Etats-Unis: Le Vatican salue l’abandon imminent des poursuites contre le Saint-Siège
Rome n’est pas l’employeur des évêques américains
Louisville, 10 août 2010 (Apic) Trois personnes qui avaient cherché à rendre responsable le Vatican devant les tribunaux américains pour des cas d’abus sexuels commis par des prêtres dans un diocèse de l’Etat du Kentucky, vont abandonner leur plainte. Ces trois hommes avaient été abusés par des prêtres de l’archidiocèse de Louisville.
Ils avaient porté plainte contre le Saint-Siège en 2004, estimant que Rome était responsable du fait que les évêques de l’archidiocèse n’avaient pas empêché que leurs prêtres commettent de tels abus. Ils arguaient que les évêques en charge des prêtres abuseurs étaient des employés du Saint-Siège, argument rejeté par le Vatican. Rome a rappelé que les évêques américains agissaient de façon indépendante, contrôlaient leur propre budget et n’étaient en aucune manière des employés du Saint-Siège.
Les plaintes visaient Benoît XVI mais également le cardinal Tarcisio Bertone et son prédécesseur à la tête de la Secrétairerie d’Etat du Vatican, le cardinal Angelo Sodano. Les plaignants ont demandé lundi à un juge fédéral à Louisville, dans le Kentucky, de classer l’affaire.
Tout en soulignant sa condamnation de l’»horreur» que représentent les abus sexuels sur les mineurs commis par des membres du clergé, le Vatican a qualifié de «bonne nouvelle» l’abandon imminent des poursuites contre le Saint-Siège par les tribunaux américains. Le Père jésuite Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, a déclaré aux journalistes le 10 août que le Saint-Siège était satisfait d’entendre que les plaignants avaient retiré leur plainte.
Le cas est virtuellement classé
L’avocat des plaignants, William F. McMurry, a déclaré à la presse que parce qu’un arrêt précédent d’un tribunal reconnaissait l’immunité du Saint-Siège, il allait renoncer à la poursuite. Le cas est ainsi donc virtuellement classé.
Jeffrey Lena, l’avocat américain chargé de représenter le Saint-Siège dans certaines affaires de pédophilie aux Etats-Unis, affirmait dès avril dernier que les accusations contre le Vatican étaient «complètement sans fondement». Il a déclaré lundi 9 août que la plainte déposée à Louisville était dès le départ dépourvue de bien-fondé. Il a affirmé que la thèse défendue dès 2004 par les avocats des plaignants, notamment qu’il y avait une politique du Saint-Siège pour camoufler les abus sexuels, a induit en erreur le public américain.
Compassion et justice pour les victimes d’abus sexuels
L’avocat du Saint-Siège avait affirmé que le document romain «Crimen Solllicitationis» de 1962, dans lequel il était demandé de maintenir le secret dans les procès de droit canonique contre les prêtres pédophiles ne représentait pas, comme le soutenaient les avocats des victimes, la preuve d’une action de camouflage orchestrée par le Vatican. D’autre part, Jeffrey Lena avait également relevé qu’il n’y avait pas de preuve que l’archidiocèse américain en question avait connaissance du document romain et encore moins qu’il en avait fait usage.
L’avocat a cependant relevé que si la plainte contre le Saint-Siège n’était pas fondée, cela ne signifiait pas que les plaignants eux-mêmes n’avaient pas souffert suite aux abus sexuels dont ils ont été victimes. Le Père Lombardi, tout en saluant l’abandon presque certain de la plainte, a relevé que le Vatican «ne minimise en aucune façon l’horreur et la condamnation des abus sexuels» et fait montre de compassion pour les souffrances des victimes. Il souligne que la justice à l’égard des victimes et la protection des mineurs doivent rester des priorités. (apic/cns/be)



