Rome: Messe de la Cène présidée jeudi soir par Benoît XVI
«Le refus de l’amour rend l’homme immonde», dit le pape
Rome, 14 avril 2006 (Apic) Le refus de l’amour rend l’homme immonde, a lancé le pape Benoît XVI lors de la messe de la Cène, dans la soirée du 13 avril.
Le pape, qui présidait la messe de la Cène du Seigneur dans la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, a invité les fidèles à accepter avec humilité «l’amour illimité» du Christ et à savoir «inlassablement» se pardonner, évoquant la figure d’un Dieu qui n’est pas «trop distant et trop grand» pour s’occuper des hommes.
C’est «le refus de l’amour, le fait de ne pas vouloir être aimé, le fait de ne pas aimer» qui «rend l’homme immonde», a lancé Benoît XVI aux milliers de fidèles assemblés dans la cathédrale de Rome. «C’est l’orgueil qui croit ne pas avoir besoin de purification, qui se ferme à la bonté salvatrice de Dieu». Le pape a alors décrit la figure de Judas qui manifeste «clairement la nature de ce refus». Pour lui, «seuls pouvoir et succès sont réalités, l’amour ne compte pas». Pour lui, «l’argent est plus important que la communion avec Jésus». Et ainsi, il devient «un menteur, qui fait double jeu et rompt avec la vérité». De cette façon, «il s’endurcit, devient incapable de conversion, du retour confiant du fils prodigue, et jette sa vie détruite». Selon la tradition de l’Eglise, après avoir trahi le Christ, Judas Iscariote, ne croyant pas en la miséricorde divine, se serait suicidé.
«Aujourd’hui, le Seigneur nous met en garde devant cette autosuffisance qui met une limite à son amour illimité», a alors commenté Benoît XVI. «Il nous invite à imiter son humilité, à se confier à elle, à se laisser ’contaminer’ par elle». «Il nous invite – en ce que nous pouvons nous sentir perdus – à retourner à la maison et à permettre à sa bonté purificatrice de nous élever et de nous faire entrer dans la communion de son repas avec Lui, Dieu même», a-t-il insisté.
Le don de la purification
«Dieu n’est pas un Dieu lointain, trop distant et trop grand pour s’occuper de nos bagatelles», a encore lancé le pape, expliquant que, «parce qu’Il est grand, il peut aussi s’intéresser aux petites choses». «Dieu aime sa créature, l’homme, a renchéri Benoît XVI, il l’aime aussi dans sa chute et ne l’abandonne pas à lui-même. Il l’aime jusqu’au bout. Il pousse son amour jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême». En effet, «Dieu s’abaisse et devient esclave, il nous lave les pieds afin que nous puissions s’asseoir à sa table», a-t-il expliqué, revenant sur l’Evangile du jour, lu en grec. Celui-ci rappelle le dernier repas du Christ avec ses disciples, la veille de sa mort, au cours duquel il leur lave les pieds, les invitant à faire de même entre eux».
Cependant, si le Christ «a le désir d’être à table avec nous et nous fait pour cela le don de la purification», il existe «l’obscur mystère du refus», a mis en garde le pape. Il a ainsi cité, Judas, l’apôtre ayant trahi le Christ, dont l’action regrettable se profile le Jeudi saint. Ainsi pour le pape, si «l’amour du Seigneur ne connaît pas de limites», «l’homme peut y mettre une limite».
Le pape a conclu en expliquant le sens du lavement des pieds «les uns aux autres». «Chaque oeuvre de bonté pour l’autre – spécialement pour les souffrants et pour ceux qui sont peu estimés – est un service de lavement des pieds», a-t-il ainsi souligné. Pour le pape, le Seigneur nous appelle à nous «abaisser, à apprendre l’humilité et le courage de la bonté» ainsi que «la disponibilité à accepter le refus et à cependant avoir confiance dans la bonté, et à persévérer en elle».
Mais «se laver les pieds les uns aux autres signifie surtout nous pardonner inlassablement les uns les autres, et toujours recommencer quand bien même cela nous semble inutile», a précisé l’évêque de Rome. «Cela signifie se purifier les uns les autres, en nous supportant réciproquement et en acceptant d’être supportés par les autres».
Douze laïcs
La messe In Cena Domini a commencé à 17h30 dans la cathédrale de Rome, pleine. Après avoir prononcé son homélie, le pape a, selon la tradition, lavé les pieds à douze hommes, cette année des laïcs membres d’associations présentes à Rome comme les «parents catholiques», «Communion et libération», «Sant’Egidio» ou «l’Action catholique». Les fidèles ont trouvé sur leur chaise une enveloppe les invitant à insérer une offrande au profit des victimes de la coulée de boue survenue sur l’île de Leyte aux Philippines en février dernier.
A la fin de la première cérémonie du Triduum pascal, le pape a, comme de coutume, porté les hosties consacrées dans la chapelle du Saint-Sacrement et s’est agenouillé un moment pour un temps d’adoration silencieuse. Aucune hostie ne sera consacrée jusqu’à Pâques, jour de la Résurrection du Christ. (apic/imedia/ar/pr)



