L’urgence de mettre fin aux crises alimentaires
Rome: Message du secrétaire d’Etat du Saint-Siège lors du 60e anniversaire de la FAO
Rome, 18 octobre 2005 (Apic) Le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a souligné l’urgence de mettre fin aux crises alimentaires et soulevé le paradoxe d’un monde où coexistent abondance et pénurie de nourriture. Le «numéro deux» du Saint-Siège s’est exprimé le 17 octobre 2005, lors du 60e anniversaire de la création de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome, au lendemain de la Journée mondiale de l’alimentation.
Lors de son intervention, le cardinal Sodano a d’abord rappelé que la FAO avait été créée pour «libérer l’humanité du spectre de la faim par la promotion de l’activité agricole dans chaque pays, avec une réelle coopération des pays».
Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a alors souligné l’actualité de cet objectif, devenu même plus urgent que jamais, face à une situation mondiale qui voit des peuples touchés par des crises alimentaires douloureuses et récurrentes, alors que, dans d’autres pays, l’abondance de la production pose de nombreuses questions sur leurs modèles de vie.
Une culture de la consommation qui tend à exalter de faux besoins
«Pourquoi tant de personnes risquent de mourir de faim ?», s’est interrogé le «numéro deux» du Saint-Siège, alors qu’il est possible de disposer de la nourriture suffisante pour satisfaire les besoins de tous au niveau mondial. Parmi les motifs de cette situation paradoxale dans laquelle coexistent l’abondance et la pénurie, le cardinal Angelo Sodano a cité «la culture de la consommation qui tend à exalter de faux besoins».
Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a affirmé qu’une campagne efficace contre la faim requiert beaucoup plus qu’une simple indication sur le fonctionnement correct des mécanismes du marché ou des techniques pour obtenir de hauts niveaux de production.
La faim dans le monde, un scandale parmi les plus graves
Il a invité à «redécouvrir avant tout le sens de la personne humaine, dans sa dimension individuelle et communautaire, en commençant par la vie de famille dont proviennent le sens de la solidarité et du partage».
Le cardinal Sodano a invité les membres de la FAO à «construire des rapports entre les peuples sur la base d’une disponibilité constante et authentique, capable de rendre chaque pays prêt à satisfaire les exigences de ceux qui sont dans le besoin».
Dans une lettre au directeur général de la FAO Jacques Diouf, Benoît XVI avait affirmé, le 12 octobre dernier, que «la faim et la malnutrition sont, malheureusement, parmi les plus graves scandales qui affectent encore la vie de la famille humaine». Chaque année, le 16 octobre, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) célèbre la Journée mondiale de l’alimentation, qui commémore la date de sa création, en 1945. Les 16 et 17 octobre 2005, la FAO a ainsi célébré son 60e anniversaire en présence de nombreux chefs d’Etat parmi lesquels le brésilien Luis Inacio Lula da Silva, le vénézuélien Hugo Chavez ou l’italien Carlo Azeglio Ciampi. Le cardinal Angelo Sodano a pris la parole dans la matinée du 17 octobre, au siège de la FAO, à Rome. (apic/imedia/ami/be)



