Sous le signe du pardon

Rome: Mgr Sodano a présidé aux obsèques du commandant Estermann et de son épouse

Rome, 7 mai 1998 (APIC) «C’est l’heure du pardon», dans son homélie, lors de la messe d’obsèques le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat, a appelé à la «miséricorde» pour le caporal Cédric Tornay, et souligné le grand exemple de la vie du commandant Estermann, et de son épouse. Seize cardinaux, 30 évêques et 70 prêtres ont concélébré la messe présidée par le cardinal Sodano. Ce dernier a rendu hommage à la Garde Suisse, et renouvelé la confiance du pape en cette institution pour les précieux services. «Le nuage noir d’un jour ne peut obscurcir plus de 500 ans de générosité».

Les deux cercueils en acajou reposaient à même le sol sur un tapis dans l’autel du fond de la basilique Saint-Pierre, derrière le baldaquin consacré au Saint-Esprit. Une escorte de gardes suisses, en grande tenue, avec hallebardes, entouraient les cercueils autour du drapeau de la garde suisse.

«Devant cette mort imprévue et violente qui présentent des aspects émouvants et dramatiques, nous ne pouvons que nous recueillir en silence (…) et nous immerger dans la contemplation de la miséricorde du Père Céleste, qui ne retire jamais une joie à l’un de ses fils, sans lui en donner une plus grande», a relevé le cardinal.

C’est au nom de Jean-Paul II, «spirituellement présent parmi nous pour ce rite sacré», que le cardinal Sodano a exprimé aux familles des victimes les plus vives condoléances et l’assurance de la solidarité chrétienne.

Un exemple

Exprimant toute la compassion pour les parents et pour les familles des époux Estermann, le cardinal Sodano a ensuite rendu un vif hommage à la Garde Suisse en lui adressant une parole de réconfort: «en ce moment difficile, le Pontife vous renouvelle sa confiance et sa gratitude pour ce service précieux que vous accomplissez avec fidélité depuis cinq siècles. Le nuage noir d’un jour ne peut pas obscurcir plus de 500 ans de générosité. Nous sommes tous ici pour vous dire notre sincère appréciation et notre estime. Que cette dure épreuve n’atténue pas votre enthousiasme…»

Le cardinal Sodano a conclu ce passage en appelant les Gardes Suisses à s’inspirer de l’exemple donné par leur commandant Aloïs Estermann: «Son grand exemple de silence, de fidélité, son service continu et généreux au successeur de Pierre et au Saint-Siège. Nous retenons de son exemple une invitation importante pour tous: celle de vivre l’existence comme des serviteurs prêts à partir à tout moment».

Et Mgr Sodano de rappeler: «Il n’avait pas peur de la mort, comme il l’a démontré le 13 mai 1981 quand il a cherché à se servir de son corps comme d’un bouclier pour défendre le Saint-Père». «Il s’agit, a-t-il poursuivi, de célébrer la victoire de l’espérance sur les tourbillons de l’absurde et du désespoir (…) de réagir à la tentation du découragement, de reprendre le chemin de l’espérance».

Avant de conclure, le cardinal Sodano, a confié à la «miséricorde» de Dieu les époux Estermann, mais aussi le caporal Cédric Tornay, invoquant pour lui la miséricorde divine, toujours large dans le pardon pour la fragilité humaine. «La fragilité humaine, nous ne voulons rien ajouter de plus en ce moment parce que c’est l’heure de la prière, l’heure de miséricorde, l’heure du pardon et de l’espérance. Seul Dieu connaît le mystère du coeur humain. A Dieu miséricordieux nous demandons qu’il soit aux côtés de la famille Tornay en cette heure de douleur». (apic/imed/pr)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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