Rome: Ouverture des XVèmes Journéees Mondiales de la Jeunesse

«Ils sont fous ces Romands!»

Jacques Berset; APIC

Rome, 15 août 2000 (APIC) Une fois de plus, la mystérieuse alchimie des JMJ a pris. Pas question de «papôlatrie» chez les centaines de milliers de jeunes qui ont convergé du monde entier en ce 15 août à Rome pour l’ouverture par le pape Jean Paul II des XVe Journées Mondiales de la Jeunesse, mais des jeunes en recherche. Parmi eux, un bon millier de Suisses, dont quelque 500 Romands, 350 Tessinois et 200 Alémaniques.

«Ils sont fous, ces Suisses!», constate Don Alessandro, vicaire de la paroisse de Bovolone, à une vingtaine de kilomètres de Vérone, diocèse qui a accueilli un contingent de 200 Suisses romands et des jeunes de 22 autres nationalités de jeudi à lundi matin. A Bovolone, la soixantaine de Romands ont fait mentir la réputation de froideur des Suisses. Ils gagné ex-aequo, avec les Allemands, les «jeux sans frontières» qui les ont opposés aux jeunes venus d’Espagne et d’Italie.

L’abbé Dominique Rimaz, vicaire de la paroisse fribourgeoise de Belfaux, ne tarit pas d’éloges sur la qualité de l’accueil à Vérone. La main bandée, résultat du saut dans la piscine pour fêter la victoire suisse (une fille du groupe a d’ailleurs la jambe dans le plâtre pour la même raison), le prêtre témoigne de l’atmosphère de fête de ces JMJ.

A Vérone, les familles qui se sont offertes pour les héberger à la maison attendaient les Suisses romands avec des drapeaux suisses. Certaines d’entre elles, non pratiquantes, se sont dites impressionnées par leur enthousiasme.

Sarabande sur le trottoir d’Ostie

Dans le brouhaha de l’accueil lundi soir, à la paroisse de Santa Maria Regina Pacis, à Ostie, où logent les Suisses (à plus d’une heure du centre de Rome), les 500 Romands ne passent pas inaperçus: malgré la fatigue de la route ­ le groupe parti de Fribourg à 3h du matin lundi a plus de 16 heures de route derrière lui! ­, ils entament une sarabande sur le trottoir, avec force drapeaux suisses, jurassiens et valaisans. On entend même une amorce d’hymne national dans la cour.

Message du vicaire «volcan»

Le curé de Bovolone, et Don Alessandro, son vicaire de 35 ans, que l’on surnomme «le volcan» tant il entreprend de choses avec les jeunes, ont demandé aux pèlerins de ce Jubilé des jeunes de ramener leur enthousiasme et leur foi dans leurs familles et leurs paroisses. Il leur a recommandé de ne pas les oublier dans les périodes difficiles de la vie qu’ils auront sûrement à traverser.

«Sono pazzi, questi Svizzeri!» Ils sont fous, ces Suisses!», a encore lancé Don Alessandro, face à tant de dynamisme. «La glace a fondu», renchérit Dominique Rimaz, qui relève la présence au sein du groupe romand de plusieurs protestants. «Quand on aborde la question de la Vierge Marie, de la messe ou du pape, ils se montrent ouverts et respectueux, mais ils tiennent à conserver leur identité confessionnelle. Ils apprécient l’ambiance chaleureuse des JMJ».

Dominique Rimaz voit ces jeunes comme un véritable «patchwork» aux motivations très diverses. Certains «ont fait» les JMJ de Paris et celles d’avant; d’autres «viennent voir» et se rendre compte. Il y a peu de véritables «touristes»: tous attendent quelque chose de fort.

Marqués à vie

Evêque des jeunes pour la Suisse romande, Mgr Pierre Bürcher qui les accompagne depuis Vérone, confirme l’impression générale: «Ces trois jours à Vérone, dans cette ville qui connaît une tradition d’accueil des pèlerins du Jubilé depuis le Moyen Age, les marquera à jamais. On avait l’impression que les familles italiennes les attendaient depuis longtemps.

C’est très beau de voir les temps de célébrations ouvrir le cœur de ceux qui n’ont pas l’habitude de participer à la messe. Même les pratiquants fidèles en sont sortis renforcés. Ils ont vu qu’ils n’étaient pas des spécimens en voie de disparition, mais que nombreux étaient ceux qui, comme eux, vivaient la vérité de la foi.»

Riche échange culturel et humain

Pour Mgr Bürcher, cette expérience de la catholicité déborde le cadre religieux. C’est également un riche échange culturel et humain. Ce n’est pas Cyril Goumaz, jeune apprenti boulanger-pâtissier de 16 ans, venant de Lussy, près de Romont (FR), qui le contredira. Lui qui va à la messe du dimanche quand il ne travaille pas, ne pensait pas venir aux JMJ. «C’est maman qui m’a encouragé à aller à Rome pour ma dernière semaine de vacance.» Cyril vient d’être confirmé: «c’est une suite, j’espère m’amuser et m’éclater… mais aussi affermir ma foi. Au village, il n’y a que peu de jeunes qui pratiquent. Je veux faire l’expérience de vivre ma foi avec d’autres jeunes de mon âge.»

Même les conditions précaires de logement au Lycée scientifique d’Etat «F. Enriques» à Ostie ­ dormir à même le carrelage d’une salle de classe, avec des installations sanitaires rares et plus que vétustes – n’ont pas entamé sa bonne humeur. Samedi, la nuit à la belle étoile à Tor Vergata, tant attendue, promet d’être encore plus éprouvante! (apic/be/mjp)

15 août 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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