Reconnaître humblement ses responsabilités

Rome: Messe de conclusion du Synode pour l’Europe

Rome, 24 octobre 1999 (APIC) Les chrétiens doivent reconnaître leurs responsabilités lorsque leurs comportements n’ont pas été dans le sens de l’unitéé et de la promotion des droits de l’homme en Europe, a déclaré le pape Jean-Paul II samedi en célébrant la messe de conclusion du Synode pour l’Europe, ouvert le 1er octobre.

«Le christianisme a été pour notre continent un facteur primordial d’unité entre les peuples et les cultures, et de promotion intégrale de l’homme et de ses droits», a souligné le pape dans son homélie, prononcée devant l’ensemble des Pères synodaux. «S’il y a eu des comportements et des choix qui, hélas, sont parfois allés dans la direction opposée, au moment où nous nous préparons à franchir la Porte Sainte du Grand Jubilé, nous sentons le besoin de reconnaître humblement nos responsabilités. (…) A tous les chrétiens, il est demandé d’avoir ce discernement nécessaire pour que, toujours plus unis et réconciliés, ils puissent, avec l’aide de Dieu, accélérer l’avènement de son Règne». Pour le pape, une telle coopération fraternelle est particulièrement urgente en cette période caractérisée par une nouvelle phase du processus d’intégrtion européenne et par sa forte évolution dans un sens multiethnique et multiculturel.

Reprenant quelques points abordés dans le message final du Synode, publié la veille, le pape a souhaité «que l’Europe sache garantir, dans une attitude de fidélité créative à sa tradition humaniste et chrétienne, le primat des valeurs éthiques et spirituelles». Un souhait qui «naît de la ferme conviction qu’il ne peut y avoir d’unité véritable et féconde pour l’Europe si elle n’est pas construite sur ses fondements spirituels», a-t-il insisté.

Pour Jean Paul II, ce synode se conclut «sous le signe du témoignage joyeux qui provient de l’expérience du Christ vivant dans son Eglise». C’est pourquoi, a-t-il déclaré, avec une conviction ferme, l’Eglise répète aux hommes et aux femmes du XXIe siècle, et tout particulièrement à ceux qui vivent plongés dans le relativisme et le matérialisme: accueillez le Christ dans votre existence!».

Election du conseil post-synodal

Après cette messe solennelle, les participants du Synode se sont retrouvés autour de Jean Paul II pour un repas à la Maison Sainte Marthe, édifice moderne construit à la demande du pape, notamment pour héberger les cardinaux en cas de conclave. Durant ce repas les participants ont reçu les résultats du vote de la liste finale – et confidentielle – des propositions élaborées au cours du Synode pour être remises à Jean Paul II et votées la veille, les deux tiers des voix étant requises.

Le 22 octobre avait été élu le Conseil post-synodal, qui comprendra quatorze membres : les cardinaux Miloslav Vlk (Prague), Antonio Maria Rouco Varela (Madrid), Dionigi Tettamanzi (Gênes) et Christoph Schönborn (Vienne); six membres non cardinaux, Mgr Audrys Juozas Backis (Vilnius), Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, administrateur apostolique pour le la Russie européenne, Mgr Josip Bozanic (Zagreb), Mgr Karl Lehmann (Mayence), Mgr Lubomyr Husar, président du Synode de l’Eglise Ukrainienne, Mgr Vincent Nichols (auxiliaire de Westminster); enfin, quatre évêques désignés par le pape: Mgr Nikolaos Foscolos (Athènes), Mgr José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, Mgr Josef Miroslaw Zycinski (Lublin) et Mgr Joseph Doré (Strasbourg).

C’est à Rome que l’exhortation Apostolique post-synodale devrait être publiée solennellement par le pape, d’ici un an ou deux, une fois qu’elle aura été rédigée à partir des propositions du Synode. Invités à proposer des destinations pour ce qui sera la conclusion officielle du Synode, les évêques ont fait un grand nombre de suggestions, parmi lesquelles Paris, Lourdes, Fatima, Bruxelles, Strasbourg, et même Cracovie, mais Rome a reçu le plus grand nombre de suffrages. (apic/imed/pr)

24 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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