Rome: Mgr Tauran demande une «rigoureuse application» du droit international

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne clairement visés

Rome, 26 mai 2003 (Apic) A moins de deux mois de la fin de la guerre américano-britannique en Irak, le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats est intervenu au cours d’un colloque sur «L’Eglise et l’ordre international», le 24 mai 2003, pour demander une «rigoureuse application» du droit international.

Ce congrès organisé à l’Université pontificale grégorienne en lien avec le Conseil pontifical Justice et Paix, avait notamment pour objectif d’analyser le rôle et la contribution des Eglises chrétiennes dans le contexte international actuel, d’après Radio Vatican».

A moins de deux mois de la fin de la guerre en Irak, Mgr Jean-Louis Tauran a rappelé que «seule une rigoureuse application du droit de la part de tous et en toutes circonstances peut empêcher le plus faible de devenir victime». La paix, a-t-il expliqué, «c’est beaucoup plus que l’absence de conflits. Elle doit s’appuyer sur un ordre social et international, fondé sur le droit et la justice».

Selon le «ministre des «Affaires étrangères» du Vatican, si la communauté internationale avait appliqué ces dernières années le ’corpus’ juridique international dont elle s’est dotée, elle aurait épargné beaucoup d’effusions de sang, faisant une allusion claire à la récente attaque américaine en Irak, déclenchée sans l’aval des Nations Unies.

D’autre part, a poursuivi l’archevêque, la paix et la concorde civile «sont toujours gravement menacées par diverses expressions d’un pouvoir totalitaire». Dans ce domaine, a-t-il expliqué, «l’apport éthique de l’Eglise à l’ordre mondial est un message prophétique. Le pape est lui-même profondément convaincu que les maux qui affligent la société internationale actuelle ne sont pas une fatalité car chacun de nous peut développer en lui son propre potentiel de foi pour remédier à des situations d’injustice et de conflit».

La course à l’armement

En conclusion, Mgr Jean-Louis Tauran a dénoncé la «course à l’armement qui, loin d’éliminer les causes des guerres, risque de les aggraver». C’est pourquoi, a-t-il précisé, le rôle du Saint-Siège en particulier, a toujours été «d’encourager les efforts conduits pour parvenir à un désarmement effectif qui aille plus loin que la dissuasion, fondée sur l’équilibre de la terreur». Pour de telles raisons, a-t-il conclu, l’engagement de la diplomatie vaticane est de convaincre les responsables politiques que la violence et la peur «ne peuvent pas avoir le dernier mot».

Dans un rapport publié récemment, Amnesty international désigne les Etats-Unis, l’Angleterre, l’Italie, la Russie et la France comme les plus gros fournisseurs d’armes dans les pays réputés pour leur non respect des droits de l’homme. Le Canada et le Japon font également bonne figure pour remplir les caisses de l’Etat à coups de ventes d’armes.

Ce congrès sur «L’Eglise et l’ordre international»avait pour fondement l’encyclique de Jean XXIII, «Pacem in terris», dont on fête cette année le 40e anniversaire de la publication. De nombreux spécialistes et personnalités ecclésiales y ont participé, comme le père jésuite Joseph Joblin, ou encore l’archevêque émérite de Canterbury, Georges Carey. (apic/imedia/pr)

26 mai 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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