Rome: Mgr Cordes dénonce les politiques menées en Haïti et en République dominicaine

On ne «tient pas compte des populations pauvres»

Rome, 30 juin 2004 (Apic) Mgr Paul Joseph Cordes a dénoncé les politiques menées en Haïti et en République dominicaine qui ne tiennent pas compte des besoins des populations pauvres. A la suite des inondations qui ont frappé l’île à la fin du mois de mai 2004, le président du Conseil pontifical Cor Unum s’est rendu du 19 au 22 juin en Haïti et du 22 au 25 juin en République dominicaine, à la demande de Jean Paul II.

«Ce peuple n’aura d’avenir que si ceux qui ont le pouvoir font davantage preuve de sensibilité et de responsabilité envers la population», a lancé Mgr Paul Joseph Cordes interrogé par Radio Vatican le 30 juin sur sa visite officielle à Port-au-Prince. «Je pense que la misère est malheureusement la conséquence d’un manque de politique envers la population, (.) d’une politique erronée», a-t-il encore expliqué.

«Je reste vraiment marqué par la pauvreté de ce pays, je pense qu’il n’est pas moins pauvre que les pays les plus pauvres d’Afrique», a en effet affirmé le président du dicastère en charge de la charité du pape. «Si l’on réfléchit sur la situation, on peut peut-être dire que tout cela est la conséquence de la dictature qui a suffoqué la population de ce pays pendant des années», a-t-il poursuivi, dénonçant les Duvalier, Babydoc ou encore le président déchu, Jean-Bertrand Aristide, ancien prêtre salésien, qui ont «exploité les ressources du pays et détruit la liberté de la population et avec elle, son énergie». Espérant que les violentes inondations qui ont fait plus de 2’000 morts et des milliers de sans abris à Haïti créeront «un regain d’attention envers ce pays», Mgr Cordes a souligné le rôle vital de l’Eglise et des prêtres dans le soutien à la population.

Saint-Domingue et Haïti: même misère

A propos de sa visite à Saint-Domingue, capitale de la République dominicaine voisine d’Haïti, c’est le même ton que le prélat a adopté. Pour lui, la catastrophe était déjà prévisible. «Il faut renvoyer la responsabilité aux politiques, ils ne s’intéressent pas à ces choses. Ils ne s’engagent pas à créer des situations stables», a-t-il affirmé. Il a alors cité en exemple la zone à risque de Jimani, dont la population rurale et peu nombreuse ne parvient pas à faire valoir ses intérêts auprès des gouvernants qui, venant pour la plupart d’agglomérations urbaines, ne se sentent pas concernés. «L’Eglise ne cesse pas d’être la voix des plus pauvres, à commencer par celle du cardinal Lopez Rodriguez», a-t-il alors ajouté. (apic/imedia/pr)

30 juin 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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