Rome : On ne peut pas se focaliser sur la question des divorcés remariés, affirme le cardinal Müller

Rome, 26 février 2014 (Apic) «On ne peut pas se focaliser en permanence sur la seule question» de l’accès à la communion des personnes divorcées remariées, a affirmé le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, en marge de la présentation de son ouvrage ›Pauvre pour les pauvres’, à quelques pas du Vatican, le 25 février 2014 dans la soirée. Interpellé par les journalistes sur de possibles évolutions en la matière, le haut prélat a souligné que la doctrine de l’Eglise était claire et qu’il était impossible de la changer.

«Nous devons chercher de quelle façon développer la pastorale pour le mariage, mais pas uniquement pour les personnes divorcées remariées», a souligné le chef de dicastère. A ses yeux, «on ne peut pas se focaliser en permanence sur cette seule question, à savoir si elles peuvent ou non recevoir la communion». «Les problèmes et les blessures sont le divorce, les enfants qui n’ont plus leurs parents et doivent vivre avec des personnes qui ne sont pas leurs parents», a-t-il insisté.

Certes, de nouvelles voies peuvent être explorées, mais sans aller contre «la volonté de Jésus», a indiqué le cardinal Müller, rappelant l’importance de l’indissolubilité du mariage. Ces nouvelles voies, a-t-il précisé, doivent aller dans le sens d’un approfondissement de la doctrine pour les fidèles. «Beaucoup ne la connaissent pas et pensent que le mariage est seulement une fête que l’on célèbre à l’église, a poursuivi le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, nous devons aider ces personnes qui se trouvent dans une situation très difficile, mais si le mariage est indissoluble, il est impossible de le dissoudre».

Doctrine claire

«Il n’y a pas de solution, a-t-il ajouté, car le dogme de l’Eglise n’est pas une théorie quelconque faite par quelques théologiens, c’est la doctrine de l’Eglise, rien de moins que la parole de Jésus-Christ, qui est très claire». Et d’insister : «Je ne peux pas changer la doctrine de l’Eglise».

A ses yeux, il est déplorable que la doctrine de l’Eglise soit si méconnue. «Mais on ne peut pas réduire la révélation et la parole de Jésus-Christ parce que de nombreux catholiques ne connaissent pas la réalité», a-t-il encore affirmé.

La centralité de l’option préférentielle pour les pauvres.

Le cardinal Müller présentait son livre, préfacé par le pape François lui-même, aux côtés du père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, et du cardinal Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga, archevêque de Tegulcigalpa, au Honduras et coordonnateur du Conseil des huit cardinaux. Ce rendez-vous intervenait quelques semaines après un échange remarqué, par médias interposés, entre les deux cardinaux. Le cardinal Maradiaga avait notamment demandé au cardinal Müller de se montrer «plus flexible» sur certaines questions pastorales. C’est le pape lui-même qui aurait alors demandé au cardinal Maradiaga de participer à cette présentation, pour donner un signe d’unité.

Le ›fondateur’ de la théologie de la Libération, le Père Gustavo Gutierrez, ami de longue date du cardinal Müller, était notamment présent à la présentation de cet ouvrage, intitulé ›Pauvre pour les pauvres – La mission de l’Eglise, et portant notamment sur la centralité de l’option préférentielle pour les pauvres.

Au terme de la rencontre, le président de la Conférence épiscopale péruvienne, Mgr Salvador Pineiro, archevêque d’Ayacucho, a remis un poncho, habit traditionnel des paysans péruviens, au préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui l’a endossé. (apic/imedia/mm/mp)

26 février 2014 | 14:36
par webmaster@kath.ch
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