La Congrégation pour la doctrine de la foi s’y prépare

Rome: Ouverture du dialogue avec les Lefebvristes

Rome, 10 juin 2009 (Apic) Les cardinaux membres de la Congrégation pour la doctrine de la foi se sont réunis à huis clos au Vatican dans la matinée du 10 juin pour travailler sur l’ouverture du dialogue doctrinal avec la Fraternité Saint-Pie X, a appris I.Media.

De part et d’autre, cependant, les experts chargés de ce dialogue ne sont pas encore nommés et l’attitude de la fraternité intégriste risque de mettre à mal l’ouverture du dialogue voulu par Benoît XVI.

Dans la matinée du 10 juin, à l’occasion de leur réunion mensuelle dite de la feria quarta (le mercredi, en latin), les quelque 15 cardinaux membres de la Congrégation pour la doctrine de la foi ont particulièrement travaillé sur un texte visant à préciser le cadre du dialogue doctrinal à venir avec la Fraternité Saint-Pie X, un peu moins de 6 mois après le choix du pape de lever l’excommunication des 4 évêques de cet institut. Il s’agit, comme l’a souhaité le pape lui-même, de traiter désormais des problèmes doctrinaux et théologiques, à commencer par «l’acceptation du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des papes».

Dans une lettre adressée aux évêques du monde entier à propos de la crise intégriste, rendue publique le 12 mars dernier, Benoît XVI avait en effet annoncé son intention de rattacher «à l’avenir» la Commission pontificale Ecclesia Dei à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le pape indiquait dans sa lettre que «tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n’a aucun statut canonique dans l’Eglise, et ses ministres – même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique – n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Eglise».

Plusieurs sources ont indiqué que le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, le Suisse Mgr Bernard Fellay, avait été reçu le 5 juin dernier à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Si la liste des experts en charge du dialogue, de part et d’autre, ne semble pas formellement définie, certains théologiens pourraient être appelés à prendre place dans la commission de dialogue.

C’est notamment le cas, du côté de Rome, du père dominicain suisse Charles Morerod, récemment nommé secrétaire général de la Commission théologique internationale et consulteur de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Du côté intégriste, ce pourrait être le cas de l’abbé Grégoire Celier, co-auteur d’un récent ouvrage sur Benoît XVI et les traditionalistes. Les deux hommes, en février 2008, avaient d’ailleurs débattu sur l’autorité du Concile Vatican II lors d’une réunion, à Paris (France), du Groupe de rencontre entre catholiques (Grec).

Le dialogue qui doit désormais s’ouvrir entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X devrait être prochainement plus amplement défini par Benoît XVI. Celui-ci pourrait choisir de le faire au moment du départ à la retraite – de plus en plus probable – du cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission Ecclesia Dei, au début du mois de juillet. Le cardinal colombien aura 80 ans le 4 juillet. Plusieurs observateurs jugent que ce pourrait être ainsi l’occasion de rattacher officiellement cette commission pontificale à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

La Fraternité Saint-Pie X s’apprête cependant à ordonner de nouveaux prêtres fin juin. Ces ordinations, indique-t-on au Vatican, sont considérées comme un nouveau défi à l’autorité du pape. «Le pape avait déjà demandé à Mgr Fellay de ne pas ordonner de diacres, mais il l’a fait», note-t-on avec amertume à la Commission Ecclesia Dei. (apic/imedia/ami/pr)

10 juin 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!