230 délégués de 20 religions cernent les enjeux du IIIe millénaire

Rome: Ouverture des travaux de la Conférence interreligieuse

Rome, 25 octobre 1999 (APIC) Pauvreté, inflation, distance de plus en plus grande entre riches et pauvres, sida, terrorisme, corruption et extrémisme religieux. Tels sont quelques-uns des thèmes qui seront mis en discussion à Rome par les quelque 230 participants de plus de 20 religions différentes à l’Assemblée interreligieuse qui se tient au Vatican du 25 au 28 octobre 1999, à l’initiative du Comité central pour le Grand Jubilé, présidé par le cardinal Roger Etchegaray.

«Il est urgent et nécessaire de nous limiter à réfléchir sur l’action que nous devrions entreprendre face à certains problèmes ou défis pressants dans notre monde», a souligné le 25 octobre le cardinal Francis Arinze, en ouvrant les travaux, en sa qualité de président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Le cardinal a donc recommandé de laisser de côté, faute de temps, toute autre «discussion spéculative aussi enrichissante soit-elle», notamment dans l’ordre théologique, pour que la rencontre soit centrée sur la manière dont les traditions religieuses peuvent collaborer afin de contribuer ensemble à résoudre les problèmes du monde.

Les sujets à l’ordre du jour ont été présentés aux participants par la présidente de l’Union catholique internationale de la Presse (UCIP), Theresa Ee-Chooi, laïque catholique du diocèse de Kuala Lumpur en Malaisie. Celle-ci a insisté sur les questions de santé et de pauvreté, de globalisation, de méditation et de prière, du respect de l’environnement et du matérialisme, de l’amour des autres enseigné par les religions.

En marge de cette introduction, et avant de se rassembler en groupes de travail, les participants ont pris connaissance de différents messages d’encouragement envoyés par plusieurs leaders religieux. Parmi eux, le grand imam de l’Université du Caire de Al Azhar Al-Sharif, a voulu saluer cette initiative en se disant confiant qu’elle permettra d’ouvrir «de nouveaux horizons aux prochaines générations au seuil du troisième millénaire». «Les religions monothéistes et leurs préceptes sacrés représentent la forteresse vers laquelle se tournent les victimes pour les défendre et rendre tous droits violés aux possesseurs légitimes», a-t-il assuré.

Pas une copie d’Assise

«Nous ne voulons pas reproduire la rencontre d’Assise de 1986 «, a de son côté déclaré Mgr Michael L. Fitzgerald, lors d’une conférence de presse avec le cardinal Francis Arinze, donnée en ouverture de session.

Pour Mgr Fitzgerald, la rencontre d’Assise de 1986 était «un moment prophétique, et il sera difficile de le reproduire». Le but de cette rencontre n’est d’ailleurs pas de «prier ensemble», a pour sa part précisé le cardinal Arinze, mais de «discuter ensemble autour d’une table».

Le dialogue interreligieux commencé depuis le Concile Vatican II avec la constitution «Nostra Aetate», a été «accentué» par Paul VI et Jean Paul II. Ces deux papes «ont fait beaucoup pour que les chrétiens rencontrent d’autres religions», a dit le cardinal Arinze. Avant de rappeler la rencontre de Jean Paul II avec les jeunes musulmans à Casablanca, en 1985, et la visite mémorable à la synagogue de Rome en 1986. «On aimerait que cette assemblée puisse encourager des initiatives semblables», a ajouté Mgr Fitzgerald, citant notamment les rencontres organisées chaque année depuis 1986 par la communauté de Sant’Egidio.

«Comme dans toute grande organisation», il y a toujours des personnes plus ou moins «enthousiastes», a ensuite déclaré le cardinal Arinze répondant à un journaliste au sujet de certaines personnes réticentes à cette rencontre. «Ce n’est pas une surprise», a-t-il constaté, mais «on remarque cependant une bonne adhésion» des membres invités. «Ce type de rencontre n’est pas contre l’identité chrétienne», a insisté le cardinal au sujet de ceux qui redoutent le dialogue. «Nous voulons proclamer comme lors de Vatican II que notre foi est notre force».

L’assemblée interreligieuse qui se terminera jeudi soir, comprend essentiellement des temps de discussions en groupes d’une vingtaine de personnes, mais aussi de rencontres culturelles, avec notamment un concert dans la soirée du mardi. La journée du mercredi sera consacrée à un pèlerinage à Assise, 13 ans jour pour jour après la rencontre de 1986, où «les participants pourront vivre, selon le cardinal Arinze, autre chose que des discussions autour d’une table». Des moments de prières et de jeûne seront mis sur pied jeudi dans des lieux différents, selon les religions.

Enfin, le «clou de la rencontre», pour reprendre l’expression du cardinal nigérien, sera la grande cérémonie de clôture, présidée par Jean Paul II sur la Place Saint-Pierre, en présence de personnalités religieuses. A cette occasion, on pourra entendre différents témoignages et un message sera adressé aux fidèles de toutes les religions, à l’aube du troisième millénaire. (apic/imed/pr)

25 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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