Et assure que le pape est disposé à se rendre à Pékin en 2008

Rome: Mgr Lajolo espère l’établissement de relations diplomatiques stables avec la Chine

Rome, 26 mars 2006 (Apic) Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats espère l’établissement de relations diplomatiques stables avec la Chine. Mgr Lajolo lance aussi un ballon d’essai en direction de Pékin, pour dire que le pape accepterait sans doute une invitation à se rendre en Chine en 2008. L’année des JO à Pékin.

Même si le gouvernement chinois offre «des signes contradictoires», la tendance envers l’Eglise catholique est plutôt «à l’ouverture», a estimé Mgr Giovanni Lajolo, le 25 mars 2006.

Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, dans deux interviews en anglais données au quotidien «South China Morning Poste» et à la télévision hongkongaise I-Cable TV, a exprimé ses attentes et celles du pape envers la Chine, au lendemain de la création d’un nouveau cardinal chinois, Joseph Zen Ze-Kiun.

La nomination du cardinal Zen est une preuve du «grand amour que le pape nourrit envers la Chine», a ainsi déclaré l’archevêque italien. Il s’agit pour lui, d’une reconnaissance «envers les hautes valeurs de la culture et de la tradition chinoise, outre du rôle que la Chine moderne joue dans le monde d’aujourd’hui». «Le pape a confiance dans le fait que ce geste sera correctement compris et d’une certaine façon retourné», a-t-il aussi commenté.

Dans ses deux interviews, Mgr Lajolo a en outre défendu le cardinal Zen, très engagé en faveur de la liberté religieuse en Chine et critiqué pour cela par certains membres du gouvernement chinois, qui voient d’un mauvais oeil ses prises de position publiques, critiques envers la politique de l’empire du Milieu. «Il a simplement agi dans la sphère de la liberté reconnue pour tous», a commenté le haut prélat, et non «interféré dans l’activité législative de l’Etat» ou «manipulé les consciences des citoyens». «La liberté religieuse est un droit fondamental qui ne peut être soumis à aucune limitation politique», a-t-il renchéri.

«A travers des contacts informels, le Saint-Siège a cherché à ramener l’attention sur les besoins de l’Eglise en Chine», a par ailleurs affirmé le diplomate du Saint-Siège. S’il y a «des hauts et des bas dans les échanges» entre les deux Etats, comme il l’a révélé, il s’est montré positif quant à l’évolution des rapports avec la Chine. «Nous espérons une ouverture de la part des autorités chinoises qui ne peuvent ignorer ni les attentes de leur peuple, ni les signes des temps».

«Les temps sont mûrs»

«Les temps sont mûrs», l’attitude de Pékin «n’est pas à la fermeture mais à l’ouverture», a encore affirmé Mgr Lajolo, concernant la mise en place de relations plus stables entre la Chine et le Saint-Siège. Il a cependant souligné que des «signes contradictoires venaient de la Chine», son impression étant que, «tandis que les plus hautes autorités montrent leur volonté de régulariser les relations, aux niveaux intermédiaires, il y a ceux qui marchent contre».

Quoiqu’il en soit, l’archevêque italien a souligné que le Saint-Siège a «toujours clairement dit ce qu’il demandait et ce qu’il était prêt à concéder» comme ce «à quoi il ne pouvait renoncer pour rester fidèle à lui-même». Il a ainsi expliqué que le Saint-Siège était prêt à un transfert «immédiat» de l’ambassade de Taiwan à Pékin. En revanche, il a précisé que «les autorités étatiques» devaient «tenir compte (.) de la constitution essentielle de l’Eglise catholique». «La mission du pape et des évêques est harmonieusement réglée par le Code de droit canon», a suggéré l’archevêque. Il faisait référence à la pression qu’exercent les autorités chinoises sur le Saint-Siège afin de contrôler sur la nomination des évêques chinois, contrairement à la loi de l’Eglise qui confère au pape le pouvoir de nommer seul ses évêques, sans interférence politique.

Concernant une éventuelle visite de Benoît XVI en Chine, Mgr Lajolo a expliqué qu’il fallait «d’abord qu’il y ait les conditions objectives nécessaires» pour cela ainsi qu’»une invitation de la part du gouvernement chinois». Il a cependant confié que le pape nourrit «le grand désir de visiter la Chine». Si «l’invitation du gouvernement chinois arrivait en 2008», c’est-à-dire l’année des jeux olympiques, «je crois qu’il n’hésiterait pas à aller à Pékin», a-t-il même confié.

Depuis le début de son pontificat, Benoît XVI a lancé de nombreux signaux à l’attention de la Chine. En octobre, il avait appelé au Vatican quatre évêques de Chine pour participer au synode des Evêques sur l’Eucharistie. Mais le gouvernement ne leur avait pas donné l’autorisation de s’y rendre. Aujourd’hui, la création du cardinal Zen semble être un nouveau pas du pape pour tenter de rétablir les relations diplomatiques entre le Saint Siège et la République populaire de Chine, rompues en 1951. (apic/imedia/ar/pr)

26 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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