Rome: Ordinations épiscopales programmées en Chine sans mandat du pape.
«Une blessure pour l’Eglise catholique», déclare le Saint-Siège
Rome, 25 juin 2000 (APIC) Le Saint-Siège considère que les ordinations d’évêques en Chine sans mandat du pape sont une «blessure pour l’Eglise et un obstacle à la normalisation des relations entre le Saint-Siège et la Chine». C’est ce qui apparaît dans une déclaration publiée samedi par le Vatican à l’annonce de prochaines ordinations épiscopales programmées sans mandat du pape dans la République populaire de Chine. Une telle ordination était prévue pour le dimanche le 25 juin.
«Comme on le sait, une ordination épiscopale conférée sans le mandat apostolique représente une blessure douloureuse de la communion ecclésiale et une grave violation de la discipline canonique», a en effet affirmé le porte-parole du Saint-Siège. «La gravité d’un geste de ce genre, qui touche la constitution même de l’Eglise catholique, explique pourquoi le Droit Canon établit des sanctions spécialement dures, tant pour l’évêque qui consacre que pour celui qui reçoit l’ordination», précise le communiqué, faisant allusion ainsi à l’excommunication «latae sententiae» à savoir l’exclusion automatique des sacrements – exprimée dans l’article 1382 du Code de Droit Canon.
«Les ordinations épiscopales conférées en dehors de la communion avec le successeur de Pierre, mettent de nouveaux obstacles sur le chemin tourmenté de la normalisation tant de la vie de l’Eglise en Chine que des relations entre la République populaire de Chine et le Saint-Siège, tellement désirée par les catholiques du monde entier», a par ailleurs affirmé le porte-parole du Saint-Siège.
«Cette situation ne peut que susciter la surprise face à des déclarations, même très récentes, de représentants politiques chinois, qui parlaient d’une volonté de dialogue avec le Saint-Siège», a-t-il ajouté. Le 19 juin dernier en effet, l’agence italienne «Ansa» avait rapporté des paroles du Premier ministre chinois Zhu Rongji, attendu au début du mois de juillet en Europe – et en Italie du 5 au 9 juillet -, selon lequel il y a de «nombreux contacts» et des «discussions» entre la Chine et le Saint-Siège, à propos des relations entre le Saint-Siège et Taïwan, et de la nomination des évêques.
«Une fois les problèmes résolus, le pape viendra», avait lancé le Premier ministre chinois.
D’après l’agence internationale «Fides», la première des ordinations d’évêques devant avoir lieu en Chine sans l’autorisation du pape était celle d’un prêtre de l’Eglise officielle âgé de plus de 77 ans, le Père Matteo Cao, dans le diocèse Hangzhou, dans le sud-est du pays. Il devait être ordonné le 25 juin par trois évêques non reconnus par le Saint-Siège, Mgr Yu, du diocèse de Haimen, Mgr Wu, du diocèse de Nanchang, et Mgr Fu Tieshan, du diocèse de Pékin, président national de l’Association patriotique. (apic/imed/ba)




