Rome: Ouverture du symposium sur «les racines de l’anti-judaïsme en milieu chrétien»

Fournir un matériel de qualité scientifique indiscutable

Rome- 30 octobre 1997 (APIC) Le but de ce colloque est de fournir au pape un matériel de qualité scientifique indiscutable, qui puisse servir à l’examen de conscience historique auquel il a invité les chrétiens à l’occasion du Grand Jubilé, a expliqué jeudi le Père Georges Cottier. Le secrétaire de la Commission théologico-historique du Jubilé de l’an 2000 a introduit les travaux de soixante spécialistes chrétiens réunis au Vatican jusqu’à samedi pour se pencher sur «les racines de l’anti-judaïsme en milieu chrétien «.

Prévenant l’objection de l’absence de représentants juifs, le Père Cottier a précisé : «Le judaïsme possède d’éminents penseurs religieux et théologiens avec lesquels le dialogue doit se poursuivre. Mais le problème qui nous occupe appartient à la théologie chrétienne. De par sa nature même, l’examen de conscience auquel nous voulons apporter notre contribution, concerne la conscience chrétienne et est de la compétence des théologiens chrétiens.»

Le Père Cottier a également rappelé que la réflexion du symposium est de nature théologique. Le terme anti-judaïsme a été préféré à antisémitisme. «Notre réflexion porte sur le plan divin du salut et sur la place qu’y tient le peuple juif, peuple de l’Election (…). Par anti-judaïsme nous entendons l’ensemble des préjugés et des jugements pseudo-théologiques qui ont largement circulé dans des populations marquées par le christianisme et qui ont servi de prétexte aux vexations injustifiables dont a souffert le peuple juif au cours de son histoire. Ces préjugés ont, pour ainsi dire, étouffé chez beaucoup les capacités de réaction évangélique quand a déferlé sur l’Europe l’antisémitisme, de nature païenne et aussi anti-chrétienne, du national-socialisme.»

Pour sa part, le cardinal Roger Etchegaray, président du Comité de préparation du Jubilé de l’an 2000, a situé l’importance de cette réunion qui s’inscrit sur le long chemin de la réconciliation entre chrétiens et juifs. «Parler d’anti-judaïsme, a-t-il souligné, plutôt que d’antisémitisme, c’est centrer l’étude sur les motivations religieuses qui, parce qu’elles touchent la conscience, sont bien plus prégnantes et déterminantes que de simples motivations racistes ou politiques».

Notant que le Concile Vatican II, avec la constitution «Nostra Aetate», signée il y a exactement trente deux ans, le 28 octobre 1965, avait donné un souffle extraordinaire au dialogue entre chrétiens et juifs, le cardinal Etchegaray a constaté que «malgré nos efforts, ce dialogue demeurera fragile ou trop superficiel tant que nous ne nous interrogeons pas d’une façon plus décisive sur la nature religieuse du lien qui unit nos deux communautés au niveau même de leur identité». C’est au coeur de cette interrogation que se place ce colloque à pure visée exégétique, théologique et historique. (apic/imed/mp)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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