Rome: Pour le Saint-Siège, les mines antipersonnel donnent l’illusion d’une sécurité

«Ignobles, meurtrières et inutiles»

Rome, 15 février 2004 (Apic) Les mines antipersonnel sont ’ignobles, meurtrières et inutiles». C’est ce qu’a affirmé le représentant du Saint- Siège, le 10 février, lors de la première réunion du comité permanent d’experts de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, qui s’est déroulée du 9 au 12 février à Genève. Il a prôné l’assistance aux victimes et l’aide à leur «réintégration indispensable dans une vie sociale et économique normale».

Rappelant que les mines antipersonnel sont «source de souffrances inhumaines», Mgr Silvano Maria Tomasi, l’observateur permanent au Bureau des Nations unies et des institutions spécialisées à Genève, a rappelé combien la Convention d’Ottawa, signée en décembre 1997 et entrée en vigueur le 1er mars 1999, est d’une «importance capitale», de par son engagement de prévention pour éviter de «nombreuses victimes innocentes de cette arme ignoble, meurtrière et inutile».

Pour le Saint-Siège, si la communauté internationale a, d’une part, le devoir «de prendre les décisions politiques nécessaires et les mesures concrètes» pour enrayer «la production et la propagation de ces armes redoutables». Elle ne peut manquer à ses responsabilités d’éviter que ces victimes des mines tombent dans l’oubli ou soient objet de discrimination. «Les victimes des mines sont des citoyens à part entière et ont le droit effectif à une réhabilitation et une réintégration sociale et économique», a ainsi affirmé le diplomate du Vatican qui invite les pays à prendre des mesures concrètes en ce sens.

Une fausse approche de la sécurité

«Les victimes des mines antipersonnel sont les témoins innocents d’une fausse approche de la sécurité», a par ailleurs souligné Mgr Tomasi, rappelant, de fait, qu’un «grand nombre de pays se sont aperçus que ces mines sont inutiles» car «elles donnent l’illusion d’une sécurité artificielle». Pour l’observateur du Saint-Siège, «la souffrance et la vie brisée des victimes des mines anti-personnelles sont un prix trop élevé face à un semblant de sécurité».

Si des millions de mines ont déjà été détruites et si des Etats et des volontaires s’engagent de plus en plus dans l’assistance à ces personnes, «beaucoup reste encore à faire», a conclu l’archevêque italien qui invite cependant à «ne pas se décourager devant l’énormité de la tâche» et à continuer de détruire les stocks et les travaux de déminage.

Le stock mondial de mines antipersonnel serait d’environ 220 millions, dont 100 millions disséminés en Afrique et en Asie. Environ 24’000 personnes sont tuées ou mutilées chaque année. (apic/imedia/bb)

15 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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