Rome: Ouverture du Synode des évêques pour l’Europe.

«Jésus Christ vivant dans son Eglise»

Rome, 30 septembre 1999 (APIC) «Les grands défis du synode pour l’Europe ne sont pas politiques et sociaux mais touchent à la nécessité de la nouvelle évangélisation du continent» a souligné jeudi le cardinal Jan Schotte, Secrétaire général du Synode des Evêques, à la veille de l’ouverture au Vatican de l’Assemblée du synode des Evêques pour l’Europe, sur le thème «Jésus-Christ vivant dans son Eglise, source d’espérance pour l’Europe».

Pour le cardinal Jan Schotte, les premières questions que devront aborder les évêques réunis du 1er au 23 octobre sont le manque de connaissance de la foi de la part des catholiques européens et le problème de la transmission de cette foi dans le contexte actuel. «Nous savons bien que tous les catholiques ne vont plus à la messe tous les dimanches !» s’est exclamé le cardinal belge. La transmission de la foi ne se fait plus comme avant, à travers la famille, à travers les écoles, ou à travers les paroisses, a-t-il précisé. «Puisqu’il n’y a plus de culture chrétienne en Europe, il faut trouver de nouvelles manières de transmettre la foi «.

Interrogé sur les différences de points de vue voire les tensions qui pourraient apparaître lors du synode, le cardinal Paul Poupard, Président du Conseil Pontifical pour la Culture, et l’un des trois présidents délégués de l’Assemblée, a affirmé au correspondant d’APIC qu’il est normal que des regards différents soient posés par les évêques sur des questions pastorales concrètes auxquelles l’Eglise doit faire face en Europe. «Nous devrons nous montrer tels que nous sommes et nous efforcer de nous écouter avec respect «, estime le cardinal qui souligne qu’ il y avait déjà des discussions entre les responsables de l’Eglise au temps de Pierre et Paul .

Le cardinal Poupard se dit frappé par «une sorte d’incapacité à penser le futur» dans la société européenne actuelle, qui se traduit par une culture éclatée. «Le seul projet qui retient l’attention est un projet économique» souligne-t-il. «Comme beaucoup d’hommes et de femmes en sont exclus, il naît un malaise, un mal-être qui engendre une perte d’espoir». Pour le cardinal, cette morosité retentit aussi dans l’Eglise d’Europe dont le clergé vieillit, contrairement à d’autres pays du monde. Le président du Conseil pontifical pour la culture rappelle cependant le succès du rassemblement des jeunes à Paris en août 1997, pour les Journées Mondiales de la Jeunesse. «Nous avons à redécouvrir une jeunesse qui existe et frappe à notre porte», affirme-t-il. C’est là qu’est la clef de l’espérance que ce synode veut retrouver. Le cardinal insiste également sur la nécessité de retrouver la mémoire de l’héritage culturel chrétien,

Auditeurs et invités

Outre le cardinal Paul Poupard, deux autres présidents délégués ont été nommés pour ce synode par Jean-Paul II, le pape étant lui-même le président de l’Assemblée. Il s’agit du cardinal Franciszek Macharski, archevêque polonais de Cracovie, et du cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne. Le relateur général du Synode sera l’archevêque de Madrid, le cardinal Antonio Maria Rouco Varela, tandis que l’archevêque italien de Gênes, le cardinal Dionigi Tettamanzi, présidera la commission pour le message de conclusion du Synode. Les secrétaires spéciaux pour l’assemblée quant à eux seront l’archevêque polonais de Lublin, Mgr Jozef Miroslaw Zycinski, et Mgr Vincent Nichols, évêque auxiliaire de Westminster. Enfin, la commission pour l’information sera présidée par Mgr Istvan Seregely, archevêque de Eger en Hongrie.

Seront présents par ailleurs l’ensemble des cardinaux et chefs de dicastères de la Curie romaine, ainsi que les Présidents des Conférences et des Conseils épiscopaux des pays européens, et des représentants des Eglises catholiques orientales d’Ukraine et de Roumanie, en plus des évêques élus dans chacun des pays européens.

17 experts ont d’autre part été nommés par le Pape, dont beaucoup sont des professeurs de théologie ou des recteurs d’université catholiques. Ils assisteront aux travaux de l’Assemblée sans avoir le droit de vote lors du choix final des propositions de l’Assemblée qui seront remises au pape. Ce sera aussi le cas des 38 auditeurs également nommés par Jean-Paul II, parmi lesquels l’italienne Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, l’espagnol Kiko Arguello, fondateur du Chemin néo-catéchuménal, Irina Alberti, directrice à Paris de la revue «La Pensée Russe», le président de la Caritas Européenne, le français Denis Viénot, et Mijo Beccaria, Présidente du Bureau International Catholique de l’Enfance.

Enfin, des ” délégués fraternels ” seront présents au nom des différentes Eglises chrétiennes non catholiques. Mgr Jérémias, métropolite de France, représentera le Patriarchat orthodoxe de Constantinople, et Mgr Longin, archevêque de Klin en Allemagne celui de Moscou. Les patriarchats de Roumanie et de Géorgie seront également représentés, ainsi que les Eglises orthodoxes grecque et finlandaise, l’Eglise arménienne apostolique et l’Eglise anglicane. La Fédération Luthérienne mondiale sera quant à elle représentée par Reihard Frieling, modérateur en Allemagne de la ” Commission des Eglises en dialogue «. Par ailleurs sera présent le Secrétaire Général de la Conférence des Eglises Européennes, à Genève Mgr Keith Clements. Enfin, l’Assemblée synodale comprendra un «invité spécial», le Frère Roger de la Communauté de Taizé.

L’assemblée s’ouvrira le matin du 1er octobre par une Messe solennelle célébrée par Jean-Paul II dans la Basilique Saint-Pierre, ce synode – relativement court par rapport aux précédentes assemblées – comprendra 19 réunions générales ­ les «congrégations» et 15 sessions des «circuli minores», à savoir les groupes de travail linguistiques. La première congrégation générale doit avoir lieu dans l’après-midi du 1er octobre. (apic/imed/mp)

30 septembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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