L’UA et l’UE interpellées pour éradiquer la faim

Rome : Message final des évêques africains et européens au terme de leur symposium

Rome, 16 novembre 2004 (Apic) Les évêques d’Europe et d’Afrique appellent les Unions africaine et européenne à éradiquer la faim dans le monde et à respecter leurs engagements en faveur du développement en Afrique.

Dans le message de conclusion de leur premier symposium, les évêques d’Europe et d’Afrique, réunis à Rome du 10 au 13 novembre 2004, lancent un appel aux Unions africaine et européenne. « Nous appelons l’Union africaine et l’Union européenne à se fixer pour la prochaine décennie l’objectif d’éradiquer la tragédie de la faim », ont-ils déclaré. « Nous rappelons également aux pays riches leur engagement de consacrer 0,7% de leur produit intérieur brut à l’aide publique au développement. Cinq pays y sont déjà parvenus, donc c’est possible », ont-ils lancé. « Plus qu’une question de charité, c’est une question de respect de la parole donnée et de justice. La charité présuppose la justice ».

Les évêques estiment que « le respect des objectifs de développement du millénaire représente la meilleure opportunité pour venir à bout de la pauvreté en Afrique ». « Nous interpellerons sans relâche nos gouvernements et l’Union européenne sur la nécessité d’une annulation de la dette, de règles commerciales justes, et d’une mondialisation à visage humain ».

« L’histoire a marqué les relations entre l’Afrique et l’Europe, entre nos différents peuples, pays et institutions, avec parfois des atteintes graves portées à la dignité humaine », ont-ils regretté. « Aujourd’hui, le chômage, l’exclusion, le poids écrasant de la dette, la corruption, l’exploitation des personnes, le pillage des ressources naturelles, la pandémie du sida, le manque d’accès aux soins et l’analphabétisme sont autant de défis à relever », ont-ils assuré, exprimant leur solidarité envers tous ceux qui en sont victimes. « Ces maux demandent de notre part, de celle des gouvernements et des institutions internationales un suivi et une vigilance ».

Plus d’engagement des Eglises

Evoquant les « situations de violences et d’injustice », les évêques ont souhaité que leurs Eglises s’engagent « au coeur des situations d’exclusion sociale et de conflits ». « Nous oeuvrons partout pour la justice et pour la paix, dans les efforts de réconciliation et dans la défense des droits de l’homme ». « La dignité de la personne et des besoins des peuples demeurent plus que jamais au coeur de notre responsabilité commune », ont-ils déclaré.

Les prélats ont par ailleurs évoqué les « chrétiens qui participent aux décisions dans les champs économique et politique ». « Evêques, nous voulons être à leurs côtés, éclairés par la Doctrine sociale de l’Eglise que nous avons à mieux promouvoir dans nos Eglises particulières, nos pays et continents », ont-ils confié.

Abordant enfin le sujet du dialogue interreligieux, ils ont rappelé que ces deux continents sont « appelés au dialogue avec les autres religions, notamment avec l’Islam, dans des contextes différents ». « Nous avons à concilier le respect dû à la liberté religieuse, le regard d’estime et la volonté de collaboration », ont-ils souhaité.

Pour les organisateurs de ce symposium, « il n’est pas exagéré de qualifier cette rencontre d’historique », puisque c’est la première fois que se réunissaient les conférences épiscopales d’Afrique et d’Europe « au niveau continental ». Ils ont par ailleurs affirmé que « l’Europe a besoin de l’Afrique et que l’Afrique a besoin de l’Europe, et que l’Europe et l’Afrique ensemble ont un service à rendre au monde ». (apic/imedia/ms/pr)

16 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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