Rome: Pour Mgr Tauran, la guerre en Terre Sainte conduit à une situation «infernale»

Le blocage du processus cause du terrorisme international

Rome, 13 décembre 2001 (APIC) Mgr Jean-Louis Tauran, chargé des relations avec les Etats, a qualifié la situation des chrétiens de Terre Sainte «d’infernale», lors d’une longue interview à la télévision catholique italienne «Telepace», le 13 décembre 2001.

Mgr Tauran participe à la rencontre sur «l’avenir des chrétiens en Terre Sainte». Pour lui le blocage du processus de paix au Moyen Orient est la cause du terrorisme international.

Interrogé sur la situation au Moyen Orient, le chef de la diplomatie vaticane a invité la communauté internationale «à aider les deux parties à retourner à la table des discussions». «Israéliens et palestiniens sont deux peuples condamnés par la géographie et par l’histoire à vivre ensemble», a-t-il affirmé, précisant que c’est à partir de cette constatation qu’il faut négocier.

Concernant la situation en Terre Sainte, le prélat a insisté sur le problème de l’émigration des chrétiens. «Il faut renforcer leur présence car la grande tentation est de fuir, face à cette situation infernale», a-t- il expliqué, demandant «un cessez-le-feu immédiat» ainsi que le respect des résolutions approuvées dans le passé par l’ONU.

Pour Mgr Tauran, «il est très important que la communauté chrétienne reste en Terre Sainte», ce qui explique la réunion du 13 décembre «qui veut les aider concrètement au milieu de tant de violence». «Nous ne défendons pas les pierres, a conclu le prélat, mais les pierres que sont les personnes vivant au milieu d’un tissu social, fait de traditions, d’engagements, d’écoles et d’hôpitaux».

Le problème de la fuite des chrétiens de Terre Sainte a également été abordé sur les ondes de Radio Vatican par le Père Giovanni Battistelli, custode de Terre Sainte qui participe également à la rencontre vaticane. Soulignant que ces chrétiens «sont en train de vivre une situation de grande difficulté», il a affirmé que déjà près de 470 familles ont quitté ces mois le pays. «Les perspectives d’avenir ne sont absolument pas bonnes pour la communauté chrétienne», a-t-il précisé, insistant sur le fait que la résolution du conflit «n’est pas seulement entre la main des chrétiens, mais de ceux qui sont responsables». Or selon lui, les deux parties en cause «agissent aujourd’hui de manière irresponsable». (apic/imed/pr)

13 décembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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