Vaines promesses israéliennes concernant la Nativité à Bethléem

Rome: Nouvel appel du pape à prier pour la Terre Sainte

Rome, 10 avril 2002 (APIC) Le pape Jean Paul II a lancé mercredi 10 avril un nouvel appel à prier pour la Terre Sainte, devant 17’000 fidèles réunis sur la place Saint-Pierre pour l’audience générale du mercredi. Il venait de recevoir une lettre du président de la République d’Israël, Moshé Katsav, lui assurant que l’armée israélienne ne violerait pas le territoire ecclésial de la basilique de la Nativité à Bethléem. Peu de temps après, un moine arménien était grièvement blessé dans la basilique par un tir israélien.

«Je vous invite tous à vous unir à moi dans la prière pour implorer la paix en Terre Sainte», a lancé le pape. «Demandons à la Sainte Vierge d’intercéder pour que réussissent les différents efforts menés de toute part pour surmonter la situation tragique dans laquelle tombent ces populations tant éprouvées».

Datée du 9 avril et rendue publique à Jérusalem, une lettre du président de la République d’Israël est parvenue au Vatican pour rassurer le Saint-Siège sur la sécurité des lieux saints, se référant en particulier à la basilique de la Nativité où sont réfugiés depuis plusieurs jours 200 Palestiniens, dont certains sont armés, alors que vivent actuellement dans le couvent une trentaine de franciscains, quatre religieuses, cinq moines grecs-orthodoxes et dix moines arméniens orthodoxes.

Le président Katsav fustige les Palestiniens

«Tous les membres des forces armées israéliennes ont reçu l’ordre de ne pas tirer ou violer la sainteté des territoires ecclésiaux», peut-on lire dans la missive en anglais qui souligne par ailleurs que «les Palestiniens, pour leur part, ont à plusieurs reprises désacralisé la sainteté des églises sous leur juridiction, abusant ainsi des Lieux Saints en les utilisant comme base de leurs opérations».

Abordant le cas particulier de la basilique de la Nativité, le président israélien «assure scrupuleusement que la basilique n’est pas en train de devenir le foyer central des hostilités. Alors que des opérations militaires ont lieu dans ses environs, la basilique reste intouchée par les forces armées israélienne, écrit-il, malgré la présence confirmée à l’intérieur du sanctuaire des terroristes armés du Hamas, de la Jihad islamique et du Tanzim».

Israël affirme qu’il ne va pas utiliser la violence: les faits disent le contraire

Moshé Katsav rappelle que le principal objectif israélien et bien «d’extirper de l’église ces terroristes armés, sans violence». C’est pourquoi «nos force armées continuent de les empêcher d’entreprendre toute action qui puisse nuire à l’Eglise et au clergé». Du fait de «la présence de terroristes extrêmement dangereux dans la Basilique qui constitue un grave danger pour la sécurité publique», écrit le président israélien, «nous n’avons pas d’autre choix que de maintenir notre présence dans les environs immédiats». Israël veut ainsi «empêcher les terroristes palestiniens armés de s’échapper et de continuer leurs actions sanguinaires».

La promesse de ne pas utiliser la violence contre la basilique et ses occupants est démentie par les faits: outre le moine touché aujourd’hui par des tirs israéliens, un jeune policier palestinien tentant d’éteindre un incendie provoqué dans le complexe de la basilique de la Nativité par un tir de grenade israélien a été abattu aux premières heures lundi matin et les Israéliens ont empêché l’évacuation de son cadavre.

«Les Etats-Unis se réveillent enfin!»

Le directeur de Radio Vatican, le Père Pasquale Borgomeo, regrette pour sa part l’intervention tardive des Etats-Unis. «Enfin, les Etats-Unis se réveillent» a-t-il déclaré le 9 avril sur les ondes de la radio. «Un peu tard, certes, mais mieux vaut tard que jamais, à condition que cette intervention soit incisive et, je dirais même, d’une réaction proportionnelle à la gravité de la situation». Quant au drame qui se déroule à Bethléem, le jésuite le compare à «une parabole douloureuse du drame israélo-palestinien dans son ensemble», à savoir «un appel à l’aide mais aussi un reproche cuisant à l’attitude fuyante et aux omissions de la Communauté internationale». (apic/imedia/be)

10 avril 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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