Rome: Mgr Milingo sera excommunié s’il ne demande pas pardon avant le 20 août.
Une «admonition publique canonique»
Rome, 17 juillet 2001 (APIC) Le Vatican a adressé mardi 17 juillet un ultimatum à Mgr Emmanuel Milingo, qui s’est marié au sein de la secte Moon lors d’une cérémonie collective le 27 mai dernier à New York. L’archevêque catholique sera excommunié s’il ne répond pas avant le 20 août 2001 à «l’admonition publique» publiée par la Congrégation pour la doctrine de la foi.
L’archevêque émérite de Lusaka en Zambie, connu pour ses talents de guérisseur et d’exorciste, avait été muté à Rome en 1993, où il exerçait une fonction auprès du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants. Sentant les pressions vaticanes devenir de plus en plus lourdes – des mises en garde avaient été adressées concernant ses activités de guérisseur attirant des foules de fans – , il s’est laissé recruter par le révérend Sun Myun Moon, chef de l’Eglise de l’unification, une secte d’origine coréenne.
«La Congrégation pour la doctrine de la foi se trouve dans la nécessité de procéder à la mise en garde des fidèles des graves dommages causés par le récent comportement de Mgr Emmanuel Milingo», explique la notification vaticane. Faisant allusion au mariage de l’évêque africain, âgé de 71 ans, avec Maria Sung, une Coréenne de 42 ans, au sein de la secte Moon, le document qualifie cet acte de «comportement grave» vis-à-vis de la communion avec le pape et le collège des évêques.
Impossibilité de communiquer avec le prélat apostat
Précisant l’impossibilité de communiquer avec le prélat apostat, tombé dans les griffes de Moon, la Congrégation lui présente, par cette notification, une «admonition publique canonique», soit un avertissement. En trois points, elle lui demande «de se séparer de Maria Sung, de rompre tout lien avec la secte Moon et de déclarer publiquement sa fidélité à la doctrine et à la pratique ecclésiastique du célibat, ainsi que de manifester son obéissance au pape avec un geste clair et sans équivoque».
Si Mgr Milingo ne répond pas à ces trois points avant le 20 août prochain, la Congrégation pour la doctrine de la foi «procédera à la formulation de l’excommunication réservée au Siège apostolique». Cela signifie que si Mgr Milingo veut revenir sur sa décision après le 20 août, il devra en faire la demande au pape directement.
Moon nie les vérités essentielles du christianisme
Dans un article daté du 7 juillet dernier, la revue des Jésuites italiens «La Civilta cattolica» prouvait que la «vision religieuse de la secte Moon nie toutes les vérités essentielles du christianisme». En adhérant aux idées du mouvement, Mgr Milingo devenait ainsi «hérétique» et faisait en même temps un acte d’apostasie, selon le canon 1364 du code de droit canonique de l’Eglise catholique «encourant une excommunication latae sententiae». «Nous ne pouvons plus qu’espérer que Mgr Milingo revienne sur ses pas, écrivait la revue, et surtout qu’il ne crée pas une Eglise parallèle en Afrique».
L’évêque controversé depuis longtemps s’était mariéé le 27 mai 2001 dans le cadre des mariages collectifs de la secte Moon, à New York. Mgr Milingo avait alors annoncé avoir «pris seul la décision». Il n’exerçait plus de fonction directe au sein de l’Eglise depuis 1983 et avait reçu plusieurs mises en garde du Saint-Siège, la dernière en date remontant au mois d’avril 1996, lui demandant de ne pas exercer son activité de guérisseur sans l’accord des évêques locaux. (apic/imed/mk/be)




