Photographie et enjeux du synode

Rome: Ouverture dimanche du Synode sur l’Eucharistie

Rome, 1er octobre 2005 (Apic) Le synode des évêques sur le thème «l’Eucharistie, source et point culminant de la vie et de la mission de l’Eglise» s’ouvre dimanche 2 octobre au Vatican. Ce premier synode du pontificat de Benoît XVI voit la participation de quelque 250 pères synodaux. Sa clôture, le 23 octobre 2005, sera aussi celle de «l’année de l’Eucharistie» voulue par Jean Paul II.

Le thème du synode est développé dans l’Instrumentum Laboris qui porte le même titre. Un document qui servira de fondement et devra être cité en référence lors de chacune des interventions des pères synodaux.

Les débats s’organiseront autour de ses quatre principales parties : Eucharistie et monde actuel, Foi de l’Eglise dans le mystère de l’Eucharistie, l’Eucharistie dans la vie de l’Eglise, l’Eucharistie dans la mission de l’Eglise. Parmi les thèmes et les questions les plus importantes seront abordés le danger de la sécularisation des sociétés occidentales, la morale et la perte de la notion du sacré, l’importance de la participation à la messe dominicale, les ombres régnant sur la célébration de l’Eucharistie, l’oecuménisme ainsi que l’intercommunion. L’ordination des hommes mariés et la question des divorcés-remariés sont des sujets qui pourraient également être travaillés.

Le synode des évêques est un organe de consultation, non- décisionnaire, qui permet un échange d’informations et d’expériences entre les pères synodaux sur un sujet précis. Il a été institué par Paul VI par le Motu Proprio Apostolica Sollicitudo du 15 septembre 1965, en plein Concile Vatican II. Le 40e anniversaire du synode sera marqué par des interventions spéciales sur le sujet venant de certains pères synodaux.

Provenant de la tradition de l’Eglise antique et médiévale, et issu du grec Syn-Odos, le synode signifie «marcher ensemble». Les synodes romains réunis dans l’Antiquité étaient destinés à régler les graves problèmes du moment. Aujourd’hui, on distingue les synodes extraordinaires et spéciaux, organisés en fonctions des préoccupations locales du moment, et les synodes ordinaires, généralement organisés tous les trois ans. Leur continuité est assurée au Vatican par la Secrétairerie générale du synode, dirigée depuis février 2004 par Mgr Nikola Eterovic, ancien nonce apostolique en Ukraine.

Agenda d’octobre bloqué par Benoît XVI

Jean Paul II a assisté personnellement à chacun des 15 synodes extraordinaires et spéciaux qu’il a convoqués pendant son pontificat, mais sans prendre personnellement part aux débats. D’après le secrétaire général du synode des évêques, Mgr Nikola Eterovic, Benoît XVI a réservé son agenda du mois d’octobre pour le Synode sur l’Eucharistie. Le pape rédigera une Exhortation apostolique après que le message final et les propositions votées par les pères synodaux lui seront transmis. Ce document post-synodal paraît en général un an après la rencontre.

Le synode sur l’Eucharistie viendra conclure une série de gestes et de documents initiés par Jean Paul II le 17 avril 2003 lorsqu’il délivra sa 14e et dernière Encyclique Ecclesia de Eucharistia. Le 23 avril 2004 il approuva une Instruction de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements «sur certaines choses à observer et à éviter concernant la très sainte Eucharistie», intitulée Redemptionis Sacramentum. Et c’est le 8 octobre 2004 qu’il lança l’année de l’Eucharistie avec sa 44e Lettre apostolique Mane nobiscum domine. Cette année spéciale prendra fin avec la messe de clôture du Synode, le 23 octobre 2005, présidée par Benoît XVI.

Benoît XVI a validé l’ensemble des nominations des responsables du synode d’octobre 2005 décidées par Jean Paul II : les présidents délégués sont le cardinal Francis Arinze, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le cardinal Juan Sandoval Iniguez, archevêque de Guadalajara au Mexique ainsi que le cardinal Telesphore Placidus Toppo, archevêque de Ranchi en Inde. Leur rôle sera de présider tour à tour la session du synode épiscopal, dans l’ordre établi par le pape.

Les invités

Jean Paul II avait aussi désigné le cardinal Angelo Scola, patriarche de Venise, comme rapporteur général, ayant pour tâche d’introduire, de recentrer et de synthétiser les débats. L’archevêque de Dijon, Mgr Roland Minnerath, avait été nommé secrétaire spécial du Synode. A la disposition des présidents délégués, de l’assemblée et du secrétaire général, il préparera les documents et les rapports, donnera des explications et des informations à ceux qui le souhaitent, et rédigera les conclusions du Synode.

Quelque 250 pères synodaux devraient participer à cet événement ecclésial. Outre les évêques représentant les différentes conférences épiscopales, les responsables des dicastères de la curie romaine sont invités à participer aux travaux. Le pape a également nommé une liste de 36 personnes – hommes et femmes, laïcs et religieux – susceptibles d’apporter leur contribution dans les débats, dont les présidents des conférences épiscopales continentales, quatre évêques de la Chine populaire, mais dont on sait qu’ils ne recevront pas les autorisations de Pékin pour voyager à Rome, sauf revirement de dernière minute, ainsi que le prélat de la prélature personnelle de l’Opus Dei, Mgr Javier Echevarrìa Rodrìguez, le président de la fraternité de Communion et Libération, le père Julián Carron et le père Peter-Hans Kolvenbach, préposé général des jésuites.

Benoît XVI a aussi nommé, le 24 septembre 2005, 32 experts et 26 auditeurs pour cette 11e Assemblée générale du synode des évêques. Il s’agit de laïcs et de religieux, hommes et femmes, provenant du monde entier qui devront aider les pères synodaux dans leur réflexion. Parmi les experts, on compte 22 Italiens, 4 Allemands, un Suisse, un Belge, un Mexicain, un Hollandais, un Américain et un Croate. Quant aux auditeurs, 12 sont des femmes, dont 5 laïques et 7 religieuses. Parmi eux seront entre autres présents des représentants de la communauté italienne de Sant’Egidio, du mouvement des Focolari, de «l’Alliance pour la famille» et du «Comité pour la vie» tous deux du Honduras, du mouvement «Foi et Lumière» et des petits frères de Jésus, de France ainsi que de l’ordre des chevaliers de Colomb aux Etats-Unis. On compte également parmi les auditeurs une Chinoise de Hong Kong, une Indienne et un Russe.

Représentants extérieurs

Enfin, le nombre des représentants des Eglises orthodoxes et protestantes qui seront invités à intervenir en tant qu’observateurs a été doublé, passant de six à douze. S’ils peuvent participer aux 12 ’cercles mineurs’, ils ne pourront pas voter les résolutions.

Le matin, de 9h à 12h30, l’assemblée se réunira la première semaine en congrégation générale jusqu’au moment du déjeuner, pour un débat dans la salle du synode, rénovée en très grande partie. Les travaux reprendront ensuite l’après-midi de 16h30 à 19h, l’heure de 18h à 19h étant consacrée à la discussion libre.

Puis, dans un second temps du synode, des «cercles mineurs» pour approfondir certains thèmes spécifiques succéderont aux congrégations générales plus ouvertes. Ces «cercles mineurs» auront leurs discussions dans leur langue propre. 15 groupes seront ainsi constitués, dans les langues latine, française, lusitano-espagnole, italienne, anglaise et allemande. Après la période du débat en congrégation générale, les «cercles mineurs» permettront de formuler finalement des propositions qui seront le résultat des débats synodaux et qui seront destinées au pape, en vue du document qu’il rédigera après le synode, selon l’usage habituel. Chaque jour, deux bulletins d’informations contenant les travaux des pères synodaux seront rendus publics.

Quelques nouveautés ont été intégrées à ce premier synode présidé par Benoît XVI, en vue d’une plus grande collégialité. A cause du nombre exceptionnel des participants et de la durée du synode ramenée de quatre à trois semaines, le temps de parole de chaque intervenant ne sera plus que de six minutes au lieu de huit. Ceci devrait permettre à tous d’intervenir. Le débat sera également abordé selon les thèmes de l’Instrumentum laboris, avec une certaine tolérance, et une heure de débats libre sera organisée chaque après-midi permettant un plus grand échange de vues. PR

Encadré

Rome: Les différents synodes, de Paul VI à Benoît XVI

Rome, 2 octobre 2005 (Apic) Le synode des évêques sur l’Eucharistie ouvert dimanche 2 octobre au Vatican constitue la 11e assemblée générale ordinaire et la 21e assemblée synodale depuis 1965. C’est, en effet, le 15 septembre 1965, par le Motu Proprio Apostolica Sollicitudo, que Paul VI a institué de telles assemblées synodales alors définies comme un «conseil permanent d’évêques pour l’Eglise universelle, soumis directement et immédiatement à (son) autorité».

La première assemblée générale ordinaire a eu lieu en 1967 en présence de 197 évêques du monde entier autour du thème: «La préservation et le renforcement de la foi catholique, son intégrité, sa vigueur, son développement, sa cohérence doctrinale et historique». Deux ans plus tard s’est tenu le premier synode extraordinaire sur la coopération entre le Saint-Siège et les conférences épiscopales. Trois autres synodes ordinaires ont été convoqués par Paul VI. Le premier en 1971, sur le rôle du prêtre et de la justice dans le monde, qui dura plus d’un mois, le plus long jusqu’à nos jours. Puis en 1974, sur l’évangélisation et en 1977, sur la catéchèse.

Durant le pontificat de Jean Paul II (1978-2005), 15 assemblées synodales se sont déroulées au Vatican. Outre le synode extraordinaire sur le 20e anniversaire de la conclusion du Concile Vatican II (décembre 1985), six assemblées générales ordinaires sur les thèmes de la famille (octobre 1980), la réconciliation et la pénitence (octobre 1983), les laïcs (octobre 1987), la formation des prêtres (octobre 1990), la vie consacrée (octobre 1994) et les évêques (octobre 2001), ont eu lieu.

Jean Paul II avait également convoqué huit assemblées spéciales pour les Eglises locales, par région et par continent. Suite à la chute du mur de Berlin, en 1989, un premier synode sur l’Europe s’est tenu fin 1991, suivi en avril/mai 1994 par un synode pour le continent africain. Le synode pour l’Amérique s’est déroulé en décembre 1997, celui pour l’Asie en avril/mai 1998, et enfin celui pour l’Océanie en décembre 1998. En octobre 1999 un deuxième synode pour l’Europe a eu lieu, dix ans après la chute du mur de Berlin, alors que l’Union européenne continuait à s’élargir à de nouveaux membres. L’Exhortation apostolique qui en est issue a été publiée en juin 2003. Jean Paul II avait également demandé la tenue au Vatican de synodes pour la situation particulière des Pays-Bas en janvier 1980 et du Liban en décembre 1995.

En juin 2005, Benoît XVI a confirmé la convocation d’une nouvelle assemblée spéciale du synode des évêques pour l’Afrique, comme l’avait souhaité Jean Paul II sept mois plus tôt. La date de ce synode n’a pas été révélée, mais la 15e réunion du Conseil spécial pour l’Afrique du synode des évêques se réunira les 23 et 24 février 2006 au Vatican. Mais, selon Mgr Nikola Eterovic, il convient d’abord de finir cette période synodale au Vatican avant de se plonger dans l’organisation du prochain rassemblement d’évêques. PR

Encadré

256 pères synodaux de 118 pays participeront au synode

Rome, 2 octobre 2005 (Apic) 256 pères synodaux de 118 pays – y compris les quatre évêques chinois dont la présence à Rome est plus qu’incertaine participent -, selon les chiffres donnés à Rome, prendront part à la 11e assemblée générale du synode des évêques, qui a débuté le 2 octobre 2005 au Vatican.

Selon Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du Synode des évêques, avec 256 pères synodaux, il s’agit du nombre le plus élevé de participants à une assise synodale. Selon Mgr Eterovic. 247 pères synodaux, soit 9 de moins, avaient participé à la dernière assemblée générale du synode des évêques, en 2001.

177 de ces pères synodaux ont été élus par les Conférences épiscopales des différents pays pour venir les représenter aux débats, 39 y participent d’office (par la nature même de leur fonction) et 40 ont été nommés par le pape. Parmi eux, on peut compter 55 cardinaux, 8 patriarches, 82 archevêques, 123 évêques, 36 présidents de Conférences épiscopales et 12 religieux. Les pères synodaux viennent de tous les continents, et particulièrement de l’Europe. 50 viennent d’Afrique, 49 d’Amérique, 44 d’Asie, 95 d’Europe et 8 d’Océanie.

Par ailleurs, 32 experts et 27 auditeurs venant des cinq continents assisteront aussi aux débats. En outre, des assistants et traducteurs dans les 6 langues du synode – latin, italien, français, espagnol, anglais, allemand -, contribueront au bon déroulement des travaux.

12 Eglises et communautés ecclésiales enverront aussi leur représentant au synode, qui pourront intervenir lors des travaux, mais ne pourront pas voter. Le vote des propositions est en effet réservé aux pères synodaux. 10 de ces délégués fraternels, venant notamment du patriarcat oecuménique de Constantinople, du patriarcat orthodoxe de Moscou et de la Communion anglicane, ont déjà confirmé leur venue. On attend encore les noms des représentants de la Fédération luthérienne mondiale et du patriarcat copte-orthodoxe.

Le calendrier des travaux établi qu’il y aurait entre la matinée du lundi 3 octobre et la soirée du samedi 22 octobre, 23 congrégations générales et 7 sessions de ’cercles mineurs’, pour échanger en groupes linguistiques sur des points précis et soumettre des propositions.

Quelques nouveautés méthodologiques concernant le fonctionnement de l’assemblée synodale ont été approuvées par le pape afin de la rendre «plus souple et plus participative», a par ailleurs affirmé Mgr Eterovic. Les pères synodaux éliront ainsi 8 membres pour la Commission pour le message final approuvé par l’assemblée et publié au terme des travaux, tandis que le pape en nommera 4 autres. Le vote électronique permettant aux pères synodaux de réagir plus vite que par écrit sera utilisé, mais les votes écrits viendront confirmer les résultats pour les décisions importantes. Une commission sera en charge de comparer votes électroniques et votes écrits pour les résultats officiels. En outre, la salle du synode au Vatican où se réuniront les pères synodaux a été modernisée, notamment au niveau de l’éclairage, de l’air conditionné et des services vidéo. (apic/imedia/ami/pr)

2 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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