Rome: Note destinée aux conférences épiscopales sur la santé reproductive des réfugiés

«Réfugiés, plaie typique des déséquilibres du monde»

Rome, 8 novembre 2001 (APIC) «La santé reproductive des réfugiés», tel est le titre d’une note destinée aux conférences épiscopales qui a été publiée le 8 novembre par trois Conseils pontificaux : pour la pastoral de la santé, pour les migrants et les itinérants et pour la famille. Cette note a été écrite en réaction à la publication par l’ONU et l’OMS, en 1999, d’un document intitulé «inter agency field manual on reproductive health in refugee situations» et dans lequel de nombreux points appellent «des commentaires et des réserves» de la part de l’Eglise catholique, particulièrement sur le thème de contraception.

La tragédie des réfugiés «constitue une plaie typique et révélatrice des déséquilibres et des conflits du monde contemporain», affirme la note composée de cinq chapitres, tout en expliquant que «l’Eglise catholique ne peut pas ne pas entendre le cri des plus pauvres, des plus faibles, de ceux qui ne peuvent pas intervenir dans les décisions qui sont prises à leur sujet».

Et c’est pour cette raison que le Saint-Siège, par le biais des trois Conseils pontificaux, a choisi de réagir au «Field Manual». «Le Field Manual, affirme en effet la note, diffuse des anti-valeurs qui offensent la dignité des populations les plus pauvres et les plus vulnérables par des propositions concernant la limitation des naissances, le concept non responsable des rapports sexuels et même l’avortement. Nous sommes en face d’une courant de pensée que l’on peut qualifier d’utilitariste et de néomalthusien».

Au contraire, est-il précisé, «la note propose un ensemble plein d’espérance, différent de celui exposé dans le Field Manual ; elle fait une proposition pastorale ad hoc qui se base sur l’amour pour les réfugiés et qui respecte totalement la vérité morale et la dignité des consciences personnelles».

«Le Saint-Siège, l’ONU et la santé reproductive»

Dans le premier chapitre intitulé «Le Saint-Siège, l’ONU et la santé reproductive», la note explique ses intentions vis-à-vis du HCR. «Tout en appréciant les principes qui guident le HCR, affirme-t-elle en effet, le Saint-Siège ne peut se dispenser de manifester ses réserves lorsque les modalités de l’assistance accordée, ou même les moyens utilisés, sont susceptibles de causer des graves préjudices à la dignité de la personne et à sa vie comme le reconnaît la raison humaine et comme l’enseigne la morale catholique».

C’est après le deuxième chapitre sur «l’Amour de l’Eglise pour les réfugiés» que le Saint-Siège présente «les points préoccupants dans le Field Manual».

La note se préoccupe ainsi particulièrement de la proposition du Field Manual de recourir «sans réserve, après des rapports sexuels forcés, à la ’pilule du lendemain’, présentée comme contraceptive». La note signale par ailleurs que le Field Manual «considère la stérilisation comme une simple ’contraception’». «En outre, précise-t-elle encore, on ne peut accepter la séparation qui est présentée entre sexualité et procréation.

Concernant par ailleurs les adolescents réfugiés, la note explique que «au lieu d’être éduqués au véritable amour, dans la perspective du mariage et d’une future famille, ces garçons et ces filles sont introduits dans l’univers du plaisir sexuel individualiste et irresponsable qui augmente le risque de développement de l’épidémie du VIH/SIDA. Le Field Manual, poursuit-elle, se contente de proposer le préservatif au lieu de promouvoir une éducation des jeunes à une procréation responsable, qui serait la véritable voie pour une prévention durable de cette infection.

Avortement, méthode de contrôle des naissances?

La note fait enfin part de son inquiétude liée à un point présenté dans le Field Manuel, et qui est la présence «dans le milieu des réfugiés, de matériel permettant de réaliser des avortements» alors que ce même Field Manuel spécifie que «en aucun cas, l’avortement ne doit être promu comme une méthode de contrôle des naissances».

Le quatrième chapitre est consacré à «l’approche pastorale» et comprend un appel aux organismes, placés sous la responsabilité des Conférences épiscopales de manière à ce qu’ils «fassent preuve, dans leur fidélité au Christ, d’un respect particulier pour les réfugiés et de leur droits, quelles que soient les conditions de vie ou la religion de ces réfugiés et ils doivent susciter, par leur exemple, l’attention et le respect chez les personnes qui assistent les réfugiés».

Enfin dans le dernier chapitre fait allusion à des «problèmes pastoraux spécifiques» et demande particulièrement aux «pasteurs d’âmes d’offrir au personnel sanitaire en service auprès des réfugiés une aide spirituelle spécifique». Ils travaillent dans des conditions de travail difficiles, dans une langue souvent étrangère, et «tout cela, précise la note, pourrait les porter à négliger les exigences de la vérité morale. Ils peuvent être ainsi tentés d’appliquer aux réfugiés des moyens qui leur paraissent plus simples et plus expéditif».

Le Fond des Nations Unies pour la population crée dans les années soixante et qui a participé à la réalisation du Field Manual, vient d’annoncer qu’elle avait envoyé, dans les camps de réfugiés du Pakistan, des «reproductive health kits» composé d’un morceau de plastique stérile sur lequel les femmes peuvent accoucher, d’un rasoir et d’un fil stérile pour le cordon ombilical, de savons, de préservatifs, de pilules, de stérilets et d’une machine destinée à nettoyer l’utérus après une fausse-couche et que le Saint-Siège redoute de voir utilisé comme moyen de contraception par le biais de l’avortement. (apic/imed/mk)

8 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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