Rome, 6 janvier 1997 (CIP)
Rome: ordinations épiscopales en la fête de l’Epiphanie =
Jean-Paul II a ordonné 12 nouveaux évêques en la basilique Saint- Pierre,
comme c’est la tradition à l’Epiphanie, qui a été célébrée ce lundi 6
janvier en Italie et au Vatican, sous le signe de la mission universelle.
En effet, a rappelé le pape, «l’activité missionnaire de l’Eglise, à
travers ses multiples étapes au cours des siècles, trouve son amorce et son
souffle universel dans la fête de l’Epiphanie».
L’Epiphanie, a expliqué le pape à l’Angélus, est «la manifestation du
Christ à toutes les nations». Cette fête aide à comprendre «le sens profond
de la mission universelle de l’Eglise», comme un mouvement «d’irradiation»,
celle de la lumière du Christ qui se reflète sur le «visage de l’Eglise».
Lumière d’amour, de vérité, de beauté, elle ne s’impose pas par la force,
mais «illumine les esprits et attire les coeurs». Le mouvement
d’évangélisation se déploie ainsi depuis l’Eucharistie, qui est le
«centre», pour ensuite s’élargir dans toutes les directions «à travers le
témoignage et l’annonce de l’Evangile».
Auparavant, Jean-Paul II avait souligné dans son homélie la correspondance
entre la célébration de l’Epiphanie et ces ordinations épiscopales, comme
les rites le reflètent. Lors de l’ordination épiscopale, en effet,
l’Evangile est posé sur la tête du prêtre, a expliqué Jean-Paul II, pour
«souligner qúannoncer la Bonne Nouvelle est leur mission fondamentale».
Les nouveaux évêques reçoivent cette mission du Christ, dans le cadre de la
préparation du Jubilé: «C’est l’Agneau de Dieu, le Pasteur des Pasteurs, a
dit le pape, qui vous demande de prolonger et de diffuser sa charité dans
l’admirable corps de l’Eglise et dans chaque partie du monde, dans ces
années de préparation au Grand Jubilé de l’an 2000. Forts de son aide,
allez sans hésitation; soyez des apôtres du Christ fidèles et courageux,
qui témoignent et annoncent l’Evangile, lumière qui illumine tous les
peuples. N’ayez pas peur! Le Christ est avec nous tous les jours jusqúà la
fin du monde !»
Les nouveaux évêques ordonnés lundi sont 9 Européens, 2 Asiatiques et un
Africain représentant huit pays: l’Italie (5), la Suisse, la Pologne, la
Roumanie, l’Albanie, Timor Est, l’Inde et le Togo.
Les Italiens sont Mgr Luigi Pezzuto, 50 ans, nonce apostolique au Congo et
au Gabon; Mgr Paolo Sardi, 62 ans, nonce apostolique avec charges
spéciales; Mgr Delio Lucarelli, 57 ans, évêque de Rieti; Mgr Luciano
Pacomio, 55 ans, évêque de Mondovi; Mgr Angelo Massafra, premier évêque de
Rrëshen et administrateur apostolique du diocèse de Lezhë, en Albanie; et
Mgr Hil Kabashi, un franciscain de 55 ans, administrateur apostolique de
l’Albanie méridionale.
Les autres Européens sont le Suisse Jean-Claude Périsset, 57 ans,
secrétaire adjoint du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des
chrétiens; Mgr Florentin Crihalmeanu, 37 ans, auxiliaire de l’évêque du
diocèse de rite latin de Cluj-Gherla (Roumanie); Mgr Piotr Libera, 45 ans,
auxiliaire de l’archevêque de Katowice (Pologne).
Les deux Asiatiques sont Mgr Varkey Vithayathil (Inde), un rédemptoriste de
69 ans, administrateur apostolique «ad nutum Sanctae Sedis» (nommé par Rome
sans l’agrément des autorités locales) de l’archidiocèse majeur
d’Ernakulam-Angamaly des syro-malabars, et Mgr Basilio do Nascimento, 46
ans, administrateur apostolique «ad nutum Sanctae Sedis» du nouveau diocèse
de Baucau (Timor Est). L’Africain, enfin, est Togolais: Mgr Ignace
Sambar-Talkena, 61 ans, évêque de Kara. Ces 12 nouveaux évêques portent le
nombre des évêques dans le monde à 4.369, dont 2.413 nommés par Jean-Paul
II. 158 évêques ont été nommés en 1996.
A l’Angélus, Jean-Paul II a formé des voeux pour le progrès des relations
avec les orthodoxes, qui fêtent Noël ce lundi. «Devant l’icône de l’Enfant
Jésus, sur lequel veillent avec amour Marie et Joseph, nous voulons, a-t-il
déclaré, invoquer la grâce d’un approfondissement ultérieur des relations
d’entente et de communion entre les chrétiens d’Orient et d’Occident».
Pour le pape, la liturgie elle-même, dans sa diversité, doit favoriser
l’unité. «Les différences dans les traditions liturgiques, déclare le Pape,
en effet, non seulement ne doivent pas constituer un obstacle à l’unité,
mais doivent stimuler la connaissance et l’enrichissement réciproque».



