Rome: Pour la revue La Civiltà Cattolica, on ne peut abandonner les Irakiens à leur destin

Créer d’urgence un «état moderne»

Rome, 5 décembre 2003 (Apic) «Partageant l’opinion de nombreux observateurs, nous estimons qu’il n’est pas possible actuellement d’abandonner les Irakiens à leur destin», peut-on lire dans la revue jésuite La Civiltà Cattolica, à paraître le 6 décembre. Pour Michele Simone, l’urgence réside dans la «création d’un état moderne».

L’article de La Civiltà Cattolica fait suite à l’attentat de Nasiriyya, le 12 novembre dernier, qui avait provoqué la mort de 11 carabiniers et 3 soldats italiens en mission de paix en Irak. Des discussions en Italie remettent en cause aujourd’hui la présence des militaires italiens sur le sol irakien.

«C’est plutôt l’attitude et les modalités d’intervention dans le pays qui doivent évoluer» affirme l’auteur de l’article, «à cause de la situation actuelle dans laquelle (.) se multiplient les attaques contre les Occidentaux, en particulier contre les Américains».

Pour la revue jésuite – dont les articles sont relus par la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège avant leur publication -, «le premier objectif est la création, au moins embryonnaire, d’un état moderne, capable de contrôler et de gouverner (et donc de faire fonctionner les servies compétents) les principales villes irakiennes». «C’est un objectif très difficile à atteindre, estime le jésuite, car Saddam Hussein a ’éliminé’ systématiquement toute opposition digne de ce genre». En effet, avant la guerre, «l’Irak n’avait pas une organisation étatique très structurée et distincte du parti Baath».

Pour une application accélérée de la résolution 1151 de l’ONU

La Civilta Cattolica prône ainsi une accélération de l’application de la résolution 1511 adoptée par l’ONU en faveur de la construction d’un gouvernement avec les pleins pouvoirs. Cela comporte «un plus grand engagement dans la formation des cadres de l’administration publique, de la police et des employés du service public, mais en même temps, cela implique l’ouverture de contacts politiques ’secrets’ avec les différentes forces irakiennes pour trouver une issue à l’impasse dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays».

C’est pourquoi, «une plus grande implication des pays, aussi bien européens qu’à majorité islamique modérée, est nécessaire», affirment les jésuites, «mais ce n’est pas possible sans une collaboration des Etats-Unis et de l’ONU».

«Si la situation n’évolue pas et s’aggrave encore, est-il écrit en conclusion, les pays qui ont envoyé des troupes en Irak (.) seraient contraints par leur opinion publique nationale à reconsidérer la poursuite de la collaboration en Irak, laissant même le pays probablement en plein chaos». «Nous espérons que nous n’en arriverons pas jusque-là». (apic/imedia/bb)

5 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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