Lettre de renonciation secrète ?

Rome: Pour le cardinal Mejia si le pape venait à ne plus communiquer il devrait renoncer

Rome, 16 octobre 2003 (Apic) «Si le pape ne peut plus communiquer, c’est un problème sérieux», a affirmé le cardinal argentin Jorge Mejia. Pour le bibliothécaire et archiviste du Saint-Siège, cette question «implique celle de la renonciation». Le prélat qui suppose que Jean Paul II a rédigé, à l’instar de Paul VI, une lettre secrète de renonciation pour le cas échéant, souligne que le pape n’est pas homme à renoncer «à moins que ce soit absolument inévitable».

Dans un entretien accordé au quotidien argentin «La Nacion», en date du 16 octobre, le cardinal Mejia a affirmé en parlant de Jean Paul II, «s’il ne peut plus communiquer, c’est un problème sérieux. D’abord et avant tout pour lui: parce que les sacrements que célèbre chacun d’entre nous supposent que l’on puisse parler. Le muet ne peut pas célébrer de messe. Mais c’est aussi un problème personnel duquel va découler la question de la renonciation qui, j’en suis sûr, se pose depuis un moment».

«Avant, a ajouté le cardinal âgé de plus de 80 ans, c’était un secret, mais maintenant on sait que Paul VI tenait secrète une lettre dans laquelle il donnait la marche à suivre si, je cite ’le pape, moi-même, me trouve dans un état de complète invalidité mentale et/ou physique, le Siège apostolique doit être considéré comme vacant et l’on doit procéder à l’élection du successeur’». Le cardinal argentin a poursuivi, «je crois que Jean Paul II aura suivi un exemple aussi précieux».

Interrogé plus précisément sur l’existence de cette lettre, le cardinal a souligné, «je suppose». Il a ensuite ajouté, «la renonciation, désormais, n’est pas un fait extraordinaire, d’autant qu’elle est dans le Code de droit canon. Moi même je l’aurais fait si j’étais dans sa situation, afin de ne pas placer l’Eglise devant un problème insoluble, comme celui qui pourrait se présenter». Le cardinal a cependant tenu à préciser, «Jean Paul II n’est pas un homme à renoncer, à moins que ce soit absolument inévitable». (apic/imedia/sh)

16 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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