L’objection de conscience et le financement de l’Eglise

Rome: Mgr Lajolo souhaite la ratification de deux accords avec la République slovaque

Rome, 25 novembre 2005 (Apic) Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, a affirmé que le Vatican souhaitait la finalisation rapide de deux accords avec la République slovaque, l’un sur le droit à l’objection de conscience, l’autre sur le financement de l’Eglise catholique.

Le «ministre des Affaires étrangères» du Vatican s’est exprimé dans ce sens lors d’un colloque consacré à «la Slovaquie et le Saint-Siège au XXe siècle», organisé à Rome le 24 novembre 2005 par l’ambassade de la République slovaque près le Saint-Siège, à l’occasion du cinquième anniversaire de la signature de l’accord fondamental entre les deux Etats.

Après avoir longuement rappelé l’histoire des rapports entre l’Eglise et le peuple tchécoslovaque puis slovaque, Mgr Giovanni Lajolo a affirmé le souhait du Saint-Siège de voir «finalisés le plus tôt possible» deux accords encore discutés avec les autorités de la République slovaque, sur la base de l’accord fondamental bilatéral de novembre 2000. L’accord signé il y a cinq ans, a expliqué le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, «fait référence à deux accords particuliers, l’un sur le droit à l’objection de conscience, l’autre sur le financement de l’Eglise catholique».

Opposition

Le Saint-Siège et la République slovaque ont signé, le 24 novembre 2000 au Vatican, un «accord fondamental» réglementant la position juridique de l’Eglise catholique et de ses institutions, et assurant sa liberté notamment en matière de culte, de gouvernement pastoral et d’enseignement religieux.

Depuis, les deux parties ont signé un accord sur «l’assistance religieuse aux fidèles catholiques dans les forces armées» en août 2002 et un autre sur l’éducation catholique en juillet 2004. Les deux accords encore en attente soulèvent de nombreuses oppositions dans la classe politique slovaque, surtout celui sur l’objection de conscience.

Un projet de loi âprement discuté au parlement de Bratislava affirmerait que «chacun peut refuser d’agir d’une façon que sa conscience juge contraire à l’enseignement de la foi et de la morale». Une loi qui concernerait alors le service militaire ou les activités de santé, en particulier l’avortement, la procréation artificielle ou assistée, l’euthanasie ou le clonage.

Lors de son intervention le 24 novembre, Mgr Giovanni Lajolo a par ailleurs rappelé qu’»il n’est pas question d’offrir une position privilégiée à l’Eglise catholique, mais plutôt de satisfaire les demandes de justice, (.) et de promouvoir la coopération que l’Eglise désire offrir dans le domaine du développement humain et de la solidarité sociale».

Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats a expliqué que «l’accord fondamental exprime avant tout un désir commun d’établir des fondations solides pour une collaboration fructueuse entre l’Eglise et l’Etat, dans le respect de l’indépendance et de l’autonomie de l’autre».

La République slovaque est née, en 1993, de la scission de la Tchécoslovaquie, créée au lendemain de la Première guerre mondiale. Reçu en audience par Benoît XVI le 17 juin 2005, le président de la République slovaque, Ivan Gasparovic, avait invité le pape à se rendre dans son pays, que Jean Paul II avait visité en 1990, 1995 et 2003. (apic/imedia/ami/pr)

25 novembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!