégués de quelque 190 pays du 3 au 14 décembre, tente d’élaborer, non sans difficulté, une «feuille de route» fixant le cadre des négociations pour un traité destiné à remplacer le protocole de Kyoto, qui expire en 2012, pour la lutte contre le réchauffement planétaire, Benoît XVI, très attentif aux questions écologiques, a dédié une grande partie de son message à la défense de l’environnement. «La famille a besoin d’une maison (.). S’agissant de la famille humaine, cette maison c’est la terre», a-t-il ainsi affirmé en présentant sa propre «feuille de route».
«L’humanité s’inquiète pour l’avenir de l’équilibre écologique. À cet égard, il convient que les évaluations se fassent avec prudence, dans un dialogue entre experts et sages, sans précipitations idéologiques vers des conclusions hâtives et surtout en recherchant ensemble un modèle de développement durable qui garantisse le bien-être de tous dans le respect des équilibres écologiques», a ainsi estimé le pape. «Si la protection de l’environnement a des coûts, il faut qu’ils soient répartis de manière juste, en tenant compte des différences de développement des divers pays et de la solidarité avec les générations futures», a-t-il encore expliqué. Pour le pape, agir avec prudence ne signifie pas ne pas prendre en main ses responsabilités et renvoyer à plus tard les décisions; cela veut plutôt dire s’engager à prendre ensemble ces décisions, non sans avoir au préalable examiné, de manière responsable, la voie à emprunter. Pour autant, dit-il, respecter l’environnement ne veut pas dire que l’on considère la nature matérielle ou animale comme plus importante que l’homme. Cela veut plutôt dire que l’individu ne peut la considérer de manière égoïste comme étant à l’entière disposition de ses propres intérêts, car les générations à venir ont aussi le droit de tirer des bénéfices de la création.
Selon Benoît XVI, pour répondre aux problèmes environnementaux «complexes et urgents», il faut emprunter «la voie du dialogue plutôt que celle des choix unilatéraux». Il a ainsi invité à «accroître» le rôle des instances internationales chargées de l’écologie.
Car pour le pape, il y a un domaine dans lequel il est urgent d’agir: celui de «la gestion des ressources énergétiques». «A cet égard, les pays technologiquement avancés sont confrontés à une double urgence: il faut, d’une part, qu’ils revoient leurs habitudes exagérées en matière de consommation, liées au modèle actuel de développement et que, d’autre part, ils pourvoient aux investissements adaptés en vue de la diversification des sources d’énergie et de l’amélioration de son utilisation», a expliqué Benoît XVI.
«Les pays émergents ont de grands besoins énergétiques, mais il arrive que ces besoins soient satisfaits au détriment des pays pauvres qui, à cause de l’insuffisance de leurs infrastructures même sur le plan technologique, sont obligés de vendre à bas prix les ressources énergétiques dont ils disposent. Parfois, leur liberté politique elle-même est mise en cause par des formes de protectorat ou tout au moins de conditionnement qui apparaissent clairement humiliantes», a encore constaté le pape en condamnant ces formes de néocolonialisme.
Une démilitarisation efficace des arsenaux nucléaires
Benoît XVI a ensuite insisté sur un autre des grands thèmes de ses discours diplomatiques: la lutte contre la prolifération nucléaire. Tout en dénonçant les conflits en Afrique et au Moyen-Orient, le pape a regretté que de plus en plus de pays deviennent détenteurs de l’arme nucléaire et suscitent de légitime appréhensions chez toute personne responsable. Ainsi, il a appelé toutes «les personnes de bonne volonté» pour que soient trouvés «des accords concrets en vue d’une démilitarisation efficace, surtout en ce qui concerne les armes nucléaires».
Le pape a ainsi dénoncé le ralentissement du processus de non-prolifération nucléaire et exhorté les autorités à reprendre avec une détermination plus ferme les négociations visant au démantèlement progressif et concerté des armes nucléaires existantes. (apic/imedia/hy/pr)



