120 pages pour la compréhension et

Rome: nouveau document sur les études bibliques (251193)

l’utilisation de l’Ecriture dans l’Eglise

Rome, 25novembre(APIC) Un siècle après «Providentissimus Deus» de Léon

XIII, cinquante ans après «Divino aflante Spirito» de Pie XII, deux encycliques qui ont exprimé la position catholique sur les études bibliques,

vient de paraître un nouveau document romain intitulé «L’interprétation de

la Bible dans l’Eglise». Un texte axé sur la dimension communautaire et sur

l’actualité perpétuelle de ce don de Dieu qu’est la Bible.

S’il ne s’agit pas cette fois d’une encyclique, mais d’une plaquette de

120 pages rédigée par la Commission biblique pontificale. On aurait cependant tort de sous-estimer l’importance du document, commente-t-on à Rome.

La préface a été écrite par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la

Congrégation pour la doctrine de la foi, Ce document avait fait l’objet

d’une allocution du pape prononcée le 23 avril dernier.

La plaquette, divisée en quatre parties, se penche sur tous les aspects

de l’effort nécessaire pour parvenir de nos jours à la compréhension et à

l’utilisation de l’Ecriture dans l’Eglise.

Le document passe d’abord en revue les méthodes et les approches au service de l’interprétation, mettant en valeur surtout la méthode historicocritique, mais aussi les nouvelles perspectives d’analyse (rhétorique, narrative, sémiotique), les approches traditionnelles, l’utilisation des

sciences humaines, les analyses contextuelles et la lecture fondamentali-s

te.

La seconde partie s’engage dans l’herméneutique, dont elle souligne

l’utilité pour saisir le sens du texte, et s’explique sur les sens traditionnel, littéral, spirituel et plénier.

Les dimensions caractéristiques de l’interprétation catholique, qui figurent dans la troisième partie, expliquent le rapport complexe entre

l’Ecriture et l’Eglise: lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament, formation du canon, exégèse patristique, la tâche de l’exégèse et son apport

avec les autres disciplines théologiques.

La dernière partie concerne la vie concrète de l’Eglise, porte sur l’actualisation, l’inculturation et l’usage de la Bible dans la liturgie et la

pastorale, mais aussi pour l’oecuménisme.

Chaque thème abordé par le document, qui ne craint guère de citer des

auteurs modernes ou controversés, est résumé dans ses bénéfices et ses limites, avec une conclusion et une clarté remarquable, souligne-t-on à Rome.

En faisant remarquer que trois aspects sont à mettre en lumière: l’accès à

l’Ecriture n’est pas immédiat. Il exige la médiation d’une étude, et donc

un effort; la Bible ne peut faire l’objet d’une lecture individualiste:

c’est en Eglise, avec l’Eglise et pour l’Eglise qu’elle est lue; il faut se

méfier des tendances fondamentalistes, qui connaissent un regain d’actualité et qui caractérisent les sectes. La multiplication des mises en garde

met en lumière la naïveté du désir de lire des textes écrits il y a deux ou

trois millénaires avec les catégories et les préjugés d’aujourd’hui. (apicsv/pr)

25 novembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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