A l’occasion d’une Conférence internationale à Cracovie
Rome: Mgr Lajolo appelle les chrétiens d’Europe à défendre leur héritage
Rome, 11 septembre 2005 (Apic) Les chrétiens d’Europe doivent s’engager fermement dans la défense de l’héritage chrétien du continent C’est ce qu’a déclaré Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, lors d’une conférence internationale sur ’le rôle de l’Eglise catholique dans le processus d’intégration européenne’, le 9 septembre.
Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, a plaidé pour la défense de l’héritage chrétien en Europe, lors d’une Conférence internationale sur ’le rôle de l’Eglise catholique dans le processus d’intégration européenne’. Cette conférence s’est tenue à l’Académie pontificale de théologie de Cracovie en Pologne, le 9 septembre.
Mgr Lajolo, le ’ministre des Affaires étrangères’ du Vatican constate que les chrétiens forment la majorité de la population européenne (456’581’000 habitants en Europe dont 368’870’000 chrétiens; parmi ceux-ci, 262’690’000 sont catholiques). Il souligne qu’ils nont pas «le poids correspondant à leur nombre» dans les institution. En outre, les chrétiens seraient à peine «tolérés» et victimes du «politiquement correct». «Le poids de la présence des chrétiens, et spécifiquement des catholiques ne peut pas être ignoré sous prétexte d’une soi-disant laïcité de la communauté politique».
Pour contrer cette évolution négative pour les chrétiens, Mgr Lajolo leur a conseillé de se montrer plus «compétents» sur leur foi, en se référant au catéchisme de l’Eglise catholique et à sa doctrine sociale. «Tous ces documents devraient appartenir au bagage culturel minimum de chaque chrétien engagé à un certain niveau» a dit le prélat italien, qui les a invités à être «humblement fiers» d’être chrétiens. Selon Mgr Lajolo, face aux accusations de «fondamentalisme, de cléricalisme, de fidéisme» portées par ceux qui pensent que de tels ’ismes’ sont contagieux», les chrétiens ne doivent pas souffrir d’un «quelconque complexe d’infériorité».
Mgr Lajolo a aussi demandé aux fidèles d’être «intrépides». «Il faut rechercher les voies pour faire passer le message chrétien. Il est nécessaire de favoriser les initiatives pour donner une force sociale aux vraies valeurs et s’opposer aux valeurs illusoires», a-t-il déclaré à Cracovie.
Seul facteur d’unité en Europe, le christianisme
«Le christianisme est l’unique facteur d’unité entre les différents pays d’Europe, divers pas leurs caractères ethniques, linguistiques et culturels», a poursuivi le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats. «L’Eglise est spontanément un facteur d’unité entre les différentes nations». Ainsi, elle peut «inviter l’Europe à une plus grande cohésion sociale, politique et en même temps à respirer à ’deux poumons’ (l’Est et l’Ouest, Ndlr) dans le respect de l’identité propre à chaque nation».
Mgr Lajolo ajoute: » L’Europe n’aurait peut être pas eu à subir l’humiliation du résultat négatif du référendum sur la Constitution européenne» si une attention «adéquate avait été portée à ces exigences fondamentales et aux diverses sensibilités nationales.
Mgr Lajolo a souligné que l’Eglise continuerait à donner «sa contribution spécifique» notamment en matière de droit de la famille, «particulièrement menacé en Europe». Il a alors rappelé la ferme condamnation des unions homosexuelles, «contre-nature», et de la légalisation des mariages homosexuels. «L’Eglise, a-t-il poursuivi, rappelle au respect de la nature, à ne pas discriminer la famille avec un traitement législatif commun pour des relations radicalement différentes. Elle invite à «défendre les jeunes contre le piège dangereux tendu par la possibilité d’unions homosexuelles».
Le christianisme, majoritaire et pourtant discriminé
Le Saint-Siège et Mgr Lajolo ont, à plusieurs reprises, appelé à la lutte contre la discrimination des chrétiens en Europe, en particulier en juin dernier, lors de la Conférence internationale organisée par l’OSCE (l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) sur ’l’antisémitisme et les autres formes d’intolérances’, Lors de cette conférence organisée à Cordoue en Espagne, la délégation du Saint-Siège avait souligné que l’intolérance «ne nuit pas seulement aux groupes religieux minoritaires, mais aussi aux groupes majoritaires».
«Il est notoire que le christianisme représente la religion majoritaire dans beaucoup de pays membres de l’OSCE. Plus encore, c’est un élément qui caractérise l’histoire et marque l’identité, la culture, la vie sociale et les institutions de ses peuples», avait souligné l’archevêque de Tolède, Antonio Canivares Llovera, qui conduisait la délégation du Vatican. «Le relativisme moral – qui ne reconnaît rien comme définitif – ne peut pas être considéré comme une condition de la démocratie», avait-il déclaré.
En décembre 2004, lors de la session plénière de l’OSCE à Sofia, en Bulgarie, Mgr Giovanni Lajolo avait déjà mis en relief le paradoxe de la discrimination chrétienne au sein des pays membres de l’Organisation. Peu avant, il avait aussi rappelé lors d’une conférence à Rome que le Saint- Siège souhaitait voir «condamné ce qu’on appelle la ’christianophobie’, tout comme ’l’islamophobie’ et l’anti-sémistisme’». Et ce, particulièrement depuis la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination et l’intolérance raciale en Afrique du Sud, qui s’est tenue en septembre 2001, (apic/imedia/hy/vb)




