Et ne nie pas les tensions entre le Vatican et le patriarcat

Rome:Mgr Lajolo plaide pour des relations diplomatiques à part entière avec la Russie

Rome, 8 novembre 2005 (Apic) Les difficultés réciproques objectives entre l’Eglise catholique et le patriarcat de Moscou requièrent une étude plus profonde, a estimé Mgr Giovanni Lajolo. De retour de Moscou, le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats a également réitéré son voeu en faveur de relations diplomatiques pleines entre les deux Etats. Il s’exprimait sur les ondes de Radio Vatican, le 8 novembre 2005.

Je suis convaincu «que le patriarche désire, comme le Saint-Siège, que les rapports réciproques soient toujours plus fraternels, ouverts, de confiance», a déclaré Mgr Lajolo interrogé sur sa rencontre avec le Métropolite Kirill, le responsable du Département extérieur du Patriarcat de Moscou, lors de son séjour dans la capitale russe du 26 au 30 octobre 2005. «Il y a des difficultés réciproques objectives qui requièrent une étude plus profonde», a-t-il aussi estimé. Et d’expliquer que «l’instrument de la Commission mixte, instituée il y a quelque temps pour l’examen des divergences, devrait être utilisée avec constance et régularité périodique, sans se laisser décourager par les difficultés occasionnelles», qui sont «inévitables». «Cela ne manquera pas de donner ses fruits», a estimé le diplomate du Saint-Siège.

Suite au voyage en Russie du cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, en février 2004, une commission mixte composée de catholiques et d’orthodoxes a été mise en place pour étudier et trouver des solutions aux points d’achoppement entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise romaine.

Benoît XVI à Moscou: pas le moment

Interrogé sur un éventuel voyage du pape Benoît XVI en Russie, Mgr Lajolo a répondu que «les catholiques russes attendaient le pape», estimant que «sa visite serait un grand encouragement pour eux». Mais cela «ne peut advenir que dans le contexte oecuménique», a-t-il précisé.

Par ailleurs, le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats a estimé qu’il était nécessaire que les relations entre le Saint-Siège et la Fédération de Russie deviennent pleines. «Actuellement, les rapports (entre les deux Etats, ndlr) sont marqués par la présence à Moscou et à Rome de deux missions à caractère spécial, à la tête desquelles il y a respectivement un nonce apostolique et un ambassadeur» qui font «déjà un excellent travail», a-t-il expliqué.

Dans son long entretien en italien avec Radio Vatican, «le ministre des affaires étrangères» du Saint-Siège a également décrit la situation des catholiques en Russie, minoritaires (600’000 fidèles sur 144 millions d’habitants), mais qui manquent de prêtres et sont parfois confrontés à des difficultés face aux orthodoxes. Mgr Lajolo a aussi invité «les grandes communautés catholiques des autres pays» à soutenir l’Eglise catholique en Russie. (apic/imedia/ar/pr)

8 novembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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