Le pape appelle chrétiens, musulmans et juifs à ?uvrer ensemble

Rome: Messe de minuit et bénédiction Urbi et Orbi

Rome, 26 décembre 2001 (APIC) Le pape Jean Paul II a appelé juifs, musulmans et chrétiens à oeuvrer ensemble pour la paix, lors de la messe de Noël célébrée dans la basilique Saint-Pierre, au cours de laquelle il a déploré les guerres et la misère qui règnent dans le monde. Le lendemain, dans son message de paix adressé au monde, à la traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi et après avoir offert ses voeux en 60 langues, le pape a lancé un appel en faveur des enfants dans le monde, victimes des conflits.

Dès le début de son message lors de la messe de minuit, Jean Paul II a souligné les inquiétudes du monde, «menacé par de sombres nuages de violence et de guerre», alors que le «nouveau millénaire avait commencé avec tant d’espérance».

Le souverain pontife, âgé de 81 ans, a lu son homélie de Noël d’une voix ferme et grave. Il a affirmé que son coeur était «préoccupé et troublé» par «la persistance, dans plusieurs régions du monde, de la guerre, des tensions sociales, des conditions pénibles dans lesquelles vivent tant d’êtres humains». «Nous cherchons tous une réponse qui nous rassure», a-t- il ajouté devant la foule réunie dans l’imposante basilique.

Au cours de la messe, ses messages de prière ont été lus par des fidèles de plusieurs continents en russe, swahili, allemand et philippin. La cérémonie était retransmise en mondovision. «Les juifs, les musulmans, les chrétiens se réfèrent tous à Abraham (…) Puissent-ils faire tout leur possible pour que jamais le nom de Dieu ne soit utilisé pour des oeuvres de mort! Puissent-ils aussi contribuer ensemble à résoudre pacifiquement les problèmes et les tensions liés à la terre, au partage des biens, à la convivialité», a récité en français une fidèle.

Le moment le plus émouvant de la célébration a vu le pape donner sa bénédiction à une douzaine de bambins vêtus de costumes folkloriques. Ils représentaient les cinq continents de la planète. Le pape souriant et attendri les a embrassés sur le front et leur a caressé la joue. La sécurité avait été renforcée pour accueillir les quelque 8’000 pèlerins que la basilique peut contenir. Une fouille des sacs à main était de rigueur ainsi que le passage sous un portique détecteur de métaux.

V?ux en 60 langues

C’est du balcon central de la basilique Saint-Pierre que Jean Paul II a adressé le lendemain, 25 décembre son message de Noël centré sur le thème de la paix et des conflits en Terre Sainte et en Afghanistan. Le pape a ensuite procédé à la traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi après avoir offert ses voeux en 60 langues.

Dans son message, Jean Paul II a invité les chrétiens à découvrir Jésus, qui vient apporter le secret de la paix à l´humanité, dans le petit enfant palestinien, israélien, américain, afghan, tutsi ou hutu.

«Tous les jours, je porte en mon coeur les problèmes dramatiques de la Terre Sainte, a-t-il ainsi affirmé, tous les jours, je pense avec appréhension à tous ceux qui meurent de froid et de faim; tous les jours me parvient le cri plein de tristesse de ceux qui, dans de nombreuses parties du monde, invoquent une plus équitable répartition des ressources et un travail dignement rétribué pour tous».

«Prince de la paix»

Le pape a alors présenté le Christ qui vient de naître comme «le prince de la paix», «celui en qui on peut reconnaître les traits de chaque petit être humain qui vient à la lumière, quelles que soient la race et la nation à laquelle il appartient : c’est le petit Palestinien et le petit Israélien, c’est l’enfant des Etats-Unis et l’enfant d’Afghanistan; c’est le fils du Hutu et le fils du Tutsi. C’est donc tout enfant, ajoute Jean-Paul II, qui pour le Christ est quelqu’un».

C’est devant une place Saint-Pierre remplie de quelque milliers de fidèle et devant les caméras du monde entier que, sous un grand soleil, Jean Paul II a lancé au monde, «oui, avec assurance, nous pouvons affirmer: aujourd’hui avec le Verbe incarné la paix est née ! Paix qu’il faut implorer parce que Dieu seul en est l’auteur et le garant. Paix qu’il faut construire, a-t-il ajouté, dans un monde ou peuples et nations éprouvés par des difficultés nombreuses et diverses, espèrent en une humanité mondialisée non seulement par des intérêts économiques, mais par l’effort constant d’une convivialité plus juste et plus solidaire».

«Que jamais le saint nom de Dieu ne soit utilisé pour justifier la haine», a enfin souhaité le pape sous les applaudissements de la foule. «Que jamais on ne se fasse une raison de l’intolérance et de la violence ! Puisse le doux visage de l’enfant de Bethléem rappeler à tous que nous n’avons qu’un seul père !».

Le pape a conclu par la traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi, manifestant, à la fin, une certaine fatigue probablement due à la longue veille de la nuit de Noël. (apic/zn/imed/ag/pr)

26 décembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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