Rome: Plus de 80’000 participants à la canonisation des 120 martyrs chinois
«Le but n’est pas de juger les anciens régimes chinois»
Rome, 1er octobre 2000 (APIC) C’est sous la pluie et en présence d’une foule de plus de 80’000 personnes, que Jean Paul II a célébré, le 1er octobre sur la place Saint-Pierre, la canonisation de 120 martyrs de Chine – 87 Chinois et 33 missionnaires européens – et de trois religieuses mortes au début du XXème siècle. Dans son allocution, le pape a réaffirmé que cet événement n’avait pas pour but de porter un jugement sur les anciens régimes politiques chinois, qui ont traversé des périodes «complexes et difficiles».
Au cours de la cérémonie, le pape a répondu directement aux protestations exprimées par le gouvernement chinois concernant cette canonisation. Le ministère des Affaires étrangères de Pékin avait en effet répété officiellement, quelques jours avant la célébration, son mécontentement de voir canoniser des missionnaires originaires de pays ayant été en guerre contre la Chine. Il voyait en outre dans le choix du 1er octobre une provocation à l’adresse du gouvernement chinois actuel, qui fête le même jour les 51 ans de la proclamation de la République populaire de Chine.
Jean Paul II pour sa part a clairement affirmé que la canonisation n’avait pas pour but de porter un jugement sur les régimes politiques dont les martyrs de Chine ont été victimes entre le XVIIème et le début du XXème siècle, au cours de périodes que le pape a qualifiées de «complexes et difficiles».
«Pas le bon moment pour juger»
«La célébration d’aujourd’hui n’est pas le moment opportun pour formuler des jugements sur ces périodes historiques, a-t-il assuré. On pourra et on devra le faire en un autre lieu. Aujourd’hui, avec cette proclamation solennelle de sainteté, l’Eglise veut seulement reconnaître que ces martyrs sont un exemple de courage et de cohérence pour nous tous, et font honneur au noble peuple chinois». Jean Paul II a présenté l’année sainte comme «le moment le plus opportun pour faire resplendir leur témoignage héroïque».
Parmi les martyrs chinois, le pape a choisi deux exemples pour illustrer ses propos. Il a ainsi évoqué la figure d’une jeune fille chinoise de 14 ans, Anna Wang, qui, sur le point d’être décapitée, avait affirmé à son bourreau que «la porte du Ciel est ouverte à tous». Jean Paul II a ensuite cité un jeune Chinois de 18 ans, Chi Zhuzi, que ses bourreaux s’apprêtaient à écorcher vif. «Chaque morceau de ma chair, chaque goutte de mon sang vous répéteront que je suis chrétien», s’était-il écrié.
Concernant les 33 missionnaires étrangers, le pape a insisté sur le fait qu’ils ont «laissé leur terre et cherché à s’introduire dans la réalité chinoise, pour en assumer avec amour les caractéristiques, dans le désir d’annoncer le Christ et de servir ce peuple».
«Leurs tombes sont là-bas, comme pour signifier leur appartenance définitive à la Chine, que, avec leurs limites humaines, ils ont sincèrement aimée, en dépensant pour elle leurs énergies», a affirmé Jean Paul II. Le pape a encore cité à ce sujet une phrase de Mgr François Fogolla, évêque franciscain tué en 1900, qui affirmait au moment de sa mort: «Nous n’avons jamais fait de mal à personne. Au contraire, nous avons fait du bien à beaucoup».
Confort et soutien des martyrs
A l’issue de la cérémonie, qu’il avait célébrée avec le cardinal Paul Shan Kuo-hsi, évêque de Kaohsiung à Taiwan, Mgr Joseph Ti-kang, archevêque de Taipeh, et Mgr John Tong Hon, évêque auxiliaire de Hongkong, Jean Paul II s’est finalement adressé à l’ensemble des catholiques chinois. «Je souhaite vous assurer une fois de plus que je prie pour vous tous les jours. Que les saints martyrs vous confortent et vous soutiennent pour que, comme eux, vous témoigniez avec courage et générosité à la fois de votre fidélité à Jésus-Christ et de votre amour authentique pour votre peuple».
«Je vous souhaite la paix», a enfin lancé le pape en chinois. Dans l’assistance se trouvait une importante délégation de pèlerins venus de Taiwan, estimée à environ 5’000 personnes, ainsi que quelques groupes de chrétiens originaires de Chine continentale, venus pour la plupart d’Europe, des Etats-Unis et du Canada. Un choeur de 120 Chinois a participé à l’animation de la cérémonie. (apic/imed/fides/bb)



