Les ambassadeurs de l’OTAN convoqués au Vatican

Rome: Offensive diplomatique du Saint-Siège pour le Kosovo

Rome, 30 mars 1999 (APIC) En convoquant au Vatican une vingtaine d’ambassadeurs des pays membres de l’OTAN et du Conseil de Sécurité des Nations Unies, pour débattre de la situation au Kosovo, le Saint-Siège a accompli mardi une démarche diplomatique exceptionnelle. Le Secrétaire d’Etat, le cardinal Sodano, souhaite ainsi apporter une contribution au rétablissement de la paix dans la région. Le même jour le cardinal a reçu l’ambassadeur de la République yougoslave Dojcilo Maslovaric.

«Nous résisterons jusqu’à la fin», a affirmé l’ambassadeur yougoslave dans une interview accordée au quotidien italien «Il Messaggero». D. Maslovaric assure que les Serbes sont en train de «protéger l’Europe des quelques dirigeants de l’OTAN qui décident de son destin et de celui des Balkans». «Au Kosovo, les terroristes de l’UCK, armés et formés par l’OTAN, attaquent l’armée et la police. Il est juste que nous nous défendions».

De son côté, Jean Paul II a reçu le 29 mars le président de la République italienne Oscar Luigi Scalfaro, toujours sur le même sujet, en accord avec le président du Conseil italien Massimo d’Alema. D’après «Il Messaggero», le pape et le président italien se sont mis d’accord sur le fait qu’»il faut redonner à l’ONU son rôle central, et à l’Europe un rôle actif de paix».

Jean Paul II avait déjà évoqué le rôle de l’ONU et celui de l’OTAN dans le cadre de la guerre au Kosovo quelques heures auparavant en recevant le président de la 53ème Session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Didier Opertti, ministre des Affaires étrangères de l’Uruguay.

Au Vatican, il est question par ailleurs d’un message du patriarche orthodoxe serbe Pavle, qui devrait être remis à Jean Paul II le 31 mars par l’ex-Premier ministre russe Gaidar, celui-ci devant être reçu au Vatican par le cardinal Angelo Sodano avec deux autres ex-ministres russes. La presse italienne rend compte en attendant de l’appel lancé le 29 mars par le patriarche serbe sur la télévision yougoslave, demandant «à tous les pays du monde», de «faire leur possible pour arrêter les bombardements», et aux autorités serbes de «s’engager pour arriver à la paix».

Enfin, interrogé par le quotidien italien «Avvenire» du 30 mars, l’archevêque catholique de Belgrade, Mgr Frank Perko, affirme pour sa part avoir «grande confiance» en ce que fait la diplomatie vaticane et en ce que tentera de faire le russe Primakov». Mgr Perko parle de «beaucoup d’intérêt» et d’une «vive appréciation, même de la part des médias», pour l’activité diplomatique du Saint-Siège sur la question yougoslave. «Nous ne pouvons pas être en faveur de la guerre», ajoute-t-il. «Mais c’est un fait, cependant que les massacres au Kosovo doivent également cesser». (apic/imed/mp)

30 mars 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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