L’Osservatore Romano proteste contre la décision d’un juge
Rome : Polémique en Italie sur la transplantation des embryons
Rome, 2 mars 2000 (APIC) Polémique en Italie sur la transplantation des embryons. Un juge romain vient d’autoriser la transplantation d’un embryon chez une mère porteuse. Réaction immédiate du Père Gino Concetti qui estime dans la dernière édition de «l’Osservatore Romano», que la dignité de la personne est gravement en jeu.
Pour le Père Concetti, l’être humain, appelé à la vie, suppose l’unité du sujet – la mère – pour la conception et la gestation, vu les «liens profonds et pas seulement physiques, qui se développent lors de la gestation entre la mère et l’enfant.
La décision du juge a provoqué un tollé dans l’opinion publique, observe le Père Concetti, surtout chez des juristes. Une décision en contradiction avec le code de déontologie médicale en vigueur en Italie. Ils contestent la «prétention du magistrat de se substituer au législateur» et son ” ignorance ” du texte approuvé par la Chambre des députés italiens sur la fécondation médicalement assistée, actuellement examiné par le Sénat.
Toujours du point de vue de la législation, le recours à une «mère porteuse» est interdit par les pays européens, sauf la Grande-Bretagne. Il est toléré aux Etats-Unis, mais uniquement dans des structures privées, dans l’attente d’une loi fédérale spécifique. Un cas s’est produit à Rome en 1995 : une petite fille était née, à la suite de l’implantation d’un embryon congelé implanté chez une tante de l’enfant, sa mère naturelle étant morte entre temps.
La technique de la «mère porteuse», écrit le Père Concetti, renverse l’ordre naturel de la procréation, qui postule l’unité du sujet des deux opérations fondamentales de la génération humaine : la conception et la gestation simultanée. L’unité est surtout réclamée par la dignité de l’être humain appelé à la vie. «Une telle opération, fait remarquer le théologien, suscite un conflit juridique entre deux mères, l’une biologique, l’autre légale. En outre, «entre l’enfant en gestation et la mère qui le nourrit se développent des liens profonds, pas seulement physiques ou physiologiques, mais aussi affectifs et psychologiques, indissociablement». Rien à voir avec un «don d’organes», comme dit le juge, précise le Père Concetti. Le moraliste veut déplacer la question du désir des parents à avoir un enfant vers celle des «droits inaliénables et inviolables de l’enfant». Et pose une série de questions : «Qui peut impunément faire de l’enfant un «objet» ou le «sujet» de ses désirs à des fins égoïstes ? Sur quel fondement se base le droit à l’enfant ou à la réalisation de la maternité à tout prix? Que dire du processus procréateur qui se produit en laboratoire sans l’intercommunion personnelle et simultanée des conjoints ? «
Pour le Père Concetti, «la question de la licéité éthique ou juridique n’est pas qu’une question religieuse, elle est profondément humaine «. C’est pour cela qu’il faut dire non : ” Avant d’être inscrite dans des codes positifs, la loi est inscrite dans la dignité de la personne. (apic/cip/ba)



