L’accord, négligé pendant dix ans, est en bonne voie

Rome: Négociations Saint-Siège-Israël

Rome, 5 décembre 2004 (Apic) Pour l’Ambassadeur d’Israël auprès du Saint- Siège, les négociations avec le Saint-Siège en vue d’un accord juridique et financier ont bien avancé. En outre, l’organisation conjointe israélo- palestinienne de futurs pèlerinages vers la Terre Sainte sera bientôt en discussion

Selon l’ambassadeur d’Israël auprès du Saint-Siège, Oded Ben-Hur, les négociations en vue d’un accord juridique et économique entre Israël et le Saint-Siège «ont bien avancé». Si deux des trois points de l’accord ont été résolus ou presque, lors des huit séances de négociation depuis juillet 2004, il y manque encore un élément. Il s’agit de la question de la soumission ou non de l’Eglise catholique à la justice israélienne.

Cet accord juridique et financier a été «négligé pendant dix ans», a déclaré Oded Ben-Hur à une poignée de journalistes, lors d’un point-presse dans son bureau de l’ambassade, le 3 décembre 2004. Par «manque d’autorité et de bonne volonté de la part du gouvernement israélien». Depuis juillet 2004, les deux parties se sont rencontrées huit fois, montrant ainsi «le sérieux et l’intention réelle» d’arriver à un accord. «Ce qui manquait auparavant», a-t-il confié à l’Apic à Rome.

En ce qui concerne la propriété et la fiscalité des instituts et institutions ecclésiaux en Israël, les deux parties sont arrivées à un accord, à quelques exceptions près. «Et la liste des doléances était longue», a lancé le diplomate israélien, expliquant qu’il a fallu traiter un à un chacun des litiges territorial ou fiscal (imposition locale et sur la propriété) avec le gouvernement israélien, concernant les monastères ou écoles et hôpitaux catholiques ou instituts religieux. Sur ces deux points, une bonne partie de l’accord final a déjà été formulé par écrit, a-t-il affirmé.

L’ambassadeur «optimiste mais prudent»

En revanche, le troisième volet des négociations porte sur l’éventuelle soumission de l’Eglise catholique au système judiciaire israélien. Lors des discussions des 1er et 2 décembre 2004 à Jérusalem, le conseiller légal du gouvernement a participé en personne aux travaux, a affirmé l’ambassadeur Ben-Hur, qui se dit «optimiste mais prudent» quant à l’évolution de ces dernières discussions. La loi actuelle, qui remonte aux années 1920, avant la fondation de l’Etat d’Israël, donc sous mandat britannique, stipule que le tribunal s’abstient de juger des questions religieuses. Le prochain tour des négociations aura lieu les 15 et 16 décembre prochain.

Interrogé ensuite sur le problème d’obtention de visas de la part de religieux résidant en Terre Sainte, l’ambassadeur israélien a confirmé aux journalistes que «le problème est désormais résolu», en particulier depuis la visite au Vatican, le 14 septembre dernier, du ministre israélien de l’Intérieur Avraham Poraz.

Quant à la question du Cénacle – chambre haute de la dernière cène du Christ pour les chrétiens -, il a été décidé il y huit mois, a confié le diplomate, de sortir cette question des négociations actuelles entre le Saint-Siège et le gouvernement israélien, pour la résoudre ultérieurement. C’est lors de la visite de Jean Paul II en Terre Sainte en mars 2000 que l’Eglise avait demandé au gouvernement israélien de lui céder la propriété de ce lieu de culte chrétien. Pour tous les autres lieux saints de Jérusalem, le Saint-Siège continue à demander un statut international garanti.

«On entrevoit la lumière après 4 ans d’intifada»

«On entrevoit la lumière au fond du tunnel après quatre ans d’intifada», a par ailleurs déclaré le diplomate israélien, parlant de «changements notoires» dans les relations avec les autorités palestiniennes après la mort de Yasser Arafat. Il s’est réjoui en particulier de l’accord qu’il a qualifié d’ «historique», la semaine dernière, entre les ministres israélien et palestinien du tourisme, afin de promouvoir un retour des pèlerins en Terre Sainte.

L’ambassadeur Ben-Hur se penchera à mi-décembre, avec les deux ministres respectifs du tourisme, à Rome, sur l’organisation de futurs pèlerinages vers la Terre Sainte. Ceci en collaboration avec la Conférence épiscopale italienne et l’Opera Romana Pellegrinagi (agence de voyage liée au Vatican). Si le nombre de touristes n’était que de 3’500 en 2003, il devrait approcher les 20’000 cette année, espère le diplomate, qui a également demandé une audience papale pour les deux ministres. Un projet touristique d’une grande envergure pourrait relancer l’économie, aussi bien pour le peuple palestinien que pour les Israéliens, a-t-il souligné.

Par ailleurs, sur le plan médiatique, Telepace, la télévision italienne qui retransmet toute l’activité du pape (audiences et voyages), devrait prochainement ouvrir un bureau à Jérusalem (apic/imedia/bb/vb)

5 décembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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