Un pays torturé et ensanglanté

Rome: Pendant le Synode, le patriarche irakien évoque la situation désastreuse de son pays

Rome, 14 octobre 2008 (Apic) Lors d’une intervention très applaudie, le cardinal irakien Emmanuel III Delly, patriarche des Babylone des Chaldéens, a évoqué son pays «torturé et ensanglanté» dont la situation est «désastreuse et tragique». Il s’est exprimé dans la matinée du 14 octobre 2008, lors de la congrégation générale du Synode des évêques, au Vatican. Par la suite, un auditeur coréen, professeur d’économie, a invité l’Eglise à faire «un sérieux examen des styles de vie et des biens au sein de l’Eglise».

Le cardinal Delly a ainsi évoqué son pays «torturé et ensanglanté» dont la situation est «désastreuse et tragique». «La vie est un calvaire : la paix et la sécurité sont absentes de même que les éléments de base dans la vie de tous les jours». «Tous craignent l’enlèvement, les séquestrations et les intimidations», a ajouté le haut prélat, dénonçant le «nombre toujours plus important de morts causés par des voitures piégées et des kamikazes qui mettent des ceintures explosives».

«Vivre la Parole de Dieu signifie pour nous en témoigner, même au prix de notre propre vie comme cela a eu lieu et a encore lieu avec le sacrifice d’évêques, de prêtres et de fidèles», a ajouté le patriarche des Chaldéens. «C’est pour cela que je vous supplie de prier pour nous (…) et de partager notre préoccupation, nos espérances et la douleur de nos blessures afin que la Parole de Dieu faite chair reste dans son Eglise et avec nous comme une bonne nouvelle et comme un soutien».

Par la suite, l’un des 18 auditeurs invité à s’exprimer dans la matinée, a souhaité que l’Eglise fasse «un sérieux examen des styles de vie et des biens au sein de l’Eglise». Pour Thomas Hong-Soon Han, coréen, professeur d’économie à Séoul et président du Conseil de l’apostolat des laïcs catholiques de Corée, l’Eglise devrait, lorsqu’elle conclut «des contrats commerciaux, garantir qu’ils contiennent des principes de justice, des rétributions suffisantes pour vivre et de bonnes conditions de travail». «Malheureusement, les précédents de l’Eglise n’ont pas toujours été à la hauteur», a-t-il conclu. (apic/imedia/ms/js)

14 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!