Il succède au cardinal Martini: une première dans l’histoire récente
Rome: Nomination attendue du cardinal Dionigi Tettamanzi à la tête du diocèse de Milan
Rome, 11 juillet 2002 Le cardinal Dionigi Tettamanzi, archevêque de Gênes en Italie, succédera au cardinal Carlo Maria Martini à la tête du diocèse de Milan, le plus grand d’Europe, a indiqué jeudi 11 juillet la salle de presse du Vatican. Milanais d’origine, le cardinal Terramanzi est âgé de 68 ans. Aujourd’hui, une autre interrogation s’insinue à Rome et à Gênes: Qui succédera dans sa ville au cardinal Tettamanzi?
Cette nomination était particulièrement attendue, depuis la démission du cardinal Martini. Ce dernier a du reste décidé de s’installer à Jérusalem pour reprendre ses études de la bible qu’il avait dû abandonner quand il avait été nommé à Milan il y a 23 ans.
C’est la première fois, dans l’histoire récente, qu’un cardinal italien est déplacé d’un siège à un autre.
Le nom du cardinal Dionigi Tettamanzi est celui qui circulait le plus fréquemment, en Italie, pour succéder à la figure charismatique du cardinal Martini. Même si les deux hommes sont connus pour avoir des tempéraments et une approche pastorale différents, leur popularité est grande parmi leurs compatriotes. Tous deux font partie des possibles «papabili» pour succéder à Jean Paul II.
Cette annonce met fin à plusieurs mois de pronostics sur le nom du successeur du cardinal Martini. Quelques jours à peine après que l’archevêque de Milan ait passé l’âge de la retraite vaticane 75 ans, le 15 février dernier -, ses prêtres et ses laïcs avaient exprimé leur désir de pouvoir faire part à Jean Paul II du «profil» requis par le successeur de leur archevêque.
Cette réunion a eu lieu en mars, suite à laquelle avait été établi un «identikit» du parfait archevêque de Milan. Depuis, ces derniers mois, plusieurs noms ont circulé, et parmi eux le cardinal Dionigi Tettamanzi, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques – et à ce titre, chargé de la nomination des évêques – ou encore Mgr Renato Corti, ancien vicaire du cardinal Martini.
Créé cardinal lors du Consistoire du 21 février 1998, le cardinal Tettamanzi est né à Milan le 14 mars 1934. Il a été ordonné prêtre le 28 juin 1957, par Mgr Giovanni Battista Montini, le futur pape Paul VI.
«Papabile»
Il est particulièrement connu pour avoir publié des ouvrages de morale fondamentale sur le mariage et la famille, la sexualité, la bioéthique, ou encore sur la dignité de la femme. Le nouvel archevêque de Milan s’est également fait remarquer par ses interventions énergiques à l’occasion du G8 qui s’est déroulé dans sa ville en juillet 2001.
Son nom circule en outre parmi les «papabili» italiens éventuels, notamment parce qu’il apparaît comme une voie médiane entre les deux cardinaux italiens qui fascinent le plus, le cardinal Martini, considéré comme progressiste, et le cardinal Biffi, archevêque de Bologne, présenté quant à lui comme conservateur.
Le cardinal Martini devrait quitter le diocèse qu’il dirigeait depuis 23 ans en septembre prochain, restant «administrateur apostolique» jusqu’à l’arrivée de son successeur. Il a souvent fait part de son désir de prendre sa retraite à Jérusalem, ces dernières années. Il avait par ailleurs annoncé, en février dernier, qu’il était atteint de «parkinsonisme».
Qui succédera à Gênes au cardinal Tettamanzi?
Il est rare qu’un cardinal archevêque soit déplacé d’un diocèse à un autre. Le transfert du cardinal Tettamanzi à Milan est le premier, dans l’histoire récente, d’un cardinal italien. Il laisse donc vacant le siège de Gênes, pour lequel les pronostics se font déjà. Le nom qui circule le plus est celui de Mgr Cesare Nosiglia, auxiliaire du cardinal Camillo Ruini, vicaire du pape pour le diocèse de Rome.
Plutôt petit, un physique de prélat bon vivant, il évoque chez les Italiens l’image du pape Jean XXIII, en raison de sa manière débonnaire de prêcher, tout en abordant des thèmes profonds et en lançant des messages solides, et pour ses qualités de médiateur.
Il a participé à différents synodes des évêques au Vatican et il est membre des congrégations vaticanes pour la doctrine de la foi, pour les Eglises d’Orient, pour le clergé et pour l’éducation catholique, ainsi que du Conseil pour les communications sociales. Le cardinal Tettamanzi est considéré comme étant très proche du cardinal Giovanni Battista Re. (apic/imedia/ag/pr)



