Rome: Objectifs et enjeux du Synode pour l’Amérique

Vers une «nouvelle vision de l’Eglise» pour l’Amérique

Rome, 17 novembre 1997 (APIC) Mettre en pratique une «nouvelle vision» de l’Eglise en Amérique, qui passe par «une plus grande collaboration Nord-Sud» mais aussi par «la conversion personnelle»: tels sont les objectifs principaux que se sont fixés les 250 évêques et experts réunis à Rome du 16 novembre au 12 décembre pour l’Assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Amérique. La réunion pourrait déboucher sur un nouvel appel pour la réduction de la dette internationale.

Le thème du Synode est «La rencontre avec Jésus-Christ, vivant chemin pour la conversion, la communion et la solidarité en Amérique». C’est la première fois depuis le début de l’évangélisation en Amérique que les 24 Conférences épiscopales du nord au sud de l’Amérique (soit la moitié des catholiques du monde) se réunissent ainsi à l’appel du pape en vue de préparer le troisième millénaire.

Après la messe d’ouverture le 16 novembre, une première séance de travail a permis de lancer les travaux. Une conférence de presse, le 17 novembre en milieu de journée, a permis aux cardinaux Roger Michael Mahony, archevêque de Los Angeles, et Juan Sandoval Iniguez, archevêque de Guadalajara (Mexique) et à cinq autres évêques, de rendre compte des premiers pas de ce Synode.

«Nous ne parlons plus des Amériques mais de l’Amérique», souligne pour sa part, le cardinal Mahony. Ce Synode est très important parce que nous abordons une nouvelle vision de cette partie du monde. Il lui semble également que les Pères synodaux ne vont pas tant «se focaliser sur les problèmes existants», bien qu’ils seront traités «de façon réaliste», mais sur les voies à parcourir pour réaliser une «collaboration plus proche», un «nouveau sens de la collaboration» dont, estime le cardinal Mahony, «nous n’avons pas encore réalisé le grand potentiel. Nous avons en effet beaucoup à apprendre les uns des autres», conclut-il.

Même insistance sur «l’unité» que «nous devons manifester», de la part du cardinal Juan Sandoval Iniguez. Pour lui, «le problème de fond n’est pas seulement la question sociale et celle de la pauvreté, mais celle de l’évangélisation».

La dette extérieure en première ligne

Parmi les premières interrogations figurant au rang de la question sociale, vient le problème de la «dette extérieure» qui accable les pays en voie de développement. Jean Paul II demande qu’un geste significatif soit accompli pour la réduire, voire l’annuler, dans la perspective du Jubilé de l’an 2000, anniversaire de la naissance du Christ. Interrogé sur ce thème, lors de la conférence de presse, le président du CELAM (Conférence des épiscopats d’Amérique Latine), Mgr Andrès Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa (Honduras) a confirmé que la «dette extérieure sera l’un des arguments centraux de ce Synode, tout comme la question de l’injustice sociale et des grandes inégalités entre le Nord et le Sud». Il a noté que de nombreuses rencontres avaient déjà eu lieu entre le CELAM et les responsables des banques de développement, mais que le «dialogue n’était pas facile» sur la question de la dette extérieure. «Nous devons donner une contrepartie, a-t-il affirmé, qui est la lutte contre la corruption, car une grande partie de l’endettement résulte de la corruption».

Interrogé sur le même thème, le cardinal Mahony, a observé que l’un des problèmes fondamentaux de la résolution de la dette internationale, «un problème éthique énorme», venait de la «corruption qui détourne les aides et ralentit le développement», mais qu’il fallait tout faire pour parvenir à un «nouveau millénaire sans dette» de la part des pays pauvres vis-à-vis des pays riches.

Pourquoi si tardivement?

Pourquoi l’Eglise présente en Amérique a attendu la fin du second millénaire pour se réunir de cette manière? Mgr Luciano Pedro Mendes de Almeida, archevêque de Mariana (Brésil), a fait remarquer que les «évêques et les prêtres n’ont pas attendu ce Synode pour se rencontrer d’autant qu’il y a beaucoup de missionnaires orginaires des Etats-Unis en Amérique Latine, et beaucoup de ressortissants d’Amérique latine qui s’installent aux Etats-Unis. Les rapprochements ne sont pas toujours faciles mais ces phénomènes nous obligent à ne pas travailler seul et à penser les problèmes de façon beaucoup plus large». Il a ajouté, en conclusion : «Il ne s’agit pas pour nous de créer une super-structure mais de nous mettre au service de la communion et de trouver les voies concrètes de celles-ci».

Les Pères synodaux vont dès à présent entrer dans la première phase de dix jours du Synode où chacun d’entre eux va délivrer un court message à l’attention de l’Assemblée. Une seconde phase de synthèse suivra cette première partie, qui débouchera ensuite sur la rédaction d’un message final et d’une liste de propositions remise ensuite au pape, base de la rédaction d’une exhortation apostolique. (apic/imed/pr)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!