La réconciliation pour libérer la mémoire des rancoeurs

Rome: Nouvel ambassadeur de Bosnie-Herzégovine auprès du Saint-Siège reçu par le pape

Rome, 29 février 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II a encouragé la Bosnie- Herzégovine à poursuivre sur son chemin de paix et de justice et a insisté sur la nécessité de la démocratie et de l’unification dans ce pays en reconstruction, en recevant vendredi Miroslav Palameta, le nouvel ambassadeur de Bosnie-Herzégovine près le Saint Siège.

«Pour garantir les droits des individus et des groupes, une égalité effective de tous devant la loi et le respect concret du prochain sont indispensables», a déclaré le pape au nouvel ambassadeur venu lui présenter ses lettres de créance.

Le pape a alors rappelé à cet égard l’opportunité de créer les conditions «d’un pardon sincère et d’une authentique réconciliation», en libérant la mémoire «des rancoeurs et des haines résultant des injustices subies, et des préjudices construits artificiellement». Il a insisté sur la nécessité de la collaboration effective et de l’engagement sérieux de toutes les composantes de la société dans cette tâche, et notamment de l’Eglise et de l’Etat.

Si le pape a reconnu que la Bosnie-Herzégovine devait faire face à de vrais défis sur les plans économique, politique et social, il a aussi encouragé la mise en place de structures véritablement démocratiques, garantissant à chacun des peuples du pays ses droits et ses devoirs de façon égalitaire. Tel est le défi d’une société multiethnique, multireligieuse et multiculturelle, qui est celui de la Bosnie-Herzégovine, a-t-il ajouté.

Jean Paul II a également abordé le problème, qui requiert une réponse urgente, des réfugiés et des exilés de certaines provinces comme Banja Luka ou Bosanska Povina. «Leur souffrance interpelle notre solidarité», s’est-il exclamé, qualifiant leurs attentes – de retour dans leurs terres – de «légitimes».

Le pape a enfin conclu son discours en évoquant le processus d’intégration de la Bosnie-Herzégovine à l’Europe, dont la construction se fait dans le respect de chacune des traditions culturelles et dans son engagement pour la justice et pour la paix dans l’Europe et dans le monde.

Loi et liberté religieuse

Dans son discours d’introduction au pape, Miroslav Palameta, rappelant l’attachement de Jean Paul II – comme de nombreux de ses prédécesseurs – à la terre de Bosnie-Herzégovine, et les actions du Saint- Siège en faveur de la paix, avait établi un bilan de la situation de son pays.

Il s’est notamment arrêté sur la loi – récemment approuvée par le parlement – sur la liberté religieuse et sur le statut juridique des communautés religieuses, qui garantirait pour la première fois la légalité aux Eglises et aux communautés religieuses de Bosnie-Herzégovine, et qui définirait précisément les sphères religieuse et étatique. (apic/imedia/pr)

29 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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