Appel au respect de la dignité de tous les enfants

Rome: Messe de minuit présidée par Benoît XVI

Rome, 25 décembre 2006 (Apic) Dans son homélie prononcée lors de la messe de Noël, célébrée dans la basilique Saint-Pierre dans la nuit du 24 au 25 décembre, Benoît XVI a lancé un appel pour que «la dignité des enfants soit respectée», prenant ainsi la défense des enfants «qui souffrent», «qui sont soumis à des abus» ou «qui ne sont pas nés». Le pape a également rappelé le sens chrétien de Noël, soulignant la «simplicité» de Dieu fait enfant, et invitant les fidèles à se «donner les uns aux autres».

«Le signe de Dieu est la simplicité. Le signe de Dieu est l’enfant. Le signe de Dieu est qu’Il se fait petit pour nous», a déclaré le pape dans son homélie en italien. «Il ne vient pas avec puissance ni grandeur extérieure. Il vient comme un enfant, a-t-il expliqué, sans défense et ayant besoin de notre aide». «Il ne veut pas s’imposer par la force (.) Il demande notre amour: c’est pourquoi il se fait enfant».

«Il ne veut rien d’autre de nous, si ce n’est notre amour», a insisté le pape. Pour lui, «Dieu s’est fait petit pour que nous puissions le comprendre, l’accueillir, l’aimer». «La Parole éternelle s’est faite petite, a insisté le pape, (.) elle s’est faite enfant».

«Ainsi, Dieu nous enseigne à aimer les petits», a expliqué Benoît XVI. «Il nous enseigne de même à aimer les faibles. Il nous enseigne le respect face aux enfants». «L’enfant de Bethléem, a alors déclaré le pape, oriente notre regard vers tous les enfants qui, dans le monde, souffrent et qui sont soumis à des abus, ceux qui sont nés comme ceux qui ne sont pas nés». «Vers les enfants qui, comme soldats, sont conduits dans le monde de la violence; vers les enfants qui doivent mendier; vers les enfants qui souffrent de la misère et de la faim; vers les enfants qui ne font l’expérience d’aucun amour».

Pour Benoît XVI, en chacun d’eux, «le Dieu qui s’est fait petit nous interpelle». «Prions pour que l’éclat de l’amour de Dieu caresse tous ces enfants, et demandons à Dieu de nous aider à faire ce qui est en notre pouvoir pour que soit respectée la dignité des enfants», a-t-il alors demandé aux fidèles. «Que pour tous jaillisse la lumière de l’amour, dont l’homme a plus besoin que des choses matérielles nécessaires pour vivre».

Dans son homélie, le pape s’est par ailleurs interrogé sur comment «aimer Dieu de tout notre esprit, si nous avons du mal à le trouver avec notre capacité mentale ?» «Comment l’aimer de tout notre coeur et de toute notre âme», comme Il le demande Lui-même, «si ce coeur parvient à l’entrevoir seulement de loin et perçoit tant de choses contradictoires dans le monde qui voilent son visage à nos yeux ?», s’est-il demandé.

Dieu n’est pas inaccessible à notre coeur

Il a alors expliqué que Dieu, en se faisant petit dans l’enfant Jésus, «n’est plus loin», «n’est plus inconnu» et «n’est plus non inaccessible à notre coeur». «Il s’est fait notre prochain, restaurant encore de cette manière l’image de l’homme qui, souvent, nous apparaît aussi peu aimable». «Dieu pour nous s’est fait don», a insisté le pape.

«Noël est devenu la fête des dons, pour imiter Dieu qui s’est donné lui-même à nous», a-t-il alors souligné. «Parmi les nombreux dons que nous achetons et que nous recevons, n’oublions pas le vrai don», a-t-il aussi appelé, celui «de nous donner les uns aux autres quelque chose de nous-mêmes». «De nous donner les uns aux autres de notre temps. D’ouvrir notre temps pour Dieu». Car pour le pape, «ainsi s’évanouit l’agitation. Ainsi naît la joie, ainsi se crée la fête».

Lors de la messe qui a commencé à minuit et s’est finie près de deux heures plus tard, des intentions de prière ont été lues en différentes langues. Les nombreux fidèles assemblés dans la basilique vaticane ont prié en philippin pour les familles, afin qu’elles soient «soutenues dans leur mission par la solidarité sociale et des lois justes», pour que (.) «se consolide en leur sein, le respect réciproque, le soin des enfants, l’attention aux anciens». Une intention en arabe a été dite afin que «Dieu de nos pères, miséricordieux et plein de compassion, donne à tous ceux qui se reconnaissent dans la foi d’Abraham, l’esprit de dialogue, de la compréhension mutuelle et de la collaboration, pour créer des oeuvres de cohabitation pacifique au sein des peuples».

Messe rediffusée dans 44 pays

Les fidèles ont également prié pour «les responsables des nations et des organismes internationaux» afin qu’ils oeuvrent pour la paix et pour «les pauvres» afin qu’ils reçoivent «des gestes concrets d’aide et de réconfort». Puis, ce sont 12 enfants de différents pays et continents, dont la Corée et le Burkina Faso qui, en habit traditionnel, ont porté les offrandes au pape. Quelque 36 cardinaux concélébraient la messe solennelle rediffusée par 77 chaînes de télévision de télévision dans 44 pays. A l’issue de la messe, le pape a été chaleureusement applaudi.

En fin d’après-midi du 24 décembre, Benoît XVI, comme de coutume, était apparu à la fenêtre de son bureau au 3e étage du palais apostolique pour allumer une bougie en signe de paix pour le monde. Il concluait ainsi la cérémonie d’inauguration de la crèche monumentale place Saint-Pierre, conduite par l’archiprêtre de la basilique vaticane, Mgr Angelo Comastri, en présence du secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone. (apic/imedia/ar/bb)

26 décembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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